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jeudi 26 septembre 2013

Le Postier de Mun Dok-su

Le Postier
Mun Dok-su
Sombres Rets
Sur le site de l'éditeur ♦ Sur Babelio (à venir)
Ma note : 4/5 ♦ 80 pages ♦ 10€

Résumé éditeur :

« Tu expérimentas les bombardements
Qui divisèrent le Sud du Nord.
Tu as connu les cris intérieurs
Qui disaient : « la guerre est une erreur.
Ne tirez pas ! »

Dans son long poème de presque cinq cents phrases, le poète met à jour les racines de l’irrationalité des guerres, des massacres, de la terreur et de tout ce qui relève de l’aliénation anti-humaniste. Et ceci, pour les transformer en images concrètes. Les volontés et l’Histoire des hommes sont concentrées au cœur de symboles, de métonymies et d’ironies récurrentes tout au long du récit. Le Postier peut être considéré comme une synthèse des différentes expériences poétiques tentées par Mun Dok-su depuis plus de quarante ans. 

Ce recueil s’agrémente de neuf photogrammes extraits du documentaire Coyos de Antoine Coppola. 

Ma lecture : 
Moi qui n'apprécie pas la poésie, la curiosité m'a poussé à découvrir ce petit texte à cause des thèmes qu'il traite. Et je ne regrette pas, ce fut une bonne découverte ! 
Je n'étais pas rassurée à l'idée de me confronter à un genre que je n'apprécie pas particulièrement (je ne sais tout simplement pas capter la sensibilité de la poésie) alors je me suis préparée à me laisser emporter, simplement, et à y aller les yeux fermés. 

Grâce aux comparaisons et aux images tenant de l'Histoire commune de notre société, l'auteur arrive à faire passer un message universel, en nous faisant visualiser des images facilement imaginables. Grâce à ces références empruntées à toutes les cultures, il sait donner une dimension intemporelle à des bribes de notre Histoire, autant de notre pays que des autres. 

N'appréciant pas ce genre, j'ai néanmoins réussi à voir s'imprimer sur mon esprit, durant ma lecture, les visions qu'il nous donnait à voir. Nettes et fortes, ces visions étaient rendues possibles grâce aux références historiques et à l'écriture très visuelle, presque photogénique, voire picturale. 
Une petite expérience à tenter, et un monde à découvrir en remontant le fil des souvenirs ou des pensées que veut nous faire vivre. 

Enfin, aparté sur un travail éditorial exceptionnel, de très grande qualité : on voit l'envie de bien présenter l'auteur grâce à la préface, la chronologie, les deux biographies ... Tous ces ajouts faits de telles précisions qu'ils montrent un effet de maîtrise captivant. 
Une oeuvre travaillée jusqu'au bout, où les questions ne restent pas sans réponse, offrant même des pistes pour poursuivre la réflexion grâce aux notes de l'éditeur et de Antoine Coppola. Un objet remarquable et intéressant jusqu'au bout. 

dimanche 15 septembre 2013

Dans ma boite aux lettres #13

Qu'ai-je reçu de nouveau dans ma Wild PAL cette semaine ? 


 In My Mailbox est un RDV mis en place par Kristi du blog The Story Siren, puis repris par Lire ou Mourir.. Le principe est de partager les livres empruntés, reçus, achetés...


Semaine assez bonne grâce surtout à mes chers proches et amis qui m'ont gâtée. Mais semaine qui m'a aussi laissée un peu fachée car je n'ai toujours pas reçu certains livres attendus. Là, ça m'inquiète, et la poste m'énerve. Tous les jours je suis à cran pour surveiller la boîte, et comme par hasard, quand c'est une redirection de courrier, j'ai rien. Ça pue l'embrouille tout ça ! 


Heureusement, j'ai commencé la semaine en recevant mes Sombres rets  : Hécate, de Nathalie Henneberg, et Le Postier, de la poésie coréenne (que j'ai déjà lu). Avec des marques pages assortis, merci Cyril & Elie ! 

Vendredi, petite tournée en ville avec mon amoureux et passage à Gibert, où je vais très rarement : leur rayon occasion YA est au sous sol, et c'est assez oppressant, moi j'y resterai bien des heures, mais je comprends qu'on ne s'y sente pas bien. Il faut du temps pour fouiller dans les rayons et trouver son bonheur ! Mais à force, ça paye...
J'ai réussi à débusquer 3 grands formats à -46% : 

♦ DEADLINE, le tome 2 de FEED chez Bragelonne (il me manque toujours le premier) 
♦ Devil'sKiss chez Pocket Jeunesse qui m'a toujours fait envie surtout à cause d'Un bout d'ailleurs et son joli design qui m'a séduite il y a quelques temps
♦ DogLands chez Syros, j'avais rencontré l'auteur à Montreuil et il avait reçu la pépite d'or : trop tentant ! 
Conclusion : un bon score ♥ 

Et je vais vite y retourner car j'ai hésité pour certains livres que j'ai vu, mais je préfère vendre avant de racheter. (pensons au porte feuille !!!)


