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mardi 20 janvier 2015

Au Delà Des Etoiles de Beth Revis

Au Delà Des Etoiles
Beth Revis
Editions Pocket Jeunesse

Ma note : 4/5 ♦ 448 pages ♦ 18,50 € 


Résumé éditeur :
Dans 300 ans, Amy sortira de son sommeil glacé pour coloniser une nouvelle planète avec d'autres volontaires. Mais, bien avant la fin du voyage, Amy est débranchée .. On a tenté de la tuer. 
Peut-on survivre dans un vaisseau où règne le mensonge ?


Ma lecture :
Grande amatrice de Science Fiction d'avantage en matière de films que de romans, j'avais hâte de découvrir ce récit particulier, puisqu'il fait partie des seuls rares livres mettant en scène des personnages dans un vaisseau en plein voyage. Cryogénisation, calculs temporels, sauts générationnels et objectifs de conquête spatiale fond de ce livre une histoire solide, où toutes ces petites touches de science fiction sont distillées efficacement. L'histoire de cette jeune fille réveillée avant la fin du voyage qui doit affronter cette nouvelle société développée à bord d'un vaisseau est digne d'une série de science fiction et promettait de vivre une belle aventure. Et je n'ai pas été déçue ! L'écriture de Beth Revis, simple mais aux idées originales fût une très belle découverte  ! L'enquête bien vite commencée par Amy et Eldest, le premier homme qu'elle vit en se réveillant, rend tout de suite l'ambiance de ce Huit Clos spatial très angoissante. On rencontre petit à petit les hommes qui sont peut être les seuls survivants de l'espèce humaine, descendants des habitants d'une Terre quittée il y a 200 ans et dont on ignore le sort, et on curieux de découvrir leur Histoire... Notre avidité sera comblée, puisqu'on va découvrir, au fil de notre lecture, et grâce aux explorations d'Amy, des personnages aux coutumes étranges ...

Lorsque, dans la première partie du roman, on découvre le monde qu'Amy quitte, grâce à ses pensées qui nous sont narrées, on a déjà envie d'en savoir plus sur les nouveaux fonctionnements mis en place sur Terre. Mais on aussi très envie de découvrir les particularités de la vie sur le vaisseau. Elder sera le prochain commandant de Godspeed, ce vaisseau de survivants, et bien qu'adolescent, il doit se former à cette tâche en tentant de résoudre seul les mystères qui l'entourent... Amy et la Terre laissée derrière elle, ou Elder et le commandement du vaisseau spatial, on est tiraillé entre les deux possibilités, les deux avenirs de l'Humanité qu'on aimerait vivre, tout comme Amy l'est à son réveil. Déboussolée et en colère, elle n'accepte pas le fait d'être bloquée entre deux vies, et cela sur plusieurs chapitres, ce qu'on comprend et vit nous aussi en tant que lecteurs. L'empathie, envers elle, grâce au découpage du récit, ainsi que les sentiments de la jeune fille, qu'on vit,  est ainsi rendue particulièrement forte et efficace.

Sur Godspeed, la micro société, aux nouvelles bases, est bien imaginée et crédible grâce à ses différentes strates sociables, réparties selon les étages du vaisseau et élaborées avec logique. Ces éléments font qu'on est avide de connaître les origines de ce système, et qui en a eu l'idée, quand, où et comment. Très vite, en se posant ces questions, on note les particularités propres à la vie sur le vaisseau qui vont nous interpeller, comme le rapport aux médicaments ou à la sexualité, particulièrement débridée, comme si les humains étaient revenus à certains instincts primaires .... Face à ces pratiques déstabilisantes, on comprend qu'Amy s'interroge sur la nature de sa relation naissante avec Elder : peut-on parler d'amour, dans un contexte où il semble être si différent ? L'amour tel que le connaissait Amy existe-t-il encore ? Perdue entre ses sentiments passés et sa découverte de la société de Godspeed, Amy s'interroge, et nous aussi ! Où cela va-t-il nous mener ?
Malgré le scénario particulièrement original et recherché, porté par des personnages sensibles et uniques, je note quelques bémols dans ce récit qui a failli me convaincre. En effet, j'ai trouvé dommage d'avoir suspecté le dénouement, qui se révèlera exact, beaucoup trop tôt lors de ma lecture. Mais c'est le risque lorsqu'on lit une aventure sous forme d'enquête : le lecteur relève des indices et fait des hypothèses parfois plus vite que les personnages, qui mènent pourtant l'investigation ... Parfois trop lentement. Ainsi, on regrette que quelques incohérences dans le récit, au niveau de l'enquête, puissent être, pour le lecteur, depuis longtemps ... des évidences !

Enfin, heureusement, la fin n'a pas été soudaine et ratée, au contraire, elle m'a paru si bien imaginée que j'aurais aimé pouvoir lire une suite. Hors, il n'est pas indiqué, dans la version française,  si le récit en possèdera une, ce qui serait pourtant particulièrement intéressant, puisque le scénario est si riche, qu'on pourrait même imaginer un film ou une série TV inspirés de "Au delà des étoiles" ! Ce serait un vrai plaisir de voir nos personnages vivre plus d'aventures encore ... Ainsi, je me pose la question : l'auteure va-t-elle développer encore son récit ? Il y aurait tellement de quoi faire ! j'ai trouvé qu'il y avait encore beaucoup de potentiel dans les idées exposées, encore plus que ce qui est mis en scène par nos personnages.

