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vendredi 15 novembre 2013

[15 jours coups de coeur] Insaisissable 2,5 : Ne me résiste pas jusqu'au 27 Novembre

Les 15 jours coups de coeur de Marly 
Deuxième "petit coup de coeur" : 
 Insaisissable 2,5 : Ne me résiste pas de Tahereh Mafi 
A gagner jusqu'au 27 Novembre 



Premier lot : Un exemplaire d'Insaisissable 2,5 : Ne me résiste pas, un marque page ruban thème "Warner" sponsorisé par ma boutique Le Style de Marly, et un marque page papier.
Deuxième lot : Une Montre pendentif thème "Insaisissable" sponsorisé par ma boutique Le Style de Marly et des marque pages papier.


Modalités : 
♦ Répondre au formulaire de participation avant le 27 Novembre minuit
♦ Une seule participation par foyer. 
♦ J'enverrai les lot aux gagnants par la poste et ne pourrait être tenue pour responsable de toute perte. 

♦ Concours ouvert au monde entier 

Note : Ceux qui n'auront pas indiqué le "Mot de passe" présent dans ma chronique perdront une chance. Soit 2 chances pour ceux qui ont tout bon, et une pour ceux qui ne l'ont pas indiqué. Cela me demandera plus de travail, mais les liens vers les chroniques sont dans l'article concours, et en haut du blog pour les derniers avis... Bonne chance :) 

Participations validées : Elodie R, Txeng, Kidtop, Karine A, Amandine V, Karine N, Titisse, Anaïs D, Avenue Lecture, Mallou14, elfejuju, lilik, kikou33700, Memories, Justine G, Elodie M, Louisiness, Aurélie S, Justine P, Light, Unpeudelecture, Megworld, Julie suit sonfil, Indra, Fistone Book, Littlepadfoot, Maud B, Cali, Ange, Kyo, Mlle Mathilde, Sylvie B, Elsa C, Sabrina L.


vendredi 4 octobre 2013

Glitch III : Insurrection, Heather Anastasiu

Glitch III : Insurrection 
Heather Anastasiu 
Robert Laffont - Collection R
Sur le site de l'éditeur (à venir) ♦ Sur Babelio (à venir) 
Ma note : 4/5 ♦ Environ 460 pages ♦ 16,90€ 

Résumé éditeur : Non communiqué
Découvrez l'article sur Glicth I sur Fnac.com ou mon avis sur les tomes 1 et 2.

Ma lecture : 
A cause de ma lecture des tomes 1 et 2, j'avais qualifié cette série de "série coup de coeur" car j'avais adoré le tome 2 et toutes ses idées. Malheureusement, j'ai baissé ma note pour ce dernier tome, qui m'a un tout petit déçue, à cause de la structure du livre. Mais, bien sur, j'ai été ravie de retrouver les personnages de la série, et de savoir ce qui allait leur arriver, ainsi que la fin de leur histoire. Vive la Révolution !

Pour savoir tout le bien que je pense de la série ("Glitch II est le tome de l'action plus que de l'amour. Celui où Zoé doit faire ses preuves, où c'est elle qui doit faire avancer l'aventure des glitcheurs, malgré elle, malgré ce qu'en pensent les autres, malgré ce que nous même nous aurions pu imaginer. Beaucoup plus explosif que le premier, il a fait de cette série une référence incontournable en dystopie à mes yeux, chère à mon coeur."...) je vous conseille de vous rendre sur ma chronique des deux premiers tomes, car je ne vais revenir sur l'histoire et ses qualités, mais citer plutôt quelques défauts qui m'ont un peu déçue. Néanmoins, je tiens à rappeler comme cette histoire est originale et a sa place en Dystopie, aux côtés d'Hunger Games et Divergente (ma série dystopique préférée), car elle aborde des valeurs importantes et a su apporter des idées nouvelles en Littérature Young Adult, ce qui, on le voit, est assez difficile de ce jour (on a tendance à s'embourber dans les mêmes schémas !) . De plus, Glicth ose martyriser un peu ses personnages, et leur en faire voir : ce sont des résistants, des révoltés, des révolutionnaires... des combattants  avant tout, qui combattent pour la liberté de ceux qu'ils aiment, mais aussi de tout un monde ! Une idée qui fait forcément échos à notre histoire, d'avant, de maintenant et de toujours, comme toute dystopie de qualité se doit de le faire. 

Enfin, je retrouvais le "couple" Zoé - Adrien et apprenait ce qui était advenu d'Adrien, après ce qui lui est arrivé à la fin du tome 2... Dommage que le récit et les passages les concernant m'aient donné l'impression de traîner en longueur, ce qui a finit par m'ennuyer un peu : c'est une sorte de lenteur qui apparaît au milieu du livre, pour un petit tiers, qu'il faut traverser pour revenir à l'action... mais indispensable à la suite de l'histoire de nos personnages, et surtout, de Zoé ! 

Ce passage crée une structure entre lenteur et action étrangement dosée, à l'inverse du 2ème tome presque tout dans l'action. J'ai été tiraillée entre le fait de trouver tout trop facile à Zoe, qui occulte vite ses allergies, alors que très souvent tout était aussi difficile face à toutes les épreuves qu'elles affronte, autant morales (pouvoirs et sentiments) que physiques (soudain ou lancinant) ... Du coup, je ne serai trop dire ce qui m'a dérangée car la facilité dépendait des moments. 