Samedi, au travail, j'ai découvert mes réceptions envoyées par la collection R ♥ 
Pour Night School tome 3 ça va être difficile car je n'ai ni le 1 ni le 2... Il faut que je vois si Elo les a lu et si elle veut le lire ! Car lire les 2 premiers avant la sortie du 3, hum, j'aurai pas le temps !!!
Mais Revanche, de cat Clarke, j'en ai tellement entendu parler, qu'il me fait très très envie !!! J'ai fait exprès de ne pas le ramener à la maison ce Week end, car sinon j'aurai sauté dessus et j'aurai bousculé mon planning. Mais le Week-End prochain je le récupère, et je risque de le lire Dimanche... Gnark Gnark :P



Enfin, mon homme m'a offert We Are Family, la BD de Marie Pavlenko , une BD que je voulais depuis très très longtemps. (Vous remarquerez mon chat-garou  derrière qui s'incruste ! )

Et puis, rappel de mon swap avec Titisse, où j'ai été magnifiquement gâtée, qui m'a provoqué un gros BOUM dans ma PAL et offert pas moins de 11 livres. Juste génial, à tomber par terre et dans les pommes. Presque, en tout cas. 

Une bonne semaine malgré ma haine pour la Poste ! Ouf ;) 

mardi 27 août 2013

Critique Les Modifiés Aurélie & Emmanuel Genêt

Les Modifiés
Aurélie & Emmanuel Genêt
Editions Sombres Rets
Ma note : 4/5 ♦ 192 pages ♦ 14€


Résumé éditeur : 
Dans un futur proche, le monde se divise en supernations gouvernées, en sous-main, par les grandes entreprises, les hommes sont allés sur Vénus et en ont ramené le berkélium, élément aux propriétés hautement énergétiques qui a permis une avancée remarquable dans l’ingénierie génétique. Grâce au Programme de Modification, on est enfin parvenus à « mieux exploiter le potentiel humain », en l’occurrence à éradiquer les pathologies héréditaires, à être plus résistant aux maladies et à gagner de nombreuses années de vie supplémentaires. Et l’âge d’or qui se dessine à l’horizon est promis à tous. 
Pourtant, à Prime, le quartier chic et ultramoderne d’Idryma, des personnes « bien sous tous rapports » commettent, sans motif apparent, des meurtres abominables. Entre pulsions prédatrices, héritage génétique et pressions politiques, l’inspecteur Gabriel Leloup et Sophia Reynart, une jeune enseignante tristement concernée par l’affaire, découvriront une vérité à même d’ébranler les certitudes des sociétés du monde entier. 
Ce thriller futuriste vous glacera les sangs. Espérons qu’il ne soit pas prophétique !

Ma lecture : 
Comment classer Les Modifiés ? Est-ce un thriller futuriste ou un bon polar, un brin violent, qui a basculé du côté de la science-fiction, aux frontières de notre réalité ? En tout cas, c'est une très bonne découverte, et un moment tellement bon, qu'il donne envie de découvrir d'autres textes de Aurélie ou/et Emmanuel Genet. 

La structure du roman et les rouages du monde et sa société suite à la découverte du Berkélium sont assez précisément décris pour rendre toute cette histoire crédible ; elle pourrait représenter notre futur. Classes sociales chamboulées et réorganisées, nouvelles villes, Etats redéfinis ... avec l'originalité de voir pour la première fois, ou presque, l'Europe en première puissance. L'enquête policière cherchant à trouver l'origine du déferlement de violence, et les cas qui pourraient être touchés, sort enfin de l'ordinaire pour deux raisons particulières : des crimes violents mis en scène (on parle ici de cannibalisme), et les suspects qui sont tous des Modifiés. Dans un quartier riche théâtre de l'action, où beaucoup de membres sont Modifiés, la terreur s'intensifie et entraine la psychose ténue (elle aurait pu être d'avantage exploitée, voire développée). Tous les Modifiés deviennent potentiellement un danger, et pour savoir qui possède un risque de devenir un meurtrier sanguinaire, il faut revenir aux origines de la Modification... dans une enquête des plus dangereuses et mystérieuses pour nos deux héros : Gabriel Leloup et Sophia Reynardt.

J'ai aimé l'inspecteur Leloup parce qu'il était unique : blasé par toutes les réformes qui ont radicalement changé son métier et ses tâches, il rêve d'un jour retrouver l'ambition et la fouge, autant que la foi en sa vocation. Un personnage entier, qui sait faire face à ses regrets et changer son attitude et le cours total de sa vie, finalement, lorsqu'ils sent que c'est nécessaire. 

Sophia est aussi un personnage adorable car complexe à sa manière : on s'imagine qu'elle sera facile à cerner, mais on voit vite qu'elle n'est pas comme on le croit : pas aussi forte, et pas aussi manipulable à la fois. Elle veut suivre ses choix, allant contre les ambitions de ses parents pour elle, afin de devenir professeur des écoles, un métier qui lui a toujours fait envie, essentiellement pour aider les enfants à apprendre, et les voir s'émerveiller lorsque vient la compréhension dans leurs "petites têtes blondes". On découvre vite sa personnalité propre et surprenante alors qu'on voit qu'elle a du mal à aller contre la société qui l'a bien formatée, durant toute son enfance...

Bref, pour terminer, vous l'aurez compris, j'ai aimé l'originalité de l'histoire et de son intrigue, mais je ne peux terminer sans rappeler un élément essentiel : l'ambiance du récit : autre que futuriste et mystérieuse, j'ai étonnamment retrouvé une douce langueur, presque une latence enivrante, dans le rythme du roman. J'avais déjà repéré cette particularité avec Avant que tout ne recommence, de Michel Nittis... Comme un grappin séducteur qui nous entraîne au tréfonds du récit, lentement, mais surement, avec douceur et suspens maîtrisés. Une belle particularité pour un bon moment, que je recommande, et qui ne laisse pas, malgré son peu de pages, un sentiment d'inachevé, loin delà...

lundi 19 août 2013

C'est Lundi que lisez-vous #19


Logo réalisé par une amie du calidoscope

Principe découvert chez Mimipouss et Pomme, il s'agit de vous faire découvrir mes lectures passées, ce que je lis actuellement, et ce que je lirai plus tard...