En conclusion, Au Delà Des Etoiles est un récit de science fiction entre romance et investigation, où les sentiments de nos personnages principaux sont tellement bien représentés qu'on ressent beaucoup d'émotions à leurs côtés. Entre douleur, deuil et angoisse propres à ces deux âmes perdues sur un vaisseau où règne le mensonge... Mais surtout, c'est un récit de Science Fiction plein de bonnes idées distillées adroitement ; si bien qu'on a envie de voir l'aventure se continuer ! 


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mardi 30 décembre 2014

Participation au challenge Jeunesse / Young Adult de 2014 - 2015

C'est ma deuxième participation à ce challenge mais la 4ème fois qu'il a lieu chez ma partenaire Muti et sa copinaute Kalea.

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Illustration pour le challenge que j'ai moi même réalisée ! 

"Comment ça marche ?

Le but est de lire un nombre d’ouvrages Jeunesse ou Young adult se rapportant aux catégories suivante : (une catégorie = un nombre de livres) allant de 10 livres à 100, de quoi satisfaire les petits et les gros lecteurs du genre. 

Il se déroulera sur 1 an à partir du premier du 1er octobre 2014, soit jusqu’au 30 septembre 2015. On a la possibilité de changer de catégorie en cours d’année.
Tous les livres jeunesses sont acceptés, ça va donc de la bibliothèque rose au collections apparues récemment. Par contre seuls les livres comptent et non les albums ni les mangas, ni les BD. "


Pour cette deuxième participation, je m'inscris pour la catégorie 3 : A pieds joints dans la marelle = au moins 35 ouvrages. Chaque livre de YA lu et chroniqué fera partie de mon challenge et de mon bilan. C'est exactement la même catégorie que j'avais choisi l'année dernière, mais j'espère remplir mon challenge plus assidûment cette fois-ci ! En effet, j'ai été tête en l'air et occupée, ainsi, poster le logo et compter les lectures pour le challenge ne me dérangeait pas, mais poster mon avancée sur le blog de Muti à chaque rappel ... et bien si, je n'y pensais que trop peu :( 

Voici néanmoins mon bilant ici


C'est parti pour ce challenge, en espérant arriver à le respecter un peu mieux cette fois ci !!!

jeudi 13 novembre 2014

Réseaux, tome 2, de Vincent Villeminot

Réseaux 
Tome 2 
Vincent Villeminot
Ma note : 5/5 ♦ 368 pages ♦ 16,90

Résumé éditeur : 
La guerre se poursuit, sur le web et dans le monde réel.
Sur les réseaux, tout le monde pensait connaître Nada#1. Tout le monde suivait, espionnait, redoutait Nada#1. Aujourd'hui, Son Altesse Anarchiste Sérénissime est en prison et l'armée des Clowns Noirs est sans tête.
Les polices européennes vont-elles enfin pouvoir respirer ? Rien n'est moins sûr : un mystérieux Nada#2 fait son apparition et annonce un chaos d'un genre nouveau...

Ma lecture :
A la fin du premier tome, que j'avais trouvé compliqué et dense, mais très prenant et innovant, je n'avais pas ressenti un fort besoin d'avoir une suite. Néanmoins, en commençant le volume 2, on découvre qu'il reste énormément de questions sans réponses, et surtout d'âmes perdues parmi les personnages. On peut penser que cette suite tentera de répondre à ces deux lacunes, avec une efficacité latente et percutante... comme toujours avec Nada#1.

Contrairement à notre ressenti face à l'aspect dense et nébuleux du premier tome, cette suite ne nous perds pas, grâce à l'intrigue principale que l'on connait déjà et surtout le rôle de guides qu'endossent les personnages principaux. Une nouvelle fois, Justine et Kowacks furent mes guides, pour ma part, pour comprendre l'aventure et avoir très envie de savoir la suite de l'histoire, pleine d'action sous jacente et de mystères. Cette fois-ci, connaissant tous les personnages, tous nous intéressent et nous donnent envie d'en apprendre d'avantage. Les points de vue alternants sont plus compréhensibles et deviennent efficacement des pièces ajoutées au puzzle que représente le mystère monté par Nada#2, successeur de Nada#1. Fini le sentiment de frustration face à l'opacité massive du premier opus, cette fois-ci on veut en savoir plus et surtout, le texte nous donne les réponses qu'on espère, au compte gouttes, distillées adroitement.

Nos personnages voient leurs vies évoluer : parfois elles prennent un autre tournant, parfois elles continuent simplement. Quoiqu'il en soit on apprécie surtout d'assister au point final de leur destin concernant cette histoire tourmentée. Tous vrais et crédibles, ils vivent une quête comme le lecteur et ne trouvent pas les réponses à leur questions facilement. Nos héros doivent fouiller pour les découvrir et on remarque le talent de l'auteur quand on est surpris de ne pas avoir deviné correctement la fin des aventures de tel ou tel personnage, le dénouement d'un mystère ou les réactions d'une partie. Les révélations s'enchaînent aussi vite que les surprises et l'effet est toujours fort et prenant.