J'ai retrouvé la structure narrative habituelle, avec le point culminant au milieu puis à la toute fin : comme dans le tome 2, une structure à laquelle il faut se faire pour entrer dans l'histoire et l'apprécier, un style et un rythme un peu trop en montagne russe qui m'a parfois perdue en route : j'avais envie de savoir la suite, sans pour autant être accro comme avant, avec le tome 2. 
Les personnages "changent" vite autour de Zoe et on a l'avantage de ne pas toujours voir les mêmes :cela représente bien la révolution et les pertes allant de paire. Dommage que la galerie des personnages ne soit pas aussi vivante et intéressante que dans le deuxième tome, où on croise ceux qu'on avait aimé découvrir surtout dans des scènes du quotidien, où je les ai trouvé un peu mou du genoux ... loin de leur fort caractère! Cependant, je reconnais que cela mettait beaucoup plus en avant Zoe et ses qualités de dirigeante, ce qui était indispensable ! J'aime beaucoup Zoe, et elle a été très, très bien tout du long, un personnage sans fausse note ! 

La fin est arrivée trop vite pour moi, avec un gout de presque bâclé  faite d'épisodes relais de petites étapes donnant des informations essentielles... C'est le mot, on va à l'essentiel pour boucler les sentiments, l'histoire, l'avenir ...Où heureusement toutes les réponses aux questions sont données ! Et où on ne reste pas tellement sur sa fin ! C'est surement moi qui voulait passer plus de temps avec Zoe, Adrien, Xona, Cole et les autres... 

En résumé, un tome conclusif qui m'a laissé un avis loin d'être moyen, mais juste un peu moins enthousiaste que le deuxième. Ayant lu les épreuves non corrigées, peut être que le passage que j'ai trouvé long sera recoupé ... Mais je ne m'inquiète pas pour les fans : comme moi, ils seront sans doute heureux de retrouver la fin de la série et les personnages. Pour les soutenir dans leur révolution, et voir comment évoluera ce monde dystopique ! 

jeudi 5 septembre 2013

Nox, de Yves Grevet

Nox
Yves Grevet
Editions Syros
Ma note : 5/5 ♦ 358 pages ♦ 16,90€
 

Résumé éditeur : 
Dans une ville basse enveloppée d’un brouillard opaque – la nox –, les hommes sont contraints de pédaler ou de marcher sans cesse pour produire leur lumière. Comme l’espérance de vie y est courte, la loi impose aux adolescents de se marier et d’avoir un enfant dès l’âge de dix-sept ans. Lucen a peur de perdre celle qu’il aime, la rebelle Firmie, qui refuse de se plier à la règle. Il sent aussi ses meilleurs amis s’éloigner de lui. L’un d’eux, Gerges, s’apprête à rejoindre la milice qui terrorise les habitants, un autre, Maurce, un groupe hors-la-loi. C’est l’heure pour Lucen de faire des choix qui détermineront toute son existence. Au même moment, dans des territoires épargnés par la nox, la jeune Ludmilla ne se résigne pas au départ forcé de Martha, la gouvernante qui l’a élevée, injustement renvoyée par son père. Elle décide de tout tenter pour la retrouver.

Avant propos : Cette chronique sera rédigée selon une structure différente des précédentes, de manière plus poussée, recherchée et précisée. Ce n'est qu'un extrait du travail d'étude réalisé dans le cadre du séminaire de Littérature Générale et Comparée sur la Dystopie, pour mon travail sur le thème de "La misère comme catastrophe dans les dystopies contemporaine" sur 3 oeuvres dystopiques en différents formats : Nox, de Yves Grevet; Métronom, de Corbeyran et Grun, et Ethnicity 01. Sa taille, et son développement, en font donc un travail présenté de façon unique et inhabituelle sur le blog. 

Ma lecture : 
Yves Grevet a déjà écrit une dystopie à succès, avec la trilogie Méto sortie en 2008 et récompensée par de nombreux prix, parmi lesquels les prix des villes de Bagneux, Orly et Narbonne, et le prix Tam-Tam. Méto raconte l'histoire de soixante-quatre enfants, répartis en quatre classes d'âge (les Bleu clair, les Bleu foncé, les Violets et les Rouges), qui passent quatre années enfermés dans une grande maison aux règles de vie très rigides et méticuleusement définies, où le sport - étonnant jeu de l'Inche auquel on joue à quatre pattes, la balle entre les dents... - et l'instruction - cours de biologie et d'agriculture essentiellement - tiennent une grande place. Parmi ses enfants aucun n'a de souvenirs de son passé, mais tous sont persuadés qu'ils ont beaucoup de chance d'être hébergés dans la Maison et vivent dans la hantise que leur lit ne "craque" - les lits sont extrêmement fragiles. Car dès lors qu'un Rouge dépasse la taille réglementaire et brise son lit, il sort de la Maison et on ne le revoit plus jamais. Ce monde dystopique adressé aux enfants dès 12 ans a instauré dès lors les valeurs qui feront son écriture : des écrits sur la tolérance, les liens familiaux, la solidarité, l'apprentissage de la liberté, de l'autonomie et la résistance à l'oppression. Ses lecteurs ont ainsi découvert et assimilé le style particulier d'Yves Grevet pour attendre son nouveau livre, Nox, sorti en 2012. Très bien reçu par les collégiens, il a reçu la pépite d'or, prix du salon du livre jeunesse et de la presse de Montreuil en décembre.