Depuis mon dernier C'est Lundi que lisez-vous, il y a un bon moment, puisque mon blog était en petite pause depuis le stage et l'été, j'ai quand même beaucoup lu. Surtout des avant premières
J'ai lu Projet Harmonie de Christophe Nicolas (super !), Les sentinelles du futur de Carina Rozenfield (sortie prévue le 5 septembre), Roman d'Horreur d'Arthur Ténor (sortie prévue vers le 14 septembre) et Réseau(x) de Vincent Villeminot, (sortie prévue le 27 Août), qui m'a laissée mitigée.

En ce moment
Je lis Les Modifiés d'Aurélie et Emmanuel Genet, aux éditions Sombres Rets, un très bon polar futuriste pour le moment, puis je lirai ANIMALE de Victor Dixen, que j'ai voulu savourer un peu après tous les autres blogueurs On Lit Plus Fort. Enfin, je lirai TA GEULE ! ON TOURNE de Jade-Rose Parker (actrice connue de LOL !), un premier partenariat avec les éditions Kero

lundi 21 mai 2012

Cest lundi que lisez-vous #7


Principe découvert chez Mimipouss, membre de A&M et créatrice du bloghttp://vivrenlivres.over-blog.com/, et repris par ma correspondante Pomme il s'agit d'informer la blogosphère sur les livres qu'on a lu la semaine passée, nos lectures du moment, et nos prochaines lectures de la semaine.
 La semaine dernière, j'ai bien lu comme prévu Apocalyspsis, chevalier rouge !
 Je suis actuellement plongée dans l'anthologie Histoires d'amour dirigée par Elie Darco aux éditions Sombres Rets ! J'en suis à la moitié et j'aime beaucoup ces histoires d'amour faciles à lire et pleines d'émotions !
 
 
Cette lecture sera suivie dès ce week end de  La Traque, premier tome de la série Le puits des mémoires de  Gabriel Katz  qui sortira le 18 mai aux éditions Scrinéo Jeunesse !!!  Pour ensuite continuer sur les prochaines sorties des éditions Rebelle :  Parle -moi d'amour, tu me fais rêver, d'Anna Stark, une auteur de ma région, puis La face cachée des dômes, d'Anne Feugnet !

dimanche 8 janvier 2012

Challenge perso 2012 : fin le 12 février 2012

Voici mon premier challenge perso 2012, j'ai piqué le nom de cette idée sur le blog de ma correspondante muti, car c'est une bonne description de l'organisation qui va m'occuper. c'est un sacré défi à réaliser en deux mois, et je vais essayer de faire au mieux ! Vous voulez en savoir plus ?

Le challenge Perso de Marly "ZONE FRANCHE 2012", date de fin : le 12 février 2012 ! 


Comme je l'ai dit surtout sur Facebook et au travail, je monte à Paris pour le festival de l'imaginaire littéraire Zone franche 2012, qui a lieu du 10 au 12 février 2012. Je m'y rendrai seulement le dimanche 12, l'après midi. Je logerai chez un précieux ami membre du forum A&M (encore) qui aura encore l'occasion de jouer le rôle de guide pour moi, sur place. Merci à lui !
J'espère rencontrer sur place quelques membres du forums et blogueurs littéraires que j'apprécie tout particulièrement et que j'ai hâte de voir, mais aussi les professionnels du livre qui sont sur place que je me ferai une joie de rencontrer enfin !

Ainsi donc, je ne compte pas m'y rendre sans rien savoir sur les personnes que je souhaite rencontrer et que j'admire déjà de par leur réputation. Je vais donc préparer cette rencontre en lisant ou relisant des œuvres des auteurs présents là bas... quelques titres qu'il va falloir consulter en vitesse super rapide, pour ce fameux 12 février ! 
En voici donc la liste, entre auteurs et maisons d'éditions qui m'intéressent ! 

Stephen Baxter et Pierre Bordage, des grands noms de la SF ! Je piocherai soit dans mes ebooks(les vaisseaux du temps pour le premier, et Orchéron ou Abzalon pour le second) soit dans le rayon SF de la fnac.

Laurent Généfort, un des 6 invités principaux, c'est "Mémoria" qu'il faudrait que j'aille chercher dans le rayon!

Carina Rozenfield, une des auteur préférées de Tom alias lavoixdulivre , que je découvrirai avec "Les clés de Babel" aux éditions Syros Jeunesse

Karim Berroucka, auteur de la novella "La Porte", Loic Henry auteur de "Loar", Nathalie Dau, auteur des "contes myalgiques" et Zariel, illustrateur de couvertures et du "guide la poubelle intergalactique" , tout ce beau monde aux éditions Griffe d'encre.

Céline Guillaume, auteur du "Ballet des âmes", Franck Ferric auteur de "La loi du désert", et Bloody Countess, auteur de "Coeur empoisonné", tous aux Éditions du Riez.

Marie Pavlenko, auteur du "Livre de Saskia" aux éditions Scrinéo Jeunesse sera présente sur le stand d'Ebalkin.net , les fervents défenseurs de la fantasy (uniquement le samedi 11 février).

Enfin, Cyril Carau(L'ange de Marseille, Masques de Femmes, Mystères et mauvais genres...) ,Laetitia Carau, Aurélie Wellenstein (Pouvoirs et puissance, Mystères et mauvais genres), Ombeline Duprat (Mystères et Mauvais genres), Yves-Danies Crouzet (Outre-Monde, Ananké, Histoires d'amours à paraître) et Didier Reboussin (Pouvoirs et puissance) représenteront la maison d'éditions Sombres Rets !


