jeudi 2 mai 2013

Critique Proie Idéale, Charlotte Bousquet

Critique Proie Idéale
Charlotte Bousquet
Rageot Thriller


Cam et Ljuba découvrent que leur amie Morgane a disparu après avoir rejoint un certaint photographe, qui devait lui faire un book pour commencer sa carrière de mannequin... Elles décident d'enquêter seules, sans en parler à la police, déjà blasée par le fait de faire des recherches concernant une fille en foyer pour adolescents en difficulté. Ce qu'elles vont découvrir sera des extraits de la part sombre de notre société : drogue, réseau de prostitution, immigration, déviances d'internet... 


Ljuba est la première à laquelle je pense, à l'idée d'écrire sur Proie Idéale. C'est un personnage formidable. Elle est très bien décrite physiquement et moralement, c'est LE personnage principal, malgré l'alternance des voix et des points de vue. Comme on lit ses pensées, on peut facilement la visualiser, l'imaginer vivante, en face de nous. Elle est très différente de Cam, le deuxième personnage principal ... Celle-ci est très difficile à visualiser, à imaginer, et il est presque impossible de s'identifier à elle. C'est un personnage moins consistant que Ljuba. J'ai trouvé ce flou et cette inégalité entre les deux personnages assez dommage.
Morgane, elle, est l'ado frivole, aux rêves de grandeur et de gloire, peut être superficielle ... (On ne peut le savoir car on a trop peu ses pensées !) C'est aussi celle qui adulée par Cam et d'autres personnages, on suppose donc qu'elle a une personnalité forte et attirante. C'est la jeune fille qu'on peut tous avoir dans son entourage, pour laquelle on n'a pas besoin de visuel.

Le foyer d'accueil de ces mineurs en difficulté est un lieu original pour situer l'action, il donne une dimension hors du commun, mais pourtant tellement actuelle et française !C'est un contexte que je n'ai, à mon échelle, jamais rencontré dans mes lectures. Tous les jeunes qui y habitent pourraient être des stéréotypes mais au contraire ce sont des personnages, des jeunes, originaux et tous intéressants de par leur personnalité qu'on aimerait découvrir d'avantage.

Dans le récit de Charlotte Bousquet, l'intrigue n'est pas très recherchée, mais elle montre justement un danger qui peut menacer tout le monde, menacer tous les ados en quête de célébrité, ces proies idéales... Mais le plus poignant dans cette histoire, c'est que ce ne sont pas n'importe quelles ados, mais celles qui n'auraient pas eu d'aide si elles en avaient demandé : exclues de la société, personne ne les croirai ...

Ce thriller est au final moyennement haletant, il impose un rythme plus doux (comme pour Le dernier ours et ses légendes), avec moins de suspens et de danger immédiat sur les personnages. Mais il interpelle sur ce qui pourrait nous arriver, ou ce qui se passe dans l'ombre de notre société.
Rageot Thriller marque encore avec ce récit terrifiant le panorama littéraire avec un thriller ancré dans l'actualité, incitant à vivre l'aventure du réel. 

Ma note : 4/5

dimanche 28 avril 2013

Critique La dernière Lame, d'Estelle Faye

Critique Partenariat
La Dernière Lame
Estelle Faye
Collection Pandore - Le Pré aux Clercs
Sur le site de l'éditeurSur Babelio
Ma note : 2/5 ♦ 451 pages ♦ 16€

Résumé éditeur : 
Jadis, le monde a connu un Age d'Or, enchanté par la magie. Mais à présent il est presque entièrement recouvert par les eaux où grouillent méduses, murènes mangeuses de chair et Léviathans d'ombre.

Vorastburg est l'une des rares cités à ne pas être encore submergée. Ses habitants sombrent dans la folie en attendant la fin. Parmi le chaos ambiant, Joad tente d'apaiser les souffrances.

Cet ancien combattant aguerri sait que l'Armée des Cendres va déferler sur la ville, avec à sa tête la belle Marie aux yeux verts. Joad et la redoutable guerrière apprennent que des êtres sublimes demeurent aux confins de l'océan, capables de mettre fin aux souffrances.
Ils s'engagent alors dans une course dont l'enjeu est le sort du monde.