L'originalité de ce nouveau titre de dystopie, est que les enjeux sont tournés sur le quotidien des membres de cette société plutôt qu'une catastrophe ou un évènement fantastique. Sa force, c'est le courage de ses personnages pour affronter leurs destins parmi les autres, dans une société où la misère s'ignore. Dès les premières pages du récit on découvre les éléments qui font de ce récit un livre dystopique : on est plongé dans ce monde dans le noir, à l'aveugle, où le héros, Lucen, doit pédaler pour écrire son devoir. Le sujet de ce devoir pour l'école, "Pourquoi faut-il accepter sa condition sociale?" et les réactions qu'il provoque nous montrent habilement les règles de cette société lorsque sa mère répond "Tu dois marquer : Premièrement, parce que ne pas avoir à faire des choix, ça évite d'en faire des mauvais. Deuxièmement, parce que c'est plus simple de faire le même métier que ses parents, puisqu'on baigne dedans depuis tout petit et qu'ils peuvent nous former et nous aider. Et enfin, troisièmement, mais il y en a sans doute d'autres, parce qu'un monde où personne ne désire la place de l'autre est un monde sans conflit." ce à quoi le père rétorque "C'est exactement ce que les professeurs veulent entendre et tu le sais bien, Lucen, ils veulent juste que tu récites le cours. N'essaie pas de te distinguer des autres. Reste dans la norme, tu éviteras les problèmes." Ensuite, le héros raconte comment fonctionne l'énergie mécanique qui les alimente en lumière, grâce aux chainettes qu'ils ont attachés aux pieds depuis toujours. Dans ce monde, tout est fait pour s'orienter dans le noir, comme les codes attacher aux murs, avec des noeuds différents pour s'orienter en reconnaissant la rue. Le terme dystopie se justifie lorsqu'on voit que le bien être du groupe passe avant celui de l'individu avec, notamment, la manière de fonder une famille. Les jeunes filles de dix sept ans doivent être déjà enceintes lorsqu'elles épousent leur compagnon, profitant que leurs parents quittent exprès le domicile familial tous les dimanches pour leur laisser l'occasion de procréer. L'espérance de vie étant très courte à cause du nuage de pollution, les filles ne pouvant tomber enceintes doivent quitter la ville, et toutes celles qui le peuvent doivent se marier le plus tôt possible pour passer leur vie à mettre au monde des enfants qui ont peu de chances de survivre à cause des problèmes respiratoires.

La milice est un élément très important de l'intrigue, puisqu'elle terrorise les habitants de la ville qui n'osent sortir de chez eux après la nuit tombée. Une résistance se crée pour s'opposer à eux et les enfants doivent choisir dans quel camps s'enrôler : ceux de leurs pères, farouchement engagés, ou ceux qui défendent les principes auxquels ils croient. Gerges est le fils du chef de la milice, il est obliger de rentrer dans ses rangs et de perpétrer des violences contre les habitants de sa ville avant de trouver le courage pour choisir son destin. Après les mariages imposés et arrangés entre les niveaux sociaux des familles (la place occupée dans l'altitude du village expliquant le niveau social de la famille, se dégradant
plus elle se trouve en bas de la pente, dans la Nox.) ce sont aussi les misères du marché noir et du réseau de travail clandestin que l'on découvre. Les échos à des passages de l'Histoire de la France et du monde sont nombreux et imposent au jeune lecteur de réfléchir, en accord avec les principes que cherchent à défendre l'auteur, comme la lutte contre l'oppression avec la description de la milice totalitaire ou la solidarité entre ces enfants que tout oppose en grandissant.

La misère de ces nouvelles sociétés
Dans Nox, de Yves Grevet, le monde n'est pas en danger, et Lucen, habitant de la ville du dessous, découvre cependant la lente catastrophe qui arrive à sa ville : tous vivent dans la misère et le brouillard de pollution alors que les habitants du haut, ceux qui sont au dessus de la Nox, vivent dans la richesse et l'opulence. Tout oppose ces deus sociétés, une opposition qui prend forme dans l'énonciation elle-même. On remarque en effet que les mots sont écorchés dans la société du dessous : tous les prénoms, comme Lucen, Gerges, Firmie, et Katine, ont perdu des lettres, comme le pain devenu "pan" et toutes les denrées élémentaires qui sont créées artificiellement, avec des goûts de synthèse. Lorsque les enfants de la ville basse et de la ville haute se rencontrent, ils comparent et découvre ces différences de langage "Je comprends tout à coup qu'à l'instar des produits de consommation, nous ne sommes considérés que comme de bonnes imitations des originaux. Nous ne méritons donc pas de porter un prénom complet." Lucen, enfant pauvre, reçoit une nuit la fille venue de la ville d'en haut, et celle ci à son tour découvre son monde fait de pauvreté et de compromis "Je profite de la semi-pénombre qui règne dans la maison pour glisser un médaillon en or sous l'oreiller de Lucen. Même si, pour eux, cela représente beaucoup d'argent, pour moi ce n'est qu'une manière un peu facile de payer ma dette. A cet instant, je me fais le serment que bientôt j'agirai vraiment pour eux et ceux qui lui ressemblent. Je découvre en m'approchant de la table du petit déjeuner que c'est mon ami qui fournit l'éclairage en pédalant. Le haut de son corps est parfaitement immobile et il parle sans s'essouffler. Sa petite soeur me tourne autour. Elle veut absolument voir mes cheveux. Je défais mon foulard et elle plonge son nez dedans pour les sentir. Je suis pour elle comme un animal de zoo. Je sens les parents fébriles. Tant que je suis là, je représente pour eux un danger. La mère me donne un petit pain sombre que je parviens difficilement à avaler tant le goût est désagréable. Je me force pour ne pas la vexer."

Dans ce roman, la misère est tout l'enjeu, puisque ceux d'en bas vont se battre pour répartir de façon égale les richesses et sortir de leur situation sociale. On la retrouve principalement dans la très courte espérance de vie, le caractère dénaturé des aliments et des mots, allant même jusqu'à écorcher les prénoms, et la difficulté à trouver du travail pour subvenir aux besoins de sa famille.