Vous l'aurez compris, j'ai de quoi faire jusqu'à ce fameux 12 février 2012 entre lectures et relectures ! (Sans parler des Bandes dessinées et mangas pour le boulot --') en tout cas si certains professionnels du livre où blogueurs souhaitent me rencontrer pendant mes 4 jours à Paris, ce sera avec grand plaisir, car c'est pour cela que j'y monte !!! Un évènement facebook a été créé pour l'occasion, c'est ici.

Je vous tiendrai au courant de l'évolution de tout ça, avec critiques à la clé et diffusion évidemment ! 

Et vous, quels sont vos challenges pour 2012 ???

jeudi 29 décembre 2011

Critique de Avant que tout ne recommence, de Michel Nittis.

Avant que tout ne recommence
Michel Nittis
Éditions Sombres rets


J'ai découvert Avant que tout ne recommence dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Sombres Rets, chères à mon cœur. La superbe couverture d'Elie Darco, douce et mélancolique, teintée de mystère, m'avait déjà donné envie de découvrir ce récit, mais lorsque j'ai lu le résumé, j'y ai décelé l'intrigue et la vision de l'humanité à explorer.

La première chose qui me vient en tête, c'est la surprise qui m'a prit, à cause de la différence entre le résumé et le récit en lui même. Je n'ai pas été déçue de cette différence, mais étonnée. Car l'auteur arrive à créer des attentes en nous qui sont satisfaites, mais surtout dépassées, dans un cadre et des aventures plus larges que ce qu'on pouvait imaginer.

L'histoire se passe dans un futur très éloigné, et commence sur Oasia, lointaine colonie de la terre, planète recouverte par les sables où l'eau est dangereuse et le climat fourbe. Elle fut habitée par des mineurs extrayant de ses entrailles l'isolium, nouveau matériau permettant les évolutions technologiques spectaculaires qui font, par exemple, voler les vaisseaux en gravité stabilisée. Au début du récit, les habitants de la planète la quittent, ce qui donne une vision assez prenante de la colonisation humaine des planètes : celles-ci sont utilisées au maximum, les hommes exploitant leurs ressources au maximum, puis sont abandonnées pour recommencer ailleurs, lorsque celles ci sont épuisées. On append bien vite que seuls les humains vivent dans l'univers, et que ce sont de nombreux voyages qui ont colonisé peu à peu les planètes, pour des nouveaux départs, de nouvelles civilisations, basées pourtant sur les échanges et les voyages entre différentes planètes.

Jac Mauregrande, ancien voyageur interstellaire, décide de rester seul sur Oasia, fuyant la folie des hommes et cherchant la tranquillité dans la solitude. Il découvre seul les joies de l'agriculture, de l'observation, de la réflexion et du silence. Une vie apaisée dans laquelle on arrive à se transporter. Comme Jac, on est pas impatient d'aventures, ou de rencontres. Le temps passe, comme les vents sur Oasia, et paisiblement, on accepte de vivre les aventures de Jac à leur propre allure. Cependant, ce calme quotidien est bouleversé lorsque la jeune terrienne et scientifique Nancy Beaupré débarque sur Oasia dans son étrange vaisseau basthyscaphe. Avec elle, questions et explorations animent Jac et son ami Folco, et tous trois partent à l'aventure, découvrir Hydra, le mystérieux satellite d'Oasia...

J'ai préféré la deuxième partie, la dernière frontière, à la première, les fontaines d'Oasia.
Dans la première partie, l'univers et l'atmosphère s'installent, plus que l'intrigue. Les personnages partent à l'aventure, et se découvrent eux mêmes, ainsi que le lecteur les découvre en même temps. Car le lecteur n'est pas omniscient, il explore ce futur en avançant dans l'histoire, les anecdotes sur la technologie servant de prétextes pour expliquer ce monde. Les péripéties avancent doucement mais surement. Les héros ne sont pas surpris, sur le qui vive, ou impatients. Ils laissent les évènements arriver, confiants et surs de leurs capacités pour s'en sortir. Et étrangement, le lecteur lui non plus n'est pas impatient. Il se laisse porter au rythme des eaux d'Oasia ou d'Hydra, il se laisse porter par les évènements, doucement. Conforté par la confiance de Jac, sa connaissance du monde, ses intuitions. Intrigué par la mystérieuse Nancy, ses buts, ses recherches, ses révélations. Amusé par Folco, irrité, intrigué, titillé grâce à toutes les interrogations qu'il soulève. Ému aussi par Jul le robot, attendri mais pas surpris, avenant et tendre envers lui.

Ces personnages dressent le tableau d'une histoire qui nous emporte au fil des pages, vers le dénouement d'une mystérieuse aventure, la résolution d'une question par Jac, évidemment, ce dont on ne pouvait douter dès le départ. Jac nous entraine dans son sillage, par sa présence et sa prestance.

C'est ce qui m'a fait préférer la deuxième partie, sans doute, la façon dont Jac nous emporte dans ses aventures et ses décisions. Pour moi, la première partie malgré sa taille plus importante que la deuxième n'était qu'un prologue, une manière de poser l'atmosphère, et les informations. Alors que la deuxième partie est si prenante, haletante ! On y découvre différentes castes, parmi un peuple inconnu, sur une planète neuve à nos yeux, on apprend à connaître leur société, leurs conflits, on a peur pour leur avenirs, pour leurs habitants, leurs héros...
J'ai été totalement emportée par cette deuxième partie, qui aurait mérité tellement plus ! Pour moi, il s'agissait d'un tome deux, qui aurait pu être grossi. Et pourtant, cette partie est parfaite. Telle une nouvelle, elle apporte les questions et les réponses, des portraits de personnages et de castes suffisants, une intrigue qui évolue dans l'ordre, logique, et nous entraine agréablement, rapidement, et même "amoureusement" envers cette planète et cette civilisation !
On veut le salut de ce peuple, découvrir les actants, les castes, leur avenir, les aider, vivre les péripéties qui les sauveront et les suivre au bout de l'univers !