Dans le premier tome, Vincent Villeminot nous avait montré qu'il savait construire un récit déconstruit, dans lequel toutes les parties s'imbriquent parfaitement après une réflexion nécessaire. Avec ce deuxième volume, cette capacité de maîtrise du récit et de ses plus infimes éléments, ou indices dans l'intrigue, se confirme! Les étapes sont une nouvelle fois logiques, la chronologie respectée et les indices discrètement suggérés.
Concernant le célébrissime César Diaz, sur lequel Réseau(x) repose pour beaucoup, on le voit évoluer lui aussi en nous surprenant et confirmant à la fois sur sa personnalité. Son petit frère, Téo, nouveau maître du PIFR saura nous surprendre et nous épater par ses mystères, garantissant, comme son frère, une solide continuité dans le récit et la fibre de Réseau(x), toujours en efficacité latente. Qui distille peu à peu les réponses...
Enfin, on peut penser que chaque personnage est enfin à sa place dans ce second tome, et Sixie qui avait été négligée, on peut penser, dans le premier, reprend ici un rôle adéquat par rapport aux enjeux. Elle est nécessaire et supplémentaire à la fois...  Ainsi, on apprécie même de la redécouvrir et de l'apprécier pour ce qu'elle est vraiment, loin du virtuel et de son image sur les réseaux... Un changement nécessaire pour lequel il aura été nécessaire à notre jeune héroïne de se déconnecter. Une passe logique, au final.

La fin quand à elle restera malheureusement, et heureusement, sujette à l'interprétation de tous. Etonnante et un brin folle, inattendue, elle sera l'instigatrice de nombre d'hypothèses et de conclusions personnelles inhérentes aux lecteurs. Un joyeux et léger "indignez-vous", qui invite à prendre à notre tour les armes, nous révolter, de manière pacifiste mais active, légère mais grave, folle mais sensée ... Pour dire, nous aussi, que nous pouvons nous révolter, penser, être, vivre, malgré nos entraves. Telle sera mon interprétation !

Vous l'aurez compris, j'ai vraiment aimé ce tome 2 de Réseau(x), je l'ai même préféré au premier et lu bien plus vite, plus entraînée et plus passionnée par l'histoire de nos personnages. Les informations sur l'intrigue n'ont été que très maigres pour vous laisser découvrir par vous mêmes la suite, et surtout la fin, des aventures des Nadas. A vous de vous régaler, de vibrer, mais surtout d'être dérangés par les questionnement que posent cette intrigue hyper contemporaine !

lundi 18 novembre 2013

Rock Star Vampire d'Yves Bulteau

Rock Star Vampire
Yves Bulteau
Le pré aux clercs - Collection Pandore 
Ma note : 4,5 ♦ 376 pages ♦ 16€

Résumé éditeur : 
"Vous serez tous des mordus de Selma ! " Une belle et sombre histoire. Un roman d'action qui mêle rock, fantastique et thriller. "Tout au fond de moi-même, j'ai toujours su que je n'étais pas comme les autres." Selma a 17 ans. Ses sensations sont celles d'un fauve, sa force physique est surhumaine. Elle aime le goût du sang et ne supporte pas la lumière du soleil. Ses parents lui cachent-ils quelque chose de grave, comme une maladie incurable ? La nuit lui inspire des chansons étranges qu'elle poste sur le net. Découverte sur Youtube par un producteur avisé, Selma rejoint un groupe de rock, mené par un jeune guitariste de génie au charme envoutant. Mais la force sombre qui possède Selma lui interdit d'aimer...

Ma lecture : 
Voici une chronique d'un "presque coup de coeur" ! Comme Le secret de l'immortelle d'Alma Katsu, qui a été une lecture unique mais difficile, que j'avais adorée, de tout mon coeur, pour sa vision inédite des vampires... RSV en donne sa propre vision pour un public plus jeune, et écrit avec une narration plus simple... mais pas moins envoûtante. Avec Yves Bulteau, on est très vite charmé par son écriture, son imaginaire... plus que ses choix de narrations, un peu bancals sur certaines précisions. Cette fois-ci, on ne parle pas de vampires, ni de pouvoirs ou de romance contre nature. Et c'était un évitement narratif que j'ai beaucoup apprécié. 

Selma est une créature de la nuit, certes, elle n'aime pas le soleil et adore le froid, mais elle interprète ces caractéristiques, comme son insomnie de toujours, comme les signes d'une maladie. Humaine, elle voit le côté rationnel de ses différences et se doute depuis toute petite que sa nature est très particulière...

Son don pour la musique l'amène à se faire remarquer  par un producteur et à intégrer un groupe dont elle sera la tête d'affiche. Tout s'emballe, et elle va vite tomber amoureuse, sans, ça aussi, se l'avouer une seule fois, comme si elle n'avait pas le droit d'aimer. 

Cependant, je retiendrai la jolie et douce plume de l'auteur qui su insuffler un nouveau souffle au mythe du vampire, différent et unique, ce qui n'est vraiment pas facile avec toutes les interprétations qu'on a déjà vues. Un mythe perçu d'un côté romantique, mystérieux, et musical qui entoure l'intrigue, avec un style qui a su mettre en avant des péripéties et des paysages très différents. On voyage, on espère et on cherche les réponses autant que Selma ! Alors qu'aussi, on aimerait la voir continuer sa carrière musicale... Comme elle, on hésite sans cesse entre nature humaine ou surnaturelle ! Un bel exploit narratif qui montre comme on est si facilement embarqué dans le mystère. 