Une société prospère basée sur le malheur du plus grand nombre
Dans Nox, les habitants de la ville d'en haut, ceux qui ne sont pas oppressés par le nuage de pollution, vivent dans la richesse extrême, ils ne manquent de rien, ni de denrées ni d'énergie. Les enfants apprennent à l'école qu'ils ont naturellement acquis cette situation et on leur occulte qu'il existe une société à l'opposé, extrêmement pauvre, ou des habitants, surtout des jeunes enfants, meurent tous les jours à cause de l'effort ou du nuage de pollution qui gangrène leurs poumons. La ville des riches étant placés en hauteur, lorsqu'ils pointent le regard vers le bas, à la place de la Nox ils ne voient que des champs de fleurs mauves à perte de vue, un hologramme créé artificiellement pour que tous ignorent comment ils survivent, pourquoi ils ont droit à tant de richesses à se répartir pour si peu d'habitants, et où se trouve la face cachée de leur société idéale. Il n'y a qu'en traversant les champs de fleurs mauves qu'ils peuvent découvrir la vérité, et ainsi, menacer l'ordre établi... Afin de décrire au mieux la situation de misère que la plupart des gens tentent d'ignorer, la
nourrice du personnage riche, Ludmilla, écrit et laisse des lettres qu'elle lui laisse. Ainsi, aussi de cette manière que l'on découvre encore plus de particularités de ce monde pauvre, mais surtout dystopique "[les coivistes] ce sont des gens qui prônent la liberté d'habitation (Chacun Où Il Veut), la solidarité et l'ouverture des frontières entre les zones. On les appelle aussi les réunificateurs. Ils réclament un partage équitable des richesses entre les riches et les pauvres. Ils sont persuadés que la cohabitation est possible et que les ressources sont suffisantes. On trouve dans leurs rangs aussi bien des gens d'en haut que des gens d'en bas. "
Sous la Nox, du côté de Lucen, le héros, cette société fondée dans la pauvreté voit apparaître des opposants de plus en plus virulents contre cette répartition inégale des richesses qui vont jusqu'à recruter de force des créateurs et poseurs de bombes (les Coivistes). Ces bombes visent les miliciens et les lieux de vie pour des actions choquantes, invitant les habitant à se rebeller contre leur mode de vie, contre les miliciens, et contre les habitants d'en haut. Ce sont sans doute les bombes et les actions extrémistes des groupes de miliciens qui vont renverser le monde de Lucen et le mettre en danger. Mais surtout, ces actions vont atteindre leur but et véritablement ébranler l'accord instauré entre les deux sociétés, même s'il est inégalitaire.

Entre ces gens d'en haut qui ignorent l'existence du monde d'en bas, et ceux qu'en bas qui vivent de façon complètement opposée à ceux d'en haut, c'est un conflit qui se prépare pour savoir si les richesses seront redistribuées de façon plus égales. Outre la question de l'énergie mécanique, l'idée est d'imaginer aussi comment vivraient les deux sociétés une fois réunies, ) savoir s'ils auraient assez de denrées pour les distribuer à tous les habitants, et de travail pour réorganiser une nouvelle société les alliant.
Nox est un récit bouleversant qui pose des questions sur la société, son avenir, et les lois absurdes et totalitaires dans laquelle elle pourrait tomber. Un roman aussi qui montre aux enfants qu'en grandissant, ils deviennent maître de leurs choix, et de leurs destinées, quelque soit les règles de société qui leurs sont imposées.

mercredi 28 août 2013

La BD ou le manga du mercredi : Ethnicity 01, de Tadano Nobuaki, série coup de coeur

La BD ou le manga du mercredi #1 

Ethnicity 01
 Tadano Nobuaki
Editions Doki Doki
Série coup de coeur
Sur le site de l'éditeurSur Babelio
Série en 3 tomes


J'adopte un concept de chez Mango "La BD du mercredi" et je l'adapte en BD ou manga du mercredi, puisque je ne lis pas assez de Bandes dessinées... Mais bien assez de mangas ! Je partagerai uniquement les BD sur son RDV chaque semaine. RDV là bas !
Résumé éditeur :
Dans un monde dévasté par la famine et les guerres, suite à un bouleversement climatique sans précédent, les populations vivent désormais repliées dans des mégapoles coupées de l’extérieur hostile. La paix et le bien-être y sont garantis par un contrôle drastique des citoyens : la moindre atteinte à l’ordre public est immédiatement sanctionnée de la peine d’exil. Niko, élève modèle, mène une vie exemplaire dans l’une de ces cités. Jusqu’au jour où, intriguée par le comportement d’un camarade de classe, elle s’aventure jusqu’aux frontières de la cité, là où s’étendent les terres inhospitalières, refuges des exilés que l’agitation commence à gagner...

Avant propos : Cette chronique sera rédigée selon une structure différente des précédentes, de manière plus poussée, recherchée et précisée. Ce n'est qu'un extrait du travail d'étude réalisé dans le cadre du séminaire de Littérature Générale et Comparée sur la Dystopie, pour mon travail sur le thème de "La misère comme catastrophe dans les dystopies contemporaine" sur 3 oeuvres dystopiques en différents formats : Nox, de Yves Grevet; Métronom, de Corbeyran et Grun, et Ethnicity 01. Sa taille, et son développement, en font donc un travail présenté de façon unique et inhabituelle sur le blog. 

Ma lecture : 
Présentation de la dystopie
Dans Ethnicity 01, de Tadano Nobuaki, un des seuls mangas dystopiques, Sensoram est une cité fortifiée qui ne connait ni la guerre ni la faim, et abrite des humains artificiellement créés. Ceux-ci grandissent en suivant les instructions de leurs e-pet, et respectant les lois très restrictives, pour ne pas perdre leurs "points de citoyenneté", débloquant liberté individuelle et privilèges. Des frontières sont construites entre la cité et les zones blanches, celles ou vivent les exilés. Matérialisées par de simples barrières dressées en travers des chaussées, elles prennent ailleurs la forme de champs de mines qui, foulées, actionnent les gardes-frontières, des robots armés baptisés crache-mort par les différentes ethnies.