J'aurai aimé comme beaucoup en savoir plus, sur la relation entre Nancy et Jac, mais c'est à nous de l'imaginer. Une suite à envisager, un univers où se projeter, à nous de faire vivre nos nouveaux héros. Car ils sont là haut, peut être dans un univers imaginaire, mais ils voyagent, ils vivent, ils construisent. Tout comme Jac et Nancy construiront ensemble leur avenir ?

Seul reste Jul, héros secondaire et solitaire, qui pourtant retient notre attention, attriste, et qu'on préfère oublier. Car ce n'est qu'un robot au cœur d'or, mais qui lui n'arrive pas à oublier ces humains qui réveillent en lui une nostalgie de la vie. Un doux et triste paradoxe qui laisse une touche d'amertume, mais d'espoir, lorsqu'on pense que les robots, même eux, aiment les humains plus qu'ils ne s'aiment eux mêmes.

Un livre sans aucune faute ni coquille, un travail remarquable de la part de l'équipe éditoriale, très appréciable. Une lecture douce, limitée dans les pages, mais illimitée dans l'espace. Elle nous emporte dans un univers imaginaire, ces étoiles, là haut, "et la question reste posée : irons-nous un jour?".



Avant que tout ne recommence est un de mes coups de coeur vendeur sur Fnac.com 

Critique de Mystères et Mauvais genres, anthologie des éditions Sombres rets dirigée par Elie Darco

Critique de Mystères et Mauvais genres, anthologie des éditions Sombres rets dirigée par Elie Darco



Mystères et mauvais genres, anthologie dirigée par Elie Darco.

En voyant la proposition de notre partenaire Sombres Rets, c'est avec envie que j'ai accueilli l'idée de critiquer leur nouveau recueil. Hésitant, la curiosité et le devoir m'ont décidée. Devoir de découverte, pour la maison d'édition, pour les auteurs, pour ces "mauvais genres".

Dirigée par Elie Darco, l'anthologie offre des nouvelles diverses mais puissantes, relatant chacune des épisodes avec leurs propres particularités. Mais c'est la préface d'Elie Darco, ces prémices d'un écrin mystérieux, qui a d'abord attiré mon attention. De mémoire, cette préface me rappelle un sentiment d'implication et d'envie. Faisant un bref résumé du sens commun traitant des "mauvais genres" pour revenir à, comme elle le dit si bien, l'essentiel : notre amour des livres et de la lecture, tous genres confondus. Car, ce que je retiendrai grâce à son ouverture, c'est que c'est notre sensibilité, en tant que lecteur unique, qui décide notre goût pour les livres et leurs différents genres, quels qu'ils soient, et qui fait apprécier leur beauté. Beauté cachée dont nous pouvons nous délecter à notre façon, ou sentiment tordu que nous ne parviendrons qu'à entrevoir, mais pas à comprendre... C'est cette pluralité des textes qui fait revivre en nous, lecteur, les choix qui s'imposent, et les directions de chaque auteur, que nous décidons de suivre, ou non, mais que nous lisons toujours avec ardeur...
La préface d'Elie Darco m'a touché et m'a rappelé l'essentiel. Le choix qui s'offre à nous, tel un cadeau, d'apprécier ou non les textes, selon notre propre ressenti... Une idée parfaitement placée dans la structure du livre, et qui a participé, pour ma part, telle une clé, à m'ouvrir ce précieux écrin...

Quand l'inconnu s'invite dans le quotidien...

Cette première partie laisse à penser que la surprise sera le mot d'ordre pour tous ces récits, et l'élément principal qu'on retrouvera, une surprise dans plusieurs domaines sans doute, se dit-on en découvrant ce chapitre. Surprise dans l'écriture, dans les thèmes, les personnages, ou bien les revirement de situation ? Autant de possibilités qui s'offrent à nous et aux auteurs ... Des personnages étonnants tout d'abord avec la première nouvelle, Latombe victime professionnelle, écrite par Guillaume Suzanne. La violence et le langage des gangsters nous font penser à premier abord que nous voilà embarqués dans une histoire sordide d'enlèvement, de guerre entre clans ennemis ou de règlement de comptes, mais la donne semble s'inverser lorsque c'est la victime qui prend le contrôle des opérations, mène à la baguette ses ravisseurs, les manipule et se joue d'eux... La fin quant à elle laisse entrevoir de grandes possibilités dans le monde du crime et de l'arnaque pour les compères qui s'attaqueront à de biens plus dangereuses proies... Un récit frappant et net, écrit tel une scène de téléfilm, entre action et humour, loin d'une médiocrité, un talent se révèle dans le jeu entre les hommes et l'ingénieux humour du héros. Un Sherlok Holmes à la sauce fantastique, tel la dernière réalisation de Guy Ritchie en 2009 qui redonna un coup de jeune à ce héros poussiéreux ! C'est à cette ruse et cet humour que j'ai pensé en découvrant les tours et détours de Latombe...