Comme dit, j'ai adoré la narration et la réécriture du mythe du vampire, et dans toute cette douceur un peu étrange, j'aurai pu ressentir un franc coup de coeur pour ce récit si je n'avais pas été déçue, ou dérangée, par quelques éléments propres à la narration. J'ai décelé une ou deux incohérences difficiles à expliquer sans spoiler des éléments importants de l'intrigue ... mais parfois la manière de traiter un drame était tout simplement impossible, pas du tout réaliste et mal représentée. Idem pour l'attitude de l'amoureux de Selma, qui se laisse embrigader un peu trop facilement, trop parfaitement... 
Sans doute que l'auteur a voulu simplifier ces éléments trop durs à imaginer, de l'ordre des sentiments, de l'engagement, afin de rendre son récit plus abordable pour la jeunesse ... et de donner son indépendance à sa Selma et à la soutenir. Comme un mouvement progressif vers la vérité de ce qu'elle est. L'intrigue, ainsi a finalement servi l'auteur et son héroïne. 

En bref, un traitement ambitieux du mythe du vampire mais un poil trop simplifié pour la jeunesse, ce qui le rend parfois superficiel et m'a fait frôlé le coup de coeur. Mais je retiens cependant que le récit est judicieusement adapté au public visé, et je vous invite à découvrir néanmoins Selma et son groupe, qui en valent véritablement la peine ! 

jeudi 14 novembre 2013

Belle Epoque, d'Elizabeth Ross

Belle Epoque
Elizabeth Ross
Collection R - Robert Laffont
Ma note : 5/5 ♦  432 pages ♦ 17,90€ 

Résumé éditeur : 
« Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d'emblée plus attirante. » 
 Lorsque Maude Pichon s'enfuit de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage dont elle ne veut pas, elle monte à Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l'exposition universelle de 1889. Hélas, ses illusions romantiques s'y évanouissent aussi rapidement que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d'un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle : « On demande de jeunes filles laides pour faire un ouvrage facile. » L'Agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le repoussoir. Son slogan ? « Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d'emblée plus attirante. » Étranglée par la misère, Maude postule...

Ma lecture : 
Un vrai et sincère petit coup de coeur pour ce roman-découverte de Paris fin du 19ème ! En pleine période où la Tour des frères Eiffel naissait, c'était, durant cette lecture, comme si j'y étais, entre les odeurs, les structures, les couleurs et les musiques... J'ai beaucoup aimé ! Tout est si bien décrit qu'on peut imaginer au mieux les scènes, l'époque, et vivre un peu de cette période le temps d'une évasion littéraire. 

J'avoue, au début (après 150 pages), je ne savais pas où nous menait l'intrigue, et je pensais que j'allais m'ennuyer. L'histoire paraissait trop simple, entre ces Repoussoirs et les hautaines familles bourgeoises ... Certes, l'idée (de Zola à l'origine) est unique, et je me sentais bien dans ce Paris de 1889, mais pour lire 400 pages, il me fallait plus.
Heureusement, le plus est arrivé presque immédiatement, évitant toute déception, grâce à l'évolution de l'histoire... (sans vous en dire trop) qui s'est tournée vers les arts et les sciences. La naissance de la photographie, la peinture, la musique, l'opéra, l'architecture ou la politique... tout y est passé et j'ai moi-même appris de nouvelles choses. Cette manière de donner envie d'apprendre (une belle Captatio Benevolentiae, en y repensant !), je l'ai vraiment adorée. Je ne me suis jamais sentie forcée ou ennuyée, même en changeant de sujet, tous les thèmes m'ont intéressée ! 

Comme Le Prince d'été (coup de coeur également) qui faisait une véritable déclaration d'amour à l'Art sous toutes ses formes, ici, de nouveau la magie opère. Et même moi, j'ai pu découvrir de nouveaux aspects dans certains domaines artistiques ou scientifiques pas vraiment dans mes goûts ! C'est un pari réussi. 

Enfin, la romance est reléguée en second plan dans Belle Epoque, un choix original et logique à la fois, très appréciable. Car lorsqu'on lit le résumé, on se demande comment s'inscrira une histoire d'amour dans l'intrigue.... Et bien j'ai trouvé cela génial que l'attention ne soit pas portée sur la romance, comme dans d'autres récits adolescents... mais bien ailleurs ! 

Je n'ai en fait, sincèrement, aucun défaut à attribuer à ce récit qui est totalement réussi pour ma part. J'ai adoré voir, vivre, ressentir et imaginer Paris de fin 19ème plus que la romance ou le caractère douteux des client(e)s de l'agence Durandeau. Belle Epoque fait partie de ces livres qui me font dire seulement une fois refermés que ce sont des coup de coeur. Ils me laissent un sourire aux lèvres, et un léger goût de trop peu. Il s'agit là d'une petite de la collection R, et j'espère vraiment qu'elle sera d'avantage remarquée que Le prince d'été, puisque ce sont pour moi les 2 one shot les plus intéressants, osés et innovants de la collection ! 



5/35

mardi 12 novembre 2013

Le Livre de Saskia, tome 3 : Enkidare, de Marie Pavlenko

Le Livre de Saskia
Tome 3 : Enkidare
Marie Pavlenko 
Scrineo Jeunesse
Ma note : 5/5 ♦ 450 pages ♦ 16,90€

Résumé éditeur : 
Après l’attaque du Nid, c’est la débâcle. Obligée de se réfugier à Arion, Saskia héberge les survivants. Mais Tod est gravement blessé, et de nouvelles attaques fragilisent le petit groupe. Saskia ne peut plus reculer : il lui faut trouver le Surclan, et éclaircir le mystère du Cercle des Cent. Elle part donc à la recherche de ses ennemis, sans rien soupçonner, ni de leur puissance, ni de leurs effrayants secrets…

Ma lecture : 
La fin de Saskia est encore une fois un coup de coeur, et il ne m'a pas déçue par rapport aux tomes précédents ! Quelle pépite ! D'émotions, de justesse, et de Fantasy ! Depuis que je l'ai refermé, je n'ai pas du tout l'impression que c'est fini, au contraire j'ai la très vive sensation que ce n'est que le début d'autre chose. J'ai eu cette sensation dès la première micro-seconde où j'ai refermé le livre. 