L'E-PET est l'acronyme pour "Electronic PErsonnal Tutor", désignant l'assistant et la famille électronique attrbués à chaque citoyen à leur sortie du berceau éducateur de l'usine humaine. Il dispense aux citoyens, démunis de tous liens de sang avec qui que ce soit, un enseignement global allant de la manière d'enfiler ses chaussettes à celle de régler les différents en société. Ils correspondent à ce que appelons de nos jours père, mère, frère et soeur, voir professeur. L'E-PET communique habituellement par le biais d'un terminal portavle, mais peut s'afficher sur n'importe quel terminal public connecté au réseau, par exemple sur le guichet automatique des gares. Il assure également des fonctions de guide GPS quand le titulaire est en terrain inconnu. Il s'efforce d'éloigner son titulaire des zones blanches quand il se trouve à proximité de l'une d'entre elles. Si celui-ci continue malgré tout à s'en approcher, l'E-PET émet une alarme. L'obéissance conditionnée de chaque citoyen à leur E-PET laisse l'existence des zones blanches inconnue de tous.

Les points de citoyenneté définissent un capital de points apparaissant sur la carte de citoyen. La moindre contravention aux règles de la cité en entraîne la baisse, pouvant aller jusqu'au bannissement s'ils tombent à zéro. Si un capital intact permet à sont titulaire d'accéder gratuitement aux services qu'offre la cité, une baisse de points conduit à une discrimination publique. Les services deviennent alors payants ou conditionnés à des
démarches préliminaires. Dans la cité où aucune force de l'ordre n'est jamais instaurée, cet ingénieux système est le garant de l'ordre public. Ainsi les armes sont interdites dans la cité de Sensoram, les citoyens pensant qu'une réaction allergique à celles ci à été insérée dans leur code génétique (à juste titre, ou non).

La misère de cette nouvelle société 
Dans Ethnicity 01 on retrouve l'idée d'une véritable deuxième société, uniquement pauvre, dans les ethnies bannies dans les zones blanches. Secrètement opprimées et dirigées de manière inégale par l'état, les différentes zones blanches ne voient pas s'attribuer les mêmes privilèges. Alors que certaines ont de la nourriture, la plupart n'en ont pas, ce qui crée des guerres civiles entre les bannis eux-mêmes. Les armes étant sensées avoir disparues, l'état les a fourni aux exilés de façon insoupçonnée pour que ceux-ci puissent mener des guerre entre eux. Pour quelle raison laisser les habitants des zones blanches, déjà réduit à l'exil social, la perte des privilèges du citoyen, et des denrées offertes par la cité? Pour que les "anciens", les dirigeants de Sensoram, puisse se divertir en regardant les images de cette guerre entre exilés. Pour eux, induits en erreurs par une personnalité pervertie de l'état, il ne s'agit que d'un programme divertissant, telle une téléréalité, mettant en scène des personnes considérées comme étant déjà mortes depuis le jour où elles ont quitté Sensoram. Pour pimenter le jeu, les agents de la cité ajoutent temps à autres des armes, des denrées, des médicaments ou des bombes dans les zones blanches, répartis de façon aléatoire, mais toujours dans le but d'exciter la jalousie et les représailles entre celles-ci.

Une société prospère basée sur le malheur du plus grand nombre 
Dans le tome 2 d'Ethnicity 01, Nortréga présente un rebondissement (avec l'arrivée d'un meneur dans l'armée des exilés) dans les divertissements des anciens de cette façon " L'urgence, comme le savez, est le "recyclage" des non-comptabilisés devenus inutiles... dont le nombre est en constante augmentation. Les affrontements armés entre zones sont une des options possibles à ce "recyclage". Sans compter qu'ils présentent également l'avantage d'enrayer l'augmentation. Nous faisons donc d'une pierre deux coups. Puisque les guerres, uniquement présentes de nos jours dans les zones blanches, tuent. Ces combats d'utilité
publique ont aussi le mérite, et non le moindre, d'être un bon divertissement... même si je trouve que le casting laisse quelque peu à désirer. Ce qui m'amène donc... à vous parler de Kéo. Chef de l'armée des exilés." La vraie situation de misère dans Ethnicty 01, c'est donc celle que vivent les habitants des zones blanches. Utilisés comme distraction pour les anciens de Sensoram, et ignorés par les habitants, ce sont les outils-déchets d'une société parfaite en apparence. Mais qui cache une population bien plus nombreuse dans les bidonvilles, que celle vivant dans l'opulence de la cité où tout est gratuit et automatisé. La nouvelle société, celle des cités, idéalement complétée par les humains créés artificiellement, qui sont dirigés par leurs E-PET, offre une réalité et une vie totalement automatisés. Mais tous ignorent la vérité, n'ont pas l'authentique liberté de penser, et profitent d'une sérénité que n'ont pas les exilés. Les points de citoyenneté paraissant un système fiable et très pratique, il envoie tout de même les non-citoyens, ceux dont les points sont tombés à 0, vivre du côté pauvre de la cité, éloigné de tous, et oublié. Où ils deviendront les pions d'une guerre qui est un jeu pour les anciens...