Alors qu'avec Le marchand de secrets, de P.R. Tohril, on entre dans une atmosphère proche d'un fantastique "ado", retrouvé dans les univers de glauque et d'épouvante mêlés à la bit-lit et autres sous genres d'urban Fantasy... J'ai pensé à ces mondes, car l'atmosphère intimiste de la nouvelle rappelle les romances dans des mondes fantastiques, mêlés aux bêtes démoniaques, vampires, loups garous et autres monstres amoureux ... Ici, sentiment et douceur sont racontés par un démon, un être surnaturel, le voleur de secrets... Poursuivant une jeune fille à qui il doit dérober ses plus intimes réflexions, c'est finalement lui qui est poursuivi par l'image de la belle... Des sentiments doux mais troublants l'imprègnent, et la question en revient à elle, à savoir qui habite ses pensées amoureuses, si elle ressent la présence de l'intriguant et discret voleur, comme nous semblons le croire. C'est encore un revirement de situation final qui va surprendre le lecteur, après avoir découvert l'univers des enfers, les supplices et les vices démoniaques... Mais pour ma part, c'est le trouble dans lequel se trouve le personnage principal qui m'a surprise. Car nous suivons un homme amoureux qui lui même suit une jeune femme amoureuse... Une intime parade dans laquelle nous sommes invités à prendre part, discrètement mais aussi amoureusement. Une valse des sentiments provoquée par une seule mystérieuse belle, responsable de tourments amoureux prenant des plus insensibles lecteurs aux confins des enfers...

Changement radical avec La mélodie du malheur de Michaël Moslonka ! Indécise et choquée, je me demande encore où était le but de l'opération. Surprendre le lecteur à tel point qu'il soit à deux doigts d'envoyer valser l'anthologie ?! Cette nouvelle m'a répugnée, dégoutée ! J'ai détesté ! Elle m'inspire encore en y pensant des sentiments de dégoût et de répugnance si forts que je pourrais en faire des cauchemars sur fond musical de cette horrible mélodie du malheur ! Mais j'ose penser que l'opération tendait peut-être à faire ressentir ces sentiments au lecteur, ou bien d'autres s'y rapprochant ! Car l'histoire commence de façon presque agréable et mystérieuse, entre réincarnations symboliques de Dieu et Satan, du bien et du mal, et joie de vivre et de découvrir d'une attachante fillette surdouée, mais vire complètement avec l'arrivée dans le récit d'actants plus dérangés les uns que les autres ! Cette atmosphère débordant de glauque et de gore n'est absolument pas mon type ! Crée par des visions d'horreurs en tous genres, des situations impensables et des descriptions épouvantables, l'ambiance du récit me provoque encore des frissons à y repenser ! Je n'ai pas apprécié cette lecture, étant bien trop effrayée par tous ces éléments, et je suis passée à côté de nombreuses paraboles mythologiques et spirituelles se référant aux personnages, bons ou mauvais, en action ! De toute manière, si j'avais essayé de comprendre certains sens cachés ou voulus, j'en aurai fait des cauchemars, je me connais ! Et pourtant je ne suis absolument pas réticente aux films de zombies ou d'épouvante, mais lire ainsi des descriptions retraçant de façon si réelle une atmosphère glauque et renversante... de réalité, c'est trop pour moi ! Mais je félicite l'auteur qui a su instaurer une atmosphère absolument horrible et repoussante, telle qu'elle devait englober le récit ! Je conseille aussi ce genre de nouvelle à ceux qui veulent être surpris par une écriture absorbante d'une fantastique et épouvante réalité ... J'espère laisser grande part au mystère et à votre envie, et vous inciter à vous lancer... tant que vous avez l'estomac accroché !

Avec Les larmes du poète, de Gabriel Féraud, on croirait tomber dans la poésie, comme l'indique le titre, et la douceur envoutante d'un voyage... Mais c'est la "banale" excursion d'un exorciste, ou démoniste, dans un manoir, pour en libérer l'esprit qui le hante, que nous découvrons. J'ai trouvé la nouvelle un peu plate, ne sortant pas tellement de l'ordinaire, car nous sommes déjà tellement habitués à ce genre d'histoire ! L'inconnu pourrait se tenir ici dans la façon de l'hôte à s'accoutumer à l'esprit qui le hante, à décider de l'affronter et d'insérer le fantastique dans sa vie ... Et l'originalité dans la nature particulière de l'esprit, de son histoire et de sa tristesse, que chacun découvrira et appréciera à sa façon, grâce à une écriture portée sur l'humanité et ses réactions face au surnaturel, plutôt que les éléments étranges et diaboliques, les descriptions qui les serviraient ou une fin se révélant dans l'extraordinaire.

Retour à "notre réalité" dans La flaque à côté de l'arrêt de bus de Christophe Nicolas. Une véritable bouffée d'oxygène et de malice pour moi ! J'ai adoré ce petit bijou, ce récit relatant véritablement l'inconnu s'invitant dans notre quotidien ! Cet homme qui voit un noyé dans une flaque d'eau et qui tente de résoudre ce mystère ! Ces personnes qui l'entourent et qui observent, allant de spéculations en spéculations, le rejoignant, effectuant des tentatives pour comprendre à leur tour... Nous voilà plongé dans le merveilleux avec la nouvelle de Christophe Nicholas ! Personne ne s'étonne de voir une flaque si profonde, un pied dépasser du sol, tant de mystères et de possibilités fantastiques déversés par une si petite flaque d'eau aux reflets envoutants ! Un véritable petit conte entrainant à lire et à découvrir, qu'il convient d'apprécier de faire passer ! Que je lirai à mes enfants, à n'importe quel cercle littéraire ... Car la nouvelle n'est pas à lire en s'interrogeant sur son sens, c'est un simple conte, entrainant les personnages autant que les lecteurs, tous ébahis par ses miracles !

En quête de vérité...