Je n'en reviens toujours pas de la façon dont je me suis sentie entraînée dans l'histoire. J'avais tellement l'impression d'être dans l'intrigue, en m'énervant vraiment contre les méchants, cherchant les réponses, faisant des hypothèses... J'étais à fond dans "Saskia", encore une fois ! Corps et âme, presque, et en tout cas, de tout mon coeur. Cette dernière fois, je ne voulais toujours pas le lâcher, comme les précédents, et j'ai fait plusieurs nuits presque blanches, tellement j'étais dedans et n'arrivais pas à trouver le sommeil. 

Ma première réaction en commençant ce dernier tome, a été de me dire que j'avais oublié le bonheur que c'était de retrouver Saskia, comme si j'étais une de ses copines, ou même sa meilleure amie... grâce à toutes ses pensées intérieures qu'on effleure avec plaisir ! Etre au plus près d'elle, de ses émotions, ses angoisses, ses joies et ses peurs... me laisse penser, convaincue, que c'est la meilleure série à la première personne que j'ai lue. Ici, le "je" deviens presque un nous et nous fait voyager, vivre en Saskia, porter ses baskets. L'effet est merveilleusement réussi. 

Du côté de la romance, l'absence de Tod réussit à l'intrigue, je trouve, car Saskia n'est plus sans arrêt accrochée à son amoureux comme à une boudée de sauvetage, dépendante et inquiète. C'est pour le mieux. cela la rend plus forte, elle se nourrit des sentiments de Tod, de leurs plus beaux moments, comme d'une énergie sans faille. C'est la bonne manière d'agir, d'être... Un modèle pour la femme aimante que je deviens. Elle me parle toujours cette Saskia ! Ses choix, son tempérament, et bien sur, pour tout ça, l'écriture de Marie Pavlenko. 

Dans ce dernier tome, Saskia reçoit des amis Enkidars, Faucheurs, Gardiens, et humains chez elle. Ce grand mélange d'amitiés c'est tout simplement du bonheur en barre ; et tous ces personnages sont parfaits : vrais, cohérents, avec leur passé et leur histoire qui les influencent comme les plus simples des humains ! Ils sont tous formidables et j'ai adoré ce moment de flottement, au début, où je ne savais plus qui était qui face au grand nombre d'intervenants, c'était comme une chasse aux souvenirs afin de me/nous faire revivre les en quelques instants fugaces et savoureux les premiers tomes. Avec le glossaire et la liste des personnages, de toute manière, tout était prévu au mieux. Et puis, tous ces personnages si différents avaient leur utilité à mes yeux... je n'en dirais pas plus ! 

Je pourrais encore attribuer bien des qualités à "Saskia" et ce 3ème tome, comme le fait qu'il ait encore mieux parlé à mon coeur, m'ait donné envie d'accepter les autres, et être aussi courageuse que protectrice, tout en me faisant voyager... mais je me contenterai de finir cet avis enchanté en évoquant le peuple des Enkidars et l'évolution de Saskia. 
Celle-ci est devenue forte, et elle l'assume. Qu'elle soit ou non le fruit de la prophétie, le 3ème Enkidare, peut importe, elle est une Enkidare ... à part entière, et elle utilise tous les atouts de sa nouvelle nature, sure d'elle. Elle s'y est enfin faite. Et j'ai vraiment adoré cela, la voir si forte, et confiante ! En elle, en sa nature, en ce qu'elle est, en son avenir, en ses rêves et ses convictions...  C'est définitivement une héroïne forte, peut être la plus forte que je connais, surtout à la fin de sa quête, une héroïne qui a grandi, pour devenir Enkidare... et femme. Bien dans son identité, avant de devenir bien dans ses pompes. 

Les Enkidars, eux, voient leur culture nous être expliquée toujours avec brio, crédibilité et inventivité jusqu'au bout : ils ne nous lasse pas. Ce ne sont pas les anges que nous connaissons tous depuis toujours, mais pour moi, les Enkidars seront toujours nos anges gardiens. Depuis le premier Saskia et pour toujours, sans doute. j'ai presque le doute, sur ces illustrations nous entourant... Anges ou Enkidars ? Ils seront qui je voudrai. 

Pour clore la trilogie, Saskia 3 et son auteure Marie Pavlenko ne m'ont absolument pas décue. J'ai été embarquée du début à la fin, et j'ai eu l'impression d'évoluer avec l'héroïne, en si peu de temps. Comme le temps de parution, l'adolescence, moment clé des lecteurs de la série, est plus court qu'on le croit, mais le plus important, c'est que la manière de le traverser, et surtout comment on en sort, influencera toute notre vie. Saskia m'a peut être un peu changée à retardement. Pas étonnant, c'est une éternelle surprise. Mon héroïne-enfant qui devient simple adulte mais merveilleuse, et mon auteure coup de coeur. Une série incontournable. 

MOT DE PASSE : "ARBELLE"


 4/35

lundi 7 octobre 2013

Participation au challenge Jeunesse / Young Adult

C'est ma première participation à ce challenge mais la 3ème fois qu'il a lieu chez ma correspondante Muti et sa copinaute Kalea.