Dans Ethnicity 01,on retrouve une société coupée en deux, où les riches, encore une fois, ignorent la situation des pauvres, des exilés, et vivent en profitant de leurs avantages. Alors que dans les zones blanches, les inégalités entre tous, pourtant plus ou moins au même stade, provoquent des guerres civiles entre ces exilés qui cherchent pourtant à survivre malgré leur situation miséreuse. Une excellente dystopie, forte de toutes les valeurs propres à ce genre. 

samedi 11 mai 2013

Le prince d'été d'Alaya Dawn Johnson

Le Prince d'été
Alaya Down Johnson 
Robert Laffont - Collection R 



Dans un brésil futuriste, dans plusieurs dizaines d'années, les femmes sont au pouvoir d'une société dystopique. Les jeunes sont considérés comme immatures, alors que les adultes de plus de 30 ans sont les seuls dont les opinions sont écoutées. Les hommes sont plus rares et presque insignifiants. Chaque été, un homme est choisi pour devenir Roi d'été, et avoir un destin étonnant , selon la période. Le destin d'Enki, cette année là, sera d'être aimé, admiré, et... sacrifié. Pour montrer le pouvoir et la suprématie des femmes, dans un contexte où le sacrifice ramène à une forme presque primitive d'une religion pourtant oubliée. 
June est une artiste de rue. Plutôt secrète et méconnue, elle souhaite développer son art, seulement... Alors qu'elle est tiraillée à longueur de temps par ses intuitions politiques. Son ami Gil la soutient et l'aide aussi à se décompresser par la danse et l'exploration de leur cité incroyable. 

Ce livre m'a époustouflé. J'ai pourtant mis très longtemps à accrocher au récit et son écriture : il m'a fallu 150 pages. Puis, j'ai eu l'impression de passer un pacte avec l'auteur, d'accepter de lire ce qu'elle voudrait, elle, me montrer. Il m'en a fallu peu pour avoir un coup de coeur, en fait, il n'était pas assez abordable dès le début, pour en être un, et me rendre totalement accro. 
Ce livre diffuse un message et une démarche uniques. Sans ce besoin personnel d'accepter de passer un pacte avec l'auteur pour découvrir sa manière de raconter, j'aurai pu passer à côté de cette perle ! Voilà comment j'ai ressenti ce pacte : je devais accepter qu'on ne me dirait rien sur le monde dystopique (au début en tout cas), que les informations viendraient au compte goutte, et que la romance ne serait pas décrite selon les codes habituels. Ce livre de Young Adult fait partie de ceux, très rares, qui bouleversent le genre... Ce que je verrai, ce ne sera que des descriptions de pratiques d'artistes, et surtout de leur amour de l'art... Étrange .. mais, en vérité... quel envoûtant programme, hors du commun ! 

Cet étonnant récit, parfaitement savoureux, était basé à mes yeux sur cet amour de l'art, omniprésent, et de tout ce qu'il peut faire : les portes qu'il ouvre, les frontières qu'il franchit, les politiques qu'il défie ... L'art, sous toutes ses formes, et elles, toutes ses possibilités. 

Les personnages du Prince d'été sont forts et charismatiques mais passent pourtant en second plan après leur obsession pour l'art (Je pense à June, son père, Gil, sa mère, Enki, et sa mère, les autres concurrents aux prix... )et leurs projets. Les méchants sont des vrais méchants, malgré qu'ils soient souvent absents et sous entendus, surtout décris dans les médias, on ne doute pas de leur puissance. Ils sont comme certaines entreprises de notre société, dans l'ombre ... 

Pour finir, cette société aux mœurs très libres ne m'as pas du tout choquée. On ne sait pas comment est le Brésil de nos jours... Mais c'est un pays, de toute manière, beaucoup plus chaud que le notre ! Ces mœurs sont  légères, mais sont surtout joyeuses ! L'écriture, toujours piquante grâce à quelques scènes osées ou surprenantes, demande un certain stade de confiance, puisqu'il faut s'y fier, et faire des hypothèses, pour deviner le sens de mots inconnus, qui ne sont pas expliqués, un peu comme pour La fille sortilège, cet effet provoque une immersion totale dans l'univers inventé ! Heureusement, cette confiance et cette habitude face à ces mots étrangers se font, heureusement, bien vite. L'amour, le respect de la nature(même si on devine qu'elle disparaît au fil du temps) et l'Opacité de cette ville coupée des autres ramènent aux codes plus classiques de la dystopie Young Adult. 

Une excellente découverte, qui me fera lire sans hésitation d'autres livres de cette auteur. 

Ma note : 4/5

lundi 4 mars 2013

Lunerr de Frédéric Faragorn

Critique Lunerr
Frédéric Faragorn
L'école des loisirs - Médium 

Ma note : 4/5 ♦ 189 pages ♦ 14,20€

Un épatant one-shot dystopique, qui permet idéalement de faire découvrir le genre à un enfant dès 11 ans ! 

Kérael est une ville située dans un désert de sable, de sel et de pierres. Pour ses habitants, il n'y a pas d'ailleurs, ce mot est considéré comme un blasphème, il est interdit. Lorsque Lunerr prononce ce mot en classe, il est puni par le fouet, chassé de l'école, et sa mère perd tous ses employeurs. Qui oserait embaucher la mère d'un paria ? Ken wertz, un vieux fou aveugle, l'homme le plus riche du village, qui raconte l'inverse les croyances instaurées par les Drouiz du village, et qui pourrait bien renverser l'ordre établi ... 

C'est une histoire dure, comme toutes les dystopies, elle fait appel aux sentiments et nous force à endurer les épreuves du personnage principal en ressentant au plus près ses émotions. Lunerr, ce petit livre de 200 pages à peine, reprend tous les codes de la dystopie : nouveau vocabulaire pour décrire une nouvelle société, nouvelles lois pour un fonctionnement totalitaire et normé, où encore une fois, société de pauvres et élite riche vivent à côté mais s'affrontent. 