Loin d'un conte merveilleux, la nouvelle de Bruno Grange, Le corail d'Altawyris, instaure son propre monde fantastique, ses propres lois, ses propres personnages et intrigues. Nous suivons le détective Lafcadio Hans, à la recherche de ce fameux corail, interrogeant et fouinant. À mon goût, dans cette simple aventure, le talent de l'auteur se révèle en différents points : la création d'un univers fantastique avec ses caractéristiques, sans failles et attractif, et la description du pouvoir du corail. Un chant sensé provoquer une ivresse inimaginable, un océan de souvenirs, tel un magnifique et parfait "patronus", enveloppant de sa bonté et sa douceur. L'aventure polardesque de Lafcadio Hans est rondement menée, le détective jouant d'intelligence, de subtilité et de ruse, un homme extraordinaire penchant du vieil Hercule Poirot, un brin dépoussiéré !

Je n'ai pas beaucoup aimé la nouvelle de Sébastien Ruche, En l'honneur d'Emily, n'étant, comme je l'ai dit, peu réceptive aux scènes de violence et de règlements de comptes. Et pour le narrateur, c'est une véritable vendetta, une odyssée qu'il s'impose, souhaitant brutaliser, tuer et éliminer afin de venger la seule personne dont il se souvient : Emily. Car le narrateur a perdu la mémoire et au lieu de chercher en lui les réponses, il semble ne tenir en vie que pour avoir sa revanche sur les personnes qui l'ont torturé, et qui, selon lui, ont fait de même avec la jeune femme, seule motivation qui l'anime. L'écriture entraine dans une ambiance froide et sombre, rappelant le douloureux et froid contact du bitume ou du carrelage, de ternes caches pour un lutteur acharné et haletant, que nous suivons dans sa quête de meurtre plus que de vérité. Une remarque enfin sur la fin, que j'avais anticipée et qui était peut-être donc un peu facile... Mais tout de même agréable à découvrir, de la façon dont elle est écrite, avec ses implications et ses conséquences !

La brigade des enquêtranges de Lucie Chenu, avec ses CTP et ses outils fantastiques, dans un récit court et efficace, entraine le lecteur à sa suite pour ses aventures. Encore un monde très bien imaginé, qu'on a envie de connaître d'avantage. Car les enquêtranges ont leurs particularités, bien loin de Julie Lescault mais dans la même verve que les experts, mais experts du fantastiques pour leur part. Le texte peut donner à voir des passages compliqués, mais imaginer la totalité des détails de concepts nouveaux car tenant du fantastique et de la science fiction est difficile dans si peu de lignes. On approuve d'autant plus ces recherches grâce au mélange original des mondes de science fiction et de fantastique, illustrés par des appareils futuristes et des créatures mythologiques bien connues de nos bestiaires les plus anciens.

Coup de folie grâce à Aurélie Wellenstein et son récit Vade retro Satanas ! que j'ai aussi adoré ! Une histoire hilarante, avec des personnages principaux attachants et surprenants, qui vivent leur aventure en rencontre avec d'autres personnages tous aussi attachants car complètement déglingués pour tous offrir des rebondissements sympathiques et surprenants qui satisferont jeunes et moins jeunes. Ce coté fantastique mais drôle, un mélange de complicité humaine et canine, les déboires d'une jeune fille cinglée, un esprit qui hante la maison de façon sournoise et toutes les conséquences sont autant de choses qui m'ont plus dans ce récit poilant et bien trop vite lu ! À quand les prochaines aventures de Samuel Beaufils et Creepy ?!

Encore une histoire sombre pour David Osmay et son inspecteur dans L'inspecteur Bernère contre la mort, un récit où l'auteur à su poser les bases, dans pourtant peu de pages, à un monde bouleversant et drôle malgré le sinistre de ses particularités. En effet dans son monde se côtoient les croyants en Dieu, en la vie, et les croyant en Mortisse, la mort, ou plutôt sa réincarnation, une flopée de zombie ou d'humains souhaitant le devenir... Des dingues que nous ne comprenons pas, mais là n'est pas le but du récit ! Grâce à ces étranges personnages, on est pris dans l'intrigue et son contexte, on a les éléments pour apprécier les différents personnages. Un inspecteur rusé secondé par un adjoint incapable forment le duo principal et nous guide pour apprécier les recoins hasardeux et douteux de ces étranges cultes à la mort et à la zombification dont on se prend à rire. Une bonne dose d'humour noir sur un fond d'enquête policière grâce à ces zombies et autres prêtres glauques. Une originalité qui donne envie d'en découvrir plus, d'imaginer d'autres aventures dans cet univers dérangé !

Une bonne surprise de plus avec Pandémonium City de Anne Goulard ! Un monde si bien décrit, avec ses particularités et ses originalités qui en font son intérêt : des elfes, des nécromanciens, des morts qui revivent, des nobles opposés aux pauvres, tout cela sur une trame de magie et de surprises ! Lorsqu'on découvre le nécromancien Léopold, on apprécie le personnage, ses pensées et la quête qu'il entreprend pour découvrir qui a tué son collègue qui était occupé à... invoquer une créature ! Qu'est-ce qui a mal tourné? Qui avait intérêt à lui faire du mal ? Qui seront les suspects parmi tous ces étranges personnages humains, ou bien moins ... ? Autant de questions qui se posent à la lecture de ce récit, qui se fait de façon très agréable et rapide, fluide, entrainante, à la suite des pas de la belle et séduisante Ornella et de ses mystères qui intriguent jusqu'au plus sérieux des nécromanciens ! Que le récit continue avec d'autres aventures, et d'autres personnages, ne m'aurait pas dérangé, et c'est avec plaisir que j'aimerai découvrir un roman reprenant les mêmes éléments, vraiment plaisants, de cette nouvelle !