"Comment ça marche ?
 Le but est de lire un nombre d’ouvrages Jeunesse ou Young adult se rapportant aux catégories suivante : (une catégorie = un nombre de livres). La nouveauté de cette année c’est que nous avons créé deux nouvelles catégories et ainsi augmenté la possibilité de livre lus. L’éventail est aussi plus fourni permettant aux petits lecteurs comme aux grands de participer.
Il se déroulera sur 1 an à partir du premier du 1er octobre 2013, soit jusqu’au 30 septembre 2014.
Il est possible de changer de catégorie en cours d'année et tous les livres comptent sauf les albums et les mangas."

Pour cette toute première participation, je m'inscris pour la catégorie 3 : A pieds joints dans la marelle = au moins 35 ouvrages. Chaque livre de YA lu et chroniqué fera partie de mon challenge et de mon bilan.

C'est parti pour ce challenge, en espérant arriver à le respecter cette fois ci, contrairement au challenge " Serial Lecteur" :P

Bilan du challenge : 

Etat du challenge : 
7. Le cycle du Destin
8. Le clan des chiens
9. Les Hasards sont assassins
10. Le jour de gloire est @arrivé
11. La fée des glaces
12. On s'est juste embrassés
13. Si tu meurs, elle reviendra
14. Passeurs de Mort

dimanche 4 août 2013

Critique La fille seule dans le vestiaire des garçons d'Hubert Ben Kemoun

La fille seule dans le vestiaire des garçons
Hubert Ben Kemoun
Flammarion
Ma note : 5/5 ♦ 217 pages ♦ 13€

Résumé éditeur : 
Marion est une adolescente qui vit avec un petit frère étonnant (incapable de se taire mais apte à tenir plusieurs sujets de conversation simultanément) et sa mère. Son père les a abandonnés brutalement, laissant une famille désœuvrée, une ex-épouse branchée à son site de rencontres et des enfants en manque de repère. Au collège, Marion est étiquetée "Intello". Bonne élève de 3e, sérieuse, passionnée par la musique, joueuse de guitare, chanteuse et compositrice. Relativement isolée, sa vie amoureuse est aussi désertique que celle de sa mère est mouvementée.
Enzo, beau gosse populaire dans l'établissement, s'amuse à la draguer. Marion reste froide à ses provocations. Mais un jour, à la fin des cours, les choses dérapent. Enzo dépasse les bornes, Marion se défend et écorne à la fois l'image et l'entrejambe de l'adolescent. A partir de là, une escalade commence. De basses vengeance en règlement de compte, les choses dégénèrent.

Ma lecture :
Dans la veine de Cruelles ou La liste, La fille seule dans le vestiaire des garçons est un roman proche du témoignage tant il fait part d'une réalité. A l'écriture incisive et percutante, il révèle les dessous de la vie au collège ou au lycée. C'est une claque incroyable.

Percutante, c'est ce qui désigne au mieux le souvenir de ma lecture. C'est comme si mon souffle avait été volé, suspendu, durant cette découverte, comme si je m'étais sentie aussi seule et blessée que Marion. Evidemment, et heureusement, j'ai pu, à la fin, respirer... 

Voilà une lecture-avertissement à faire lire par les profs, les parents, les ados. Mais aussi par tous. C'est une lecture-coup de poing à vivre intensément, pour laquelle il faut se préparer, ou tout simplement être prévenu. Comme les ados à l'orée du collège, finalement... Il faut s'armer, prêt à souffrir, ressentir, et surtout vivre (survivre?). On vit comme eux. Comme Marion. C'est un poignant et douloureux coup de coeur. 

Marion, une ado douée, parolière et chanteuse hors pair, mais si seule ! Timide et pourtant farouche, blessée par l'absence d'un père fugueur, elle n'a pas pas su se faire (assez) d'amis pour couler des jours heureux dans sa scolarité. Alors lorsque des garçons s'en prennent à elle pour la taquiner, elle est vite meurtrie comme tous nous le serions.... Et c'est la descente aux enfers qui se profile. Sans rappel, sans fin. 

Mais nous, aurions nous l'idée de nous venger comme elle va le faire ? Comment aurions nous réagi face à une situation qui vient à dégénérer, si vite, et dangereusement ... ? Comment affronterions-nous un quotidien devenant si terrifiant? Je vous laisse penser à tous ces ados qui vivent, tous les jours, quelque part, une situation similaire durant leur scolarité : des brimades empirant... Allant jusqu'où ? 

Rencontrer Marion, c'est vivre à nouveau le collège à ses côtés, et être confronté à un monde qu'on avait complètement oublié. Grâce aux mots d'Hubert Ben Kemoun on le ressent à nouveau. On est touché, étonné, exténué... Les larmes ne sont pas loin, et on souffre de tous les coups reçu par l'héroïne. 