On a aussi une description de ce qui s'est passé sur Terre pour qu'une nouvelle société soit créée . Qu'est-ce qui est arrivé au monde ? Peut être rien... Kérael pourrait être tout simplement une île qui a oublié qu'elle en était une, en pénurie d'eau, sans cesse étouffée sous la chaleur et le sable aride dans lequel elle vit. Une ville aux maisons construites en bouses de "Watusi", terre et poussière... Où le bois est rare et les arbres inconnus, relégués au rang de légende. 

Alors qu'en fait, on ne sait s'il existe véritablement un Ailleurs, tout est question de foi. De confiance, et de croyance. Lunerr est un rêveur, et a toujours voulu un Ailleurs... même s'il est résigné à sa condition. Surement à cause de Mamig, sa mère, une vraie battante, qui travaille nuit et jour, s'il le faut, pour nourrir son enfant. Ken Wertz, le vieux savant ... ou vieux fou (à nous de juger) est un homme respecté mais surtout craint comme un monstre. Lunerr portera-t-il ses espoirs et sa croyance en lui ? 
Brewal, le haut Drouiz (ou religieux), apporte le lot de complits, et de secrets qui terrifient le lecteur bien plus que le vieil illuminé. 

Avec sa touche de fantastique, Lunerr apporte toutes les clés pour attirer les lecteurs les plus jeunes dans un univers surprenant, où ils découvriront une ville séparée du monde, qui a oublié qu'un monde existait... 
Idéal pour faire connaître la dystopie, je vous dis ! 

Une surprise géniale ♥ 

mardi 16 octobre 2012

Critique coup de coeur La face cachée des dômes, Anne Feugnet

Critique coup de ♥
La face cachée des dômes
Anne Feugnet
Rebelle éditions



408 pages pour un texte entre dystopie et SF, 408 pages qui se lisent trop vite. La face caché des dômes est un pavé, mais un pavé excellent, qui se savoure, méritant son prix, et digne des plus grands de la SF.

Pour raconter ce qui a changé l'univers du récit, l'auteur amène habilement l'historique de ce monde et de sa catastrophe dans une rédaction écrite par Denalle, la meilleure amie de l'héroïne, Antaldys, lors de l'examen le plus important de la vie des femmes dans leur dôme.  Cet examen décide qui est la jeune femme la plus douée (en sports et connaissances sur la société) et lui offre le plus grand honneur : fournir l'ovule qui permettra de créer un nouvel enfant pour la société. Car depuis que des fanatiques religieux ont perpétré un attentat rendant l'air irrespirable et que les hommes et les femmes vivent séparés dans leurs dômes respectifs, il a fallu trouver une solution pour continuer à produire la race humaine, de façon administratrice et réglementée.

Mais alors pourquoi devoir adopter ce nouveau système, pourquoi avoir séparé hommes et femmes ? Parce qu'après enquête, il a été remarqué que les divergences d'opinions entre les deux sexes étaient trop granges, et allaient causer de trop importants conflits. Le pari fut lancé : si les hommes et les femmes peuvent vivre toute une année séparés, alors ce mode de fonctionnement sera conservé...

Dans ce nouveau monde construit sous des dômes, de nombreuses problématiques apparaissent : comment se nourrir alors qu'il y a très peu de plantations et seulement deux espèces d'animaux, donc des denrées rares mais nécessaires ? Comment trouver l'espace indispensable pour vivre, construire, travailler, dans des espaces si réduits par les dômes? Comment faire une nouvelle éducation et distribuer le travail ? A qui laisser  la charge des décisions importantes.... Mais aussi et surtout : comment reproduire une race quand hommes et femmes sont séparés ?
Cette dernière question est la plus importante du roman, elle déclenchera les décisions d'Antaldys, jeune mère à qui on retire son fils, mais elle déclenchera aussi le bouleversement de cette société... 

Antaldys, le personnage principal côté femmes, est sensible plus que rusée ! Meurtrie car elle doit laisser son fils aux hommes, elle ne supporte pas la situation qui lui est imposée. Pour se révolter contre l'ordre établi, elle demandera l'aide de Denaelle et d'autres mères qui ont perdu leurs enfants de la même manière. 

Ethan est le personnage principal côté hommes. Intelligent, intègre et trop aventureux, il a voulu avoir un enfant pour échapper à la routine qui se profilait devant lui. En recevant sous sa protection Naël, l'enfant d'Antaldys, il va vivre l'aventure au quotidien... et voir sa vie bouleversée, jusque dans ses rêves qui révéleront un mystérieux pouvoir prémonitoire. 

En 408 pages, on ne s’ennuie pas, et on ne regrette pas d'avoir ouvert le livre. Chaque personnage, même secondaire, est intéressant et attirant pour le lecteur. Les problématiques sont importantes et pourraient nous toucher aujourd'hui encore, et surtout demain, plus tard. Les thèmes sont sensibles(comme la place du père et de la mère, indissociables et nécessaires, tous deux, en tant que parents, pour un enfant) et idéologiques, avec des bribes de descriptions scientifiques pour justifier certains faits. 

Les pages se tournent avec délice et envie, envie découverte de ce nouveau monde et de toutes ses particularités, ou ses règles de fonctionnement. 

La fin du récit ouvre aux habitants de ce dôme la possibilité d'un nouveau monde, sur Terre, à l'air libre, ou bien dans un lieu surprenant... qui fait plonger le roman dans le domaine de la Science fiction !  


Je conseille à tous les amateurs de SF La face cachée des dômes, car ce premier tome peut être considéré comme un prélude à une grande épopée dans un monde technologique et ethnique totalement différents, et en avance sur le notre, et le leur, celui des dômes... 
Mais je conseille aussi et surtout ce roman aux amateurs de dystopies qui souhaitent s'interroger sur les règles de société qui peuvent briser l'idée selon laquelle les membres de la société sont entraînés dans une utopie. Antadlys et Ethan se posent des questions sur leur gouvernement et soulèvent de réels problèmes, qui ont pu être oubliés dans l'élaboration de ce nouveau monde trop parfait. 