De la fantasy épique dans la plus pure tradition du genre, une superbe écriture au service de personnages forts, à la psychologie travaillée. Un monde envahi par les océans, très original et extrêmement construit.

Ma lecture : Je suis ressortie un peu mitigée de cette lecture. Je ne m'attendais pas à un écrit étonnant, car je savais que j'allais tomber dans un monde "proche de notre Renaissance", qui n'aurait pas des éléments prêts à me surprendre dès les première pages. Mon impression générale sera au final malheureusement plutôt négative, puisque en lisant ce livre... je me suis ennuyée. 

La narration était lente, vraiment trop lente, et elle ne me captivait pas, alors que le choix d'écrire à un tel rythme était juste : cette lenteur était une parfaite représentation de la crue qui monte au fil des ans, et engloutit le monde. 
Malgré cette lenteur dans le texte, les années, dans l'histoire, passaient trop vite ! Même si cela était nécessaire pour faire avancer toutes les étapes de cette longue histoire, les personnages étaient au final peu affectés par le temps, juste au minimum pour respecter la vraisemblance. Ce temps empêchait aussi de les découvrir et a fait ressortir leur manque de consistance. 

Les personnages secondaires étaient les plus intéressants, ils auraient gagné à avoir plus de place dans le récit, quitte à en prendre un peu aux descriptions, trop lentes et nombreuses pour du young adult. D'ailleurs, on ne retrouve pas les codes du genre, ici ils sont totalement bafoués ! Le héros ou l'héroïne ne vivent pas de romance, et ne sont pas en devenir, en transformation ... Faut-il penser que ces caractéristiques concernent le monde tout entier, qui lui est en destruction, en voie de disparition pour devenir autre chose ? Une idée qui en ferait définitivement une oeuvre à part et qui justifierait certains choix... 

Concernant ce monde, j'ai aimé les descriptions des changements dans le comportement des animaux et leur évolution : de spécimens normaux et probables, ils deviennent des créatures surnaturelles étranges... Même si l'utilisation de la magie était peu osée et décrite dans le roman, grâce à ces créatures, j'ai vraiment aimé ce petit côté surnaturel. Pour la partie terrifiante, les prêtres, les façonneurs, le métal disparaissant et l'Ombre, cette force maléfique, faisaient vraiment bien leur boulot. Mystérieux et redoutés. 

Malheureusement certains personnages n'ont été qu'effleurés et oubliés (Julian occupe une bonne partie du récit pour connaître une étrange fin...) et le point qui m'a le plus déçue sera aussi celui qui m'a le plus ravie : Marie. J'ai adoré Marie des cendres, cette terrible guerrière. C'est un très bon personnage, noir, complexe... J'ai aimé la suivre, en apprendre plus sur ses souvenirs, savoir comment elle évoluait et elle pensait, ce qui la poussait à agir de cette manière... Tout en elle m'a semblé sonner juste, du début à la fin. Quel dommage alors de la quitter de cette manière, alors qu'elle a été le seul vrai personnage principal tout au long de ce périple !!!! Cet au revoir n'aurai pas été à la hauteur du personnage selon moi ... 

En bref, le personnage de Joad ne m'a pas emballée, alors que Marie m'a passionnée. Les côtés surnaturels, bien que très intéressants et mystérieux, ont été trop peu effleurés pour satisfaire ma curiosité et mon envie d'en savoir plus sur ce monde. Mais cette crue, et cette avancée, se sont déroulés de façon vraiment, vraiment trop lente. Il n'y a pas eu assez de péripéties pour contrer ce côté lent de l'histoire, pour me réveiller et attiser mon envie de lire. 