Ces témoignages qui font l'histoire...

Bienvenue dans la parcelle de souvenirs, la pierre à un édifice de légendes, la participation d'un auteur à un contenu fantastique déjà si dense... L'auteur saura-t-il nous surprendre malgré ce que nous connaissons déjà ? C'est évident avec la première nouvelle de ce dernier chapitre, L'âme damnée du Yeun de Arnaud Cabanne ! Épouvante et frissons nous emportent dans ce récit raconté par un des protagonistes à ses compagnons. Voici revisitée la légende l'Ankou. Mythe ou réalité, la mort ici vient chercher un second, une âme noire et insensible qui perpétue des meurtres sans la moindre culpabilité, sans raison et sans but, nous voilà sur les traces ensanglantés des victimes du jeune Erwan, enfant inoffensif et sans histoire d'un orphelinat, ayant disparu après le massacre de ses camarades. Un conte terrifiant à raconter sous la tente ou au coin du feu, une histoire à faire passer, perdurer et vivre, vivre comme la peur de la mort qui survit, autant que cette peur des esprits noirs et incompréhensibles d'âmes qui nous terrifient et nous terrorisent... Une angoisse dans l'insensible parfaitement relatée.

La mort est aussi très présente dans la nouvelle de Richard Mesplède Quinte Flush. Un desperado est recherché par des chasseurs de primes mais échappe à tous ses attaquants de façon plus surprenantes les unes que les autres ! Et la dernière, et la fin... magistrale ! Un coup de cœur pour l'idée de cette nouvelle, renversante ! Il fallait l'oser, décrire l'Ouest, un pays tel le Mexique ou l'Amérique, pendant le Far West. Un héros à l'accent insupportable et désagréable à lire, un saloon, une ambiance de sable et de poussière et enfin des actants étranges, si radicalement opposés qu'on se demande d'où ils sortent... Et on finira par l'apprendre ! En résumé, une imagination débordante qui occupe l'esprit et sert le bluff ... "Poker-face" comme on dit là-bas, un visage impassible du dur à cuir, le joueur qui gagne grâce à la douceur de son esprit, la simple envolée de ses idées vers des histoires, de belles histoires, qui paraissent réelles et qui nous entrainent nous aussi ... Tel l'auteur qui imagine sa diégèse ! Chapeau bas ...

Nous voilà presque arrivés au terme avec Samba Luna de Ombeline Duprat, pour public averti ! Mise en scène d'images sexuelles déroutantes pour servir une trame fantastique... Et pourtant ! En suivant François, 40 ans, parmi le carnaval de Salvador, où les bronzés ne sont couverts que par d'insignifiants vêtements, bouts de tissu dévoilant plus qu'ils ne cachent les désirs des âmes au travers le frisson des corps en chaleur, recherchant à assouvir le plaisir de la chair... Une ambiance chaude et endiablée, lourde et suave dans laquelle nous croirions être ! En rencontrant Luna, ce sont de véritables scènes érotiques que les deux protagonistes offrent malgré eux ... Mais quelle agréable surprise de voir comme l'auteur revisite le mythe d'une créature si connue de nous tous, un être fantastique inspirant la crainte et le fantasme qui ici prend un sacré coup de jeune. Une vraie réécriture d'une figure vieille comme le monde ! Et quel plaisir aussi de retrouver la femme, dominatrice, puissante, mais toujours tendre ...

Une note tendre retrouvée et amplifiée dans l'ultime nouvelle, Un homme fort de Cyril Carau. Ici le narrateur, prénommé Cyril, personnage fictif (ou bien réel, ambassadeur alors d'un récit autobiographique ?) relate la confession de son grand père, ou plutôt padre, comme on dit là bas, chez nous, pas si loin, dans le sud... Une confession transcrite de façon authentique et vraie, poignante. Entre guerre et paix, sang et amour, on ne sait sur quel pied danser. On a du mal tout d'abord à découvrir ces personnes, dures messagères de la réalité de la guerre, violentes et assassines, que nous devons suivre et tenter de connaître... Mais lorsque l'amitié s'immisce, ainsi que l'amour, dans ce monde de violence et de perte de soi, on est prit dans un véritable contraste. On découvre que grâce aux sentiments purs tels que l'amitié et l'amour, les hommes de sang se cherchent aussi et se retrouvent, pour enfin devenir eux-mêmes, s'assumer, vouloir vivre, enfin. Et la fin de la nouvelle est comme un choc dans la poitrine. Elle nous laisse vide et souffrant, comme le sont les personnages. Ainsi elle transmet les sentiments de ceux-ci, et nous voilà, prisonniers, à peu de chose de verser la fameuse larme...
Une douloureuse note finale qui tend pourtant à rappeler l'importance des sentiments purs et ce qu'ils savent provoquer en nous. Ainsi, la voilà, notre propre sensibilité, touchée au vif.
Comme le voulait notre guide.

Je finirais par ajouter que j'ai remarqué un véritable fil conducteur suivi par Elie Darco, responsable judicieux des choix décidés dans l'ordre des nouvelles qui implique et entraine l'affection qu'on a pour elles, et surtout le voyage qu'on apprécie de faire, et de partager, parmi ces mystères, grâce au forum et aux éditions Sombres Rets. Alors merci à Cyril, à Elie et aux auteurs, qui m'ont fait rêver et découvrir bien des univers surprenants de talents...

Mystères et mauvais genres fait partie de mes coups de cœur vendeur sur Fnac.com !

Lien vers la page du livre sur le site de l'éditeur :
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