A vous de vous poser les bonnes questions, et d'enquêter sur les failles du système... et d'accéder à nouveau aux bonheurs simples, et non de masse, à leurs côtés. 

Je remercie les éditions Rebelle pour cette découverte et félicite Anne Feugnet pour ce pavé, premier roman publié, très prometteur pour la suite... 

lundi 23 juillet 2012

Critique Carbon Diaries 2015, Saci Lloyd

Critique Partenariat
Carbon Diaries 2015 
Saci Lloyd, dystopie/ young adult 


Je remercie Louve du forum Mort Sûre et toute son équipe, qui m'ont permis de recevoir un exemplaire de Carbon Diaries 2015, de Saci Lloyd, lors d'un partenariat avec Pocket Jeunesse. J'attendais beaucoup de cette lecture, les sorties de Pocket jeunesse faisant souvent très envie.

Carbon Diaries est un ouvrage de Dystopie à n'en pas douter : 2015, un monde si proche du notre. Toute l'histoire et le fond du récit sont déclenchés par une tempête qui aurait eu lieu en 2012, de nos jours donc, et qui, en plus de faire de nombreuses victimes, retira pendant un long moment l'énergie nécessaire à la vie quotidienne de nombreux malheureux touchés par cette pénurie. Grand chamboulement et surtout énorme prise de conscience : les énergies deviennent rares, et il faut forcer le monde à aller vers le renouvelable en économisant le fossile. En 2015, là où commence le récit raconté par Laura, les Anglais du Royaume Uni mettent en pratique la nouvelle loi Carbone et restreignent l'accès aux énergies fossiles et polluantes (pétrole, électricité...). Pour chaque action (garder allumer le frigo, griller une tartine au grille pain, faire des kilomètres en bus ou voiture...) il faut des "points carbone", et surtout ne pas les dépasser au risque de finir en stage de "délinquant du carbone" ou en redressement judiciaire.

Laura, notre narratrice, est une adolescente qui ne se veut pas banale, et pourtant qui le reste. Bassiste et parolière incomprise dans un groupe de punk rock (les Dirty Angels, yeah !), sa vie se compose d'amitiés compliquées avec les membres de son groupe, d'une famille qui explose, d'une défaite scolaire navrante et de plaintes incessantes.
Je n'ai pas réussi à m'attacher à la narratrice ! Quel dommage... Il n'y a aucune indication physique sur elle ou ses amis, sa famille. Il est donc très difficile de s'identifier à un quelconque personnage de l'histoire. On est dans le plus pur style journal intime, mais pas assez roman ...
Côté amour, aucune indication non plus sur ses amours passés (ou défaites), rien sur son style de garçon, mais seulement un béguin pour "le voisin de palier inaccessible". Après quelques plaintes parce qu'elle ne l'intéresse pas, elle finit par le séduire, et à sortir carrément avec un autre. (? au revoir le premier coup de love!)
Pour ce qui est du caractère, la miss n’a aucune affirmation : complètement introspective et un poil peureuse, elle raconte tout à son journal et ne dit jamais ce qu’elle pense aux concernés, les autres personnages. Effacée et butée, c’est aussi le pire exemple à donner aux jeunes : sans projet et sans but qui pourrait la motiver, excepter jouer dans son groupe, c’est surtout un échec scolaire permanent, qui ne fera des efforts qu’à la toute fin du récit…
Elève paumée dans un lycée à l’abandon, où les profs acculent leurs élèves de devoirs critiques sur la situation désastreuse de l’environnement et de la loi carbone, mais aussi dans une famille sur le déclin dès les premières pages du livre et qui passera la totalité du récit à exploser, tout ça pour donner sur une critique de la société non aboutie, représentée en macrostructure par les voisins de la rue de Laura.
Loin d’être drôle comme ce qui était annoncé, Cardon Diaries 2015 est le récit d’une apocalypse autant environnementale que familiale. Tout va à volo, dans le mur… Tout fout les camps dans un joyeux fouillis, très bien représenté par un dérèglement climatique exagéré (trop chaud, trop froid, re trop chaud re trop froid…)
Dans le même genre, les plaintes de la narratrice se répètent et s’inversent pour ne jamais satisfaire la narratrice. Aucune situation ne convient et rien n’est drôle dans ce récit des horreurs (sauf, pour moi, deux uniques répliques qui m’ont fait rire, tenant en 4mots, sur pas moins de 300 pages…)

Mauvaise dystopie à mon goût, les idées collant au genre ne sont pas assez travaillées et poussées, elles sont donc incohérentes. Autant la reconversion en fermier écolo du père est tout à fait logique et prévisible, autant les jeunes qui mangent et se déplacent tout au long du récit dans une Londres sans énergie pour faire fonctionner Frigidaires et transports en commun , sauf pour les riches en plein carbone, beaucoup moins. L’idée était pourtant excellente ! Et aurait méritée d’être développée encore plus, en insistant sur les besoins et les changements tout au long du récit, sans en faire un bureau des plaintes ou un musée des horreurs où les incohérences et les personnages mal définis se perdent.
En résumé, si vous voulez lire une triste description d’une déchéance sociale, technologique et familiale, lisez  Carbon Diaries 2015. A ne surtout pas conseiller à ceux qui veulent rire ou qui n’en peuvent plus des récits décrivant des familles de dingues qui implosent. Carbon Diaries 2016, s’il y a, se diffusera sans moi, sauf ni j’entends des lecteurs évoquer des fous rires et aucun regret, ce qui pourrait attirer mon intérêt. Pour ma lecture de ce tome, ce ne fut pas mon cas.
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