Cependant, je reste curieuse de lire autre chose d'Estelle Faye, me demandant si cette auteur écrit toujours de cette façon, que je n'ai, au final, pas détesté, c'est juste très différent de ce que je lis habituellement, moins rythmé, alors qu'elle a visiblement de vraies bonnes idées pour construire un univers de Fantasy.

lundi 8 avril 2013

Critique La décision, Isabelle Panzadopoulos


Critique La Décision
Isabelle Panzadopoulos
Gallimard Jeunesse - Scripto

Le sujet de La décision est un sujet difficile. Un sujet qui prend aux tripes, au coeur, fait réfléchir, et même s'il ne m'a pas tiré de larmes, il est loin de m'avoir laissée de marbre. La construction du livre est très originale, et elle peut dérouter, parce que l'auteur y aborde le déni de grossesse sous des angles inattendus. C'est ce que j'ai préféré. Le côté : que sommes nous vraiment face à ce fait ? Comment réagit la société ? 

Que sommes nous, particulièrement, parce que ce qui déroute en premier, c'est que l'auteur choisit de ne pas commencer par montrer le point de vue de Louise, cette jeune fille qui accouche d'un coup, dans les toilettes de son lycée, terrorisée, durant plusieurs chapitres.Choix très judicieux à mes yeux, Isabelle Pandazopolous a d'abord montré la vision des camarades, parents, aides soignant, psychologues, professeurs... Jusqu'à ce que Louise se calme, et qu'elle comprenne ce qui lui est arrivé. On respire avec elle, assimilant les données de façon mécaniques, comme des éléments d'une enquête et d'un mystère, qui viennent s'imbriquer pour exposer les faits : Louise a accouché d'un petit garçon, alors qu'elle ne savait pas être enceinte, et qu'elle n'a jamais eu de rapports sexuels. 
Pendant plusieurs chapitres, où les points de vue s'alternent, les changements de personnages sont appuyés en plus par le mode d'énonciation et d'écriture, changeant avec la façon de penser du personnage. Tout en sentiments pour les camarades de Louise, en interrogations, et déni, aussi, pour les parents, en doutes et appréhension pour lesprofessionnels... et en panique, pour la jeune fille. Tous ces styles narratifs uniques rendent efficacement compte des changements de voix et de personnalités. 
Dès les premiers pages, on sait ce qui va se passer, l'arrivée de ce bébé, alors on attend le point de vue de Louise... et c'est là qu'on est déçu, frustré, de ne pas l'avoir tout de suite ! Au final, cette manière de faire est une bonne surprise. Comme une bombe à retardement. Ce qu'est la boule de nerfs endoloris que sera Louise, celle qui n'y croira pas, pendant très, très longtemps. A la présence de cet enfant. Et au fait qu'elle est mère. Le style à virgules, où les mots se chevauchent, se succèdent, se bousculent, rend compte au mieux des pensées survoltées de cette ado paniquée. 
J'ai plus que tout aimé voir les réactions des professionnels entourant Louise : équipe du samu, directeur du lycée, professeur, psychologues, assistante sociale, infirmière... Toutes leurs réactions semblent vraies, et justes. Ne vous attendez pas à voir des personnes extraordinaires, des parents idéalisés. Il n'en existe finalement que peu dans notre société ! Ici, comme nous le serions, malgré les préparations, les formations... les personnages, - les personnes, tellement elles semblent vraies ! - sont perdus, et désorientés, surement comme cela doit se passer tous les jours... Ce qui les rend, eux, et le texte, très juste. 
Toutes les émotions des jeunes, surtout de Louise, alternées avec les côtés "enquête" du récit, pour savoir qui est le père de l'enfant, et comment elle a pu tomber enceinte, m'ontcomplètement retournée. J'étais pendue aux pages, et voulais continuer. Pour tout savoir, vite, comment réagiraient tous les protagonistes, que déciderait Louise, qu'allait devenir le bébé, et qui était le père... Faire une pause dans ma lecture fut difficile  mais réparateur. Car La décision marque. Et touche. Ça m'a rendu accro
J'explique le fait d'avoir été si touchée parce que l'auteur travaille avec des adolescents qui ont subi des traumatismes. Elle a su retranscrire avec justesse, et de façon parfois brute aussi, les émotions qu'elle devait imaginer que ressentaient les parents, les adolescents victimes, les pros, pour montrer ce qui passe en réalité. Ce qu'elle a vu, sans doute. 
La décision est un récit fictionnel. Mais il aurait pu être un témoignage. Une leçon. Le livre nous amène à nous poser la question : que ferions nous, en tant que proche d'une victime ? Ou de personnel encadrant ? 
La société, avec ses solutions, donne-t-elle seulement les réponses aux questions déterminantes des victimes du déni ? 