C'est évidemment un énorme coup de coeur, 100 fois plus vrai, réaliste et poignant que tout ce que j'ai pu lire sur les difficultés qui peuvent être vécues au quotidien au collège ou au lycée. Un livre à lire pour ne pas rester lâche et ignorant, pour savoir.

jeudi 1 août 2013

Traqué d'Andrew Fukuda

Traqué
Andrew Fukuda
Michel Lafon
Ma note : 5/5 ♥ ♦ 370 pages ♦ 15,95€


Résumé éditeur : 
« À dire vrai, je ne pense pas qu’il reste un seul d’entre nous. À part moi. Voilà ce qui arrive quand on est un mets délicat. Une drogue dure. L’espèce s’éteint. »
Gene est l’un des derniers humains sur Terre. Le seul moyen de survie pour cet adolescent : se faire passer pour l’un de ses prédateurs. Ne pas rire, ne pas transpirer, ne pas montrer qu’il est un humain, un « homiféré ». 
Cela fait dix-sept ans qu’il vit secrètement parmi ceux qui n’hésiteraient pas à le tuer s’ils découvraient sa véritable identité. Malgré tout, Gene est parvenu à se fondre parmi ces « autres » et à créer un semblant de vie normale. Mais sa routine est bouleversée, et sa sécurité, menacée, le jour où il est sélectionné pour participer au grand jeu : la Traque. Toutes les décennies, le gouvernement organise une immense chasse où seule une poignée de privilégiés peuvent pister, abattre et dévorer les rares humains survivants gardés en captivité pour l’événement. Formé à l’Institut pour traquer ses semblables, Gene est sur le qui-vive. Car désormais, sa vie s’organise en meute avec les chasseurs, et le moindre faux pas pourrait trahir sa condition et lui être fatal. Parviendra-t-il à maintenir l’illusion, alors que les soupçons sur sa vraie nature s’alourdissent ?
Gene a la rage de vivre… mais vaut-elle le prix de son humanité ?

Ma lecture : 
J'étais assez dubitative avant même de commencer ma lecture, parce que je voyais naître un peu partout autant d'avis positifs que négatifs. Sans un côté se démarquant plus que l'autre, je me plongeais totalement dans l'inconnu. Je viens de refermer Traqué et je m'estime très chanceuse. Parce ce livre m'a touchée, c'était un livre pour moi. J'y ai vu, plus que de très bonnes idées, de la profondeur. C'est un angoissant coup de coeur.

Les prédateurs. Certains disent que ce sont des vampires, sans nuance possible. D'autres les appellent "Les autres". Alors que ces termes n'ont jamais été évoqués dans le roman. Au contraire, ce sont, pour notre personnage et humain principal "les gens normaux", ou "des personnes". Dès que j'ai remarqué cette appellation étrange pour des prédateurs, j'ai relevé cet étonnant syndrome de Stockholm (après tout, ce survivant est bien un otage de ses ravisseurs, puisqu'il vit parmi eux, sans cesse en danger...) et la façon qu'avait notre héros de se sentir, lui, différent des autres. D'être un intrus parmi les gens normaux. Alors que ce sont les prédateurs les gens différents, qui ont envahi la race humaine et l'ont presque totalement éliminée ! Gene est étonnant, c'est un personnage si complexe... Il a grandi parmi eux, depuis toujours, et grâce à son père qui lui a inculqué les réflexes de survie, il sait comment se protéger... Mais cela n’empêche pas qu'à cause de l'éducation prodiguée par la société, qui le fait se sentir différent, il se sent très seul, intrus parmi les autres, qu'il ne déteste peut être pas franchement. 

Pour ma part, et contrairement à quelques lecteurs agacés, je n'ai pas été dérangée par la ressemblance avec les vampires (pourquoi ces vampires en particulier n'auraient pas de nom, et ne seraient pas des séducteurs ? Pourquoi CES vampires auraient une partie des caractéristiques du mythe, mais pas toutes ?). J'ai tout de suite pensé à des extra terrestres, comme dans la série télé V 2009. Puis de toute façon, on ne sait pas d'où ils viennent, on est directement plongé dans ce contexte où ce sont eux, les vainqueurs, infiltrés sous des traits humains, mais au corps répugnant, parfois... Ces méchants, ces prédateurs, sont terrifiants. Leur comportement, sauvage, déroutant, animal, transposé et réalisé par des corps humains rend leur description très malsaine. Malgré ces caractéristiques peu envieuses, Gene, notre survivant, a su s'infiltrer et se faire passer pour l'un deux, en adoptant le même comportement. Animal et répugnant. (Ce sont les qualificatifs qui reviennent très fortement dans ma tête pour décrire, au mieux,ces prédateurs...)

Heureusement, les informations révélées par le résumé passent vite dans le récit, et ainsi, elles n'ont pas trop dévoilé l'intrigue. Comprendre là que les rouages s'actionnent très vite, et qu'on est lancé dans l'aventure aussi vite que Gene. Qu'est-ce que j'ai aimé ce personnage ! Son comportement à un certain moment change du tout au tout, sans prévenir, mais c'est finalement logique, cela le rend vrai et authentique. Déjà, avec lui, on avait redécouvert le rire, des faits et des bonheurs simples. Comme si la race humaine nous avait toujours été étrangère, comme à Gene. C'est une société sans trace humaine qu'il a connu, ce qui fait qu'on comprend ses réactions, sa manière de parler et de penser. Des tas de points très particuliers le concernant m'ont fait l'apprécier, et m'ont montré qu'il restait encore beaucoup de mystère et de potentiel dans ce personnage. A travers lui, dans chaque description de ce monde angoissant, on découvre toujours une touche de poésie, pas forcément d'espoir... Car sa société est trop violente, la peur y règne constamment. Mais on découvre des instants de répit, grâce à des émotions très humaines, qui ramènent au principal : l'humain qui survit parmi les prédateurs. 

Enfin, concernant la qualité du livre, il est d'une très bonne conception, avec une correction soigneuse, et une écriture agréable. Les quelques erreurs ou points faibles dans la narration m'ont paru trop ridicules pour être relevés au final et ne m'ont pas dérangée pour l'apprécier et surtout rentrer totalement dans cette aventure. 