Je conseille à tous ce livre percutant. Peu cher, il peut être lu, offert, partagé... Comme un témoignage. Une tranche de vie. Qui retourne et émeut le temps des 250pages. Le titre est parfaitement bien choisi. Les évènements, plus compliqués que ce qu'on pourrait tous imaginer. Plongez vous dans un mystère et un tourbillon de sentiments, sur fond d'un thème de société trop peu abordé... 
Et partagez votre expérience ! 

Ma note : 4.5

mercredi 20 mars 2013

Critiques Les Lumières du Zenith

Critique Partenariat Mort Sûre
Les Lumières du Zenith 
Amelia Sarry 
Editions Amalathée



J'avais eu envie de découvrir Les lumières du Zenith grâce à Mort Sûre parce qu'il était extrêmement bien noté sur plusieurs sites de librairies. Malheureusement, je pense que ceux qui ont mis de si bonnes notes n'avaient pas lu les mêmes "classiques" de la Fantasy que moi...

Sahana est une jeune fille aux pouvoirs étranges : elle peut manipuler le feu et elle a un don de télépathie qu'elle partage avec un félin qui l'accompagne. C'est un félin, mais il appartient à une autre race que les tigres (même s'il y a un tigre sur la couverture). C'est une race imaginaire, mais on ne sait pas pour autant la différence avec nos tigres. En tout cas ils vivent tous les deux en marge de la société depuis presque 10 ans à chasser pour survivre, et n'aller que très rarement en ville pour faire des achats. De plus, l'amitié entre la jeune fille et le félin, et la beauté époustouflante de la jeune fille attirent tous les regards sur eux... 


On découvre très vite qu'un élément a été volé : l'air. Les éléments seraient représentés par des objets physiques et depuis que l'air a été volé, les bateaux et les moulins, sans vent, ne peuvent plus fonctionner. 
Après avoir provoqué une mort accidentelle à cause de son pouvoir, Sahana est emmenée par un serviteur de l'empire dans un long périple pour sauver le roi et toute une société dont elle n'a rien à faire. Dès lors, elle doit apprendre à se maîtriser lors de ses rencontres avec ce qui l'insupporte : la noblesse... Heureusement, Maiko le félin est à ses côtés. 

Je n'ai pas rappelé la quatrième de couverture, car elle est assez trompeuse. Elle promet "un monde à son commencement", un "périlleux voyage", des "complots", "des traîtrises", "où l'équité n'a plus lieu"... Des éléments seulement effleurés et à peine abordés dans ce premier tome mais qui n'ont pas été assez utilisés pour , à mon sens, mériter de résumer en particulier ce premier tome. J'ai trouvé qu'il y avait trop de pages pour ce qui résume à une très grosse balade, dans laquelle l'action est peut présente et l'intrigue avance presque nullement. 

Heureusement, on se plait dans ce récit et son univers. On lit la totalité du roman avec plaisir et on lit pour plus que l'intrigue principale (un peu trop légère), plutôt pour découvrir cet univers intéressant. 
S'il n'y avait pas autant de légèreté, ou de manque d'approfondissement, ma lecture m'aurait d'avantage convaincue, les dialogues, eux, étant particulièrement pertinents. Les nombreux noms et rôles des personnages (certaines étant de la famille de Sahana) se confondent aussi à force des retournements de situation et il devient vite dur de s'y retrouver.
L'enfance de Sahana dans les bois parait impossible alors que la population a une opinion inattendue d'elle, son physique trop parfait évite bien des descriptions, trop peur détaillés concernant les vêtements... autant d'éléments qui auraient gagné à être exploités. Alors qu'au contraire, les descriptions des bâtiments et des lieux sont étonnantes, impressionnantes et ... fabuleuses ! Ce sont celles qui m'ont semblé mettre le plus en valeur le talent d'écriture d'Amélia Sarry. 

Les gros atouts de cette histoire sont l'apparition de passages parlant d'un moine, bien écrits et intéressants, même si c'est dommage qu'ils provoquent trop d'attente et qu'on ne sache pas une seconde dans le tome 1 où veut en venir l'auteur, et le lien entre Maïko, le félin, et Sahana. Un lien qui survit à quelques épreuves et se renforce toujours au fil du temps. Dommage cependant qu'il soit pas assez développé, tout comme la peut être histoire d'amour vaguement naissante, de la jeune fille. 

Pour résumer mon impression, comme je l'ai dit au début de mon avis, ce pavé m'a semblé être beaucoup de palabres entre les personnages pour finalement peu de choses (et un intrigue bien trop simple), ce qui laisse penser que ce ne sont que les prémices de futurs intrigues, à peine commencées, méritant d'être intelligemment développées dans les tomes suivants. Avec, évidemment, la jolie écriture de cette auteur. J'espère cependant que celle-ci saura mettre plus d'action dans autant de pages. 

Cette lecture m'a semblé dès le début avoir beaucoup de rapports, trop proches, avec la série "La Moïra" d'Henri Loevenbruck, ce qui m'a longtemps trotté dans la tête pendant ma lecture. J'ai cependant essayé de ne pas penser à cet élément pour décrire ce que j'ai ressenti en lisant, et surtout en refermant le livre, après beaucoup de temps passé sur un livre si dense.


Ma notre : 3/5

dimanche 17 mars 2013

Rédemption, Karim Moktari et Charlie Carle

Babelio masse critique
Rédemption
Karim Moktari, Charlie Carle
Editions Scrinéo 


Carton plein. Impossible de mettre moins de 5/5 pour ce livre racontant une vraie histoire, le témoignage d'une enfance maltraitée, d'un séjour en prison entre violence et repentir, débouchant sur une réinsertion sociale, familiale et psychologique de ce messager de la vie. Représentant de Dieu, peut être, pour cet homme croyant, représentant, pour moi, de la vie, et du courage. De la volonté, de la force, de la persévérance et de la main tendue. Allez vous la prendre ? La tendre à votre tour ? Ou bien la mordre...

Karim est un enfant né d'un mariage mixte entre deux cultures : origine française et origine arabe. La peau marquée par cette appartenance, il ne saura pourtant pas, pendant des années, l'histoire de ses origines... Avant d'arriver à se construire. Ou se reconstruire. 
Car Karim fut d'abord un enfant battu par une mère et un beau père cruels et dépassés, avant de vivre une adolescence dans la délinquance. Alors que le vol et les punitions étaient omniprésentes dans sa vie, c'est pour subvenir aux besoins de sa famille autant que pour l'acte dangereux et illégal qu'il va braquer un jeune dealer. 
Un crime qui les envoie, lui et ses deux compères, en prison pendant des années. Dès lors, commence une description de la vie en prison, des différents établissement dans les années 2000, des procédures judiciaires et de la cohabitation avec d'autres détenus parfois plus dangereux, mais surtout avec ceux, souvent  bienveillants et exemplaires... Après une prise de conscience, grâce en partie à la religion, mais surtout à ses rencontres, Karim commence un travail de réinsertion, alors même qu'il est encore en prison, avant de commencer son travail, personnel, de rédemption. 

La partie II, très différente de la première, donne enfin une impression de second souffle, comme celui de Karim qui peut vivre à nouveau, puisqu'il parle de sa vie lorsqu'il retourne, en liberté conditionnelle, dans la société. Dès lors, débute sa vie de travail solidaire, puis de formateur et de médiateur auprès des jeunes en difficulté d'insertion. On sait peu de choses sur sa nouvelle vie de père et mari, mais finalement, ces éléments privés ne serviraient pas au mieux son message, celui d'un message d'avenir et de solidarité pour les jeunes, et tous les hommes, en marge du "droit chemin".

Ce roman est servi idéalement par l'écriture de Charlie Carle, qui a utilisé un talent certain pour retranscrire au mieux ces pans de la vie de Karim, en gardant son esprit, sa personnalité et surtout sa voix dans la retranscription, pour nous, lecteurs, de son aventure. Un étonnant et impressionnant travail d'équipe. 
Un livre pour tous. 

MOT DE PASSE : ENFANT

Ma note : 5/5

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