Entre les sentiments, les impressions, les contradiction, la confusion, la sensualité, le charnel, la culpabilité... J'étais totalement rentrée dans l'univers, durant cette lecture. Je ne serai pas hantée, comme le dit la citation en couverture, mais je suis plus que ravie d'avoir découvert cet ovni littéraire. Ce livre est déjà très important pour moi, car il a su montrer qu'encore une fois, on peut trouver des choses très profondes dans la littérature young adult.


dimanche 28 avril 2013

Critique La dernière Lame, d'Estelle Faye

Critique Partenariat
La Dernière Lame
Estelle Faye
Collection Pandore - Le Pré aux Clercs
Sur le site de l'éditeurSur Babelio
Ma note : 2/5 ♦ 451 pages ♦ 16€

Résumé éditeur : 
Jadis, le monde a connu un Age d'Or, enchanté par la magie. Mais à présent il est presque entièrement recouvert par les eaux où grouillent méduses, murènes mangeuses de chair et Léviathans d'ombre.

Vorastburg est l'une des rares cités à ne pas être encore submergée. Ses habitants sombrent dans la folie en attendant la fin. Parmi le chaos ambiant, Joad tente d'apaiser les souffrances.

Cet ancien combattant aguerri sait que l'Armée des Cendres va déferler sur la ville, avec à sa tête la belle Marie aux yeux verts. Joad et la redoutable guerrière apprennent que des êtres sublimes demeurent aux confins de l'océan, capables de mettre fin aux souffrances.
Ils s'engagent alors dans une course dont l'enjeu est le sort du monde.

De la fantasy épique dans la plus pure tradition du genre, une superbe écriture au service de personnages forts, à la psychologie travaillée. Un monde envahi par les océans, très original et extrêmement construit.

Ma lecture : Je suis ressortie un peu mitigée de cette lecture. Je ne m'attendais pas à un écrit étonnant, car je savais que j'allais tomber dans un monde "proche de notre Renaissance", qui n'aurait pas des éléments prêts à me surprendre dès les première pages. Mon impression générale sera au final malheureusement plutôt négative, puisque en lisant ce livre... je me suis ennuyée. 

La narration était lente, vraiment trop lente, et elle ne me captivait pas, alors que le choix d'écrire à un tel rythme était juste : cette lenteur était une parfaite représentation de la crue qui monte au fil des ans, et engloutit le monde. 
Malgré cette lenteur dans le texte, les années, dans l'histoire, passaient trop vite ! Même si cela était nécessaire pour faire avancer toutes les étapes de cette longue histoire, les personnages étaient au final peu affectés par le temps, juste au minimum pour respecter la vraisemblance. Ce temps empêchait aussi de les découvrir et a fait ressortir leur manque de consistance. 

Les personnages secondaires étaient les plus intéressants, ils auraient gagné à avoir plus de place dans le récit, quitte à en prendre un peu aux descriptions, trop lentes et nombreuses pour du young adult. D'ailleurs, on ne retrouve pas les codes du genre, ici ils sont totalement bafoués ! Le héros ou l'héroïne ne vivent pas de romance, et ne sont pas en devenir, en transformation ... Faut-il penser que ces caractéristiques concernent le monde tout entier, qui lui est en destruction, en voie de disparition pour devenir autre chose ? Une idée qui en ferait définitivement une oeuvre à part et qui justifierait certains choix... 

Concernant ce monde, j'ai aimé les descriptions des changements dans le comportement des animaux et leur évolution : de spécimens normaux et probables, ils deviennent des créatures surnaturelles étranges... Même si l'utilisation de la magie était peu osée et décrite dans le roman, grâce à ces créatures, j'ai vraiment aimé ce petit côté surnaturel. Pour la partie terrifiante, les prêtres, les façonneurs, le métal disparaissant et l'Ombre, cette force maléfique, faisaient vraiment bien leur boulot. Mystérieux et redoutés. 

Malheureusement certains personnages n'ont été qu'effleurés et oubliés (Julian occupe une bonne partie du récit pour connaître une étrange fin...) et le point qui m'a le plus déçue sera aussi celui qui m'a le plus ravie : Marie. J'ai adoré Marie des cendres, cette terrible guerrière. C'est un très bon personnage, noir, complexe... J'ai aimé la suivre, en apprendre plus sur ses souvenirs, savoir comment elle évoluait et elle pensait, ce qui la poussait à agir de cette manière... Tout en elle m'a semblé sonner juste, du début à la fin. Quel dommage alors de la quitter de cette manière, alors qu'elle a été le seul vrai personnage principal tout au long de ce périple !!!! Cet au revoir n'aurai pas été à la hauteur du personnage selon moi ... 

En bref, le personnage de Joad ne m'a pas emballée, alors que Marie m'a passionnée. Les côtés surnaturels, bien que très intéressants et mystérieux, ont été trop peu effleurés pour satisfaire ma curiosité et mon envie d'en savoir plus sur ce monde. Mais cette crue, et cette avancée, se sont déroulés de façon vraiment, vraiment trop lente. Il n'y a pas eu assez de péripéties pour contrer ce côté lent de l'histoire, pour me réveiller et attiser mon envie de lire. 

Cependant, je reste curieuse de lire autre chose d'Estelle Faye, me demandant si cette auteur écrit toujours de cette façon, que je n'ai, au final, pas détesté, c'est juste très différent de ce que je lis habituellement, moins rythmé, alors qu'elle a visiblement de vraies bonnes idées pour construire un univers de Fantasy.
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