vendredi 9 août 2013

Silence de Benoit Sévérac

Silence
Benoit Sévérac
Syros - Rat Noir

Ma note : 4/5 ♦ 160 pages ♦ 13€ 

Résumé éditeur : 
Un faux pas. Une vie qui dérape. Et, tout à coup, le silence. Un roman de Benoît Séverac touchant et terriblement juste, qui fait prendre conscience au lecteur des méfaits de la drogue à travers une histoire très singulière.
Jules revient tout doucement à lui dans la chambre d'hôpital où il est soigné. Il n'entend plus. Les vertiges et les maux de tête qu'il ressent l'empêchent de réaliser tout ce que cela implique. Dans le silence avec lequel il va devoir apprendre à vivre, il reconstitue peu à peu la succession des événements qui l'ont conduit là. Pour être en paix avec lui-même, doit-il parler ou se taire ?

Ma lecture :
Avec Silence, j'ai découvert un très bon court roman-société sur le handicap et la drogue, qui décrivait assez bien, pour les adolescents, le fonctionnement d'un réseau de dealers qui pourrait être parmi nous, parmi les jeunes.
Mais c'est aussi un roman sur amitié et la remise en question, traitant de la frivolité d'un amour de jeunesse, la solidarité des proches inattendus(profs, parents, sœur, cousine...) ou les rapports d'amitié discrets entre copains. La grande part donnée à l'amitié, vue, par une fois, du côté des garçons, met en valeur les sentiments de proximité qui sont à peine effleurés, dans les non-dits, provoquant des doutes, des incertitudes et des suppositions. On retrouve, enfin, la vision intéressante et inédite d'un handicap peu abordé : la surdité. 

En y réfléchissant... dans quel livre en avons-nous entendu parler ? Pense-t-on souvent que la surdité peut influer l'oreille interne et donc l'équilibre ? Savons-nous des éléments sur la rééducation ? Non, surement, mais grâce à ce petit livre, Silence, nous allons en apprendre plus sur tous ces éléments. 
C'est un joli plaisir, une instruction intéressante et surement nécessaire pour mieux comprendre notre entourage, et des personnes pouvant vivre une situation similaire. 

Des Textes et récits touchants, qui sont peut être prétextes à une critique de la société, mais celle-ci passe si bien auprès de notre cœur durant cette lecture, qui apprend, simplement, les risques des travers de notre société : classes sociales, jeunes et leur univers, dealers, non dits, mensonges et duplicité... et surtout, un ouvrage matière à un avertissement aux mots parfaitement maîtrisés. Silence est à découvrir pour et à faire lire aux ados comme un message autant de prescription, que de tolérance.

jeudi 8 août 2013

Critique RSVP d'Helen Warner

RSVP
Helen Warner
Milady Romance
Ma note : 4/5 ♦ 504 pages ♦ 7,90€
Résumé éditeur :
Quatre femmes. Un mariage. Une journée qui va changer leur vie. 

Anna, Clare et Ella se retrouvent au mariage de Rachel et Toby. Il est l’ex d’Anna, qui voyait en lui l’homme de sa vie. Tandis que Rachel est confrontée à ses doutes, Anna a le coeur brisé et hésite à se rendre à la cérémonie. Clare, sa meilleure amie, la convainc d’affronter cette épreuve pour enfin tourner la page. Quant à Ella, elle compte bien saisir cette occasion de séduire le seul homme qui lui ait jamais résisté.
Leurs destins, chamboulés, vont se croiser, se défaire et se refaire.

Ma lecture :
En commençant RSVP, je ne pensais pas passer un si bon moment et m'attacher autant aux personnages de ce petit roman plein de sentiments, et de rebondissements. En le lisant, j'ai eu l'impression de voir un bon téléfilm, grâce à une écriture cinématographique, présentée par épisodes successifs, où nous découvrons les différentes femmes, Anna, Clare, Ella et Rachel d'après des moments focalisés sur leurs vies à chacune. L'histoire pourrait donc être un téléfilm, mais avec des acteurs remarquables, beaux, pétillants sincères et enthousiastes... On comprend très vite, dès le début, qu'il y a eu un problème entre Anna et Toby, un très lourd secret qui a brisé leur passé. Au début, on est très frustré de ne pas savoir quel est le problème, mais après avoir eu très envie de le savoir, et avoir fait monté l'impatience, enfin, les flashbacks commencent... Judicieusement placés et pensés, ils nous ramènent, entre les temps de narration et les préparatifs de mariage, vers le passé de l'ancien couple, pour nous raconter le lourd secret qui les a séparé.

Même les lieux, décrits de façon précise, renforcent l'impression de téléfilm, car ils sont très différents, et ont tous une âme. L'appartement d'Anna et Clare est doux et chaleureux, montrant vraiment les meilleurs côtés de la colocation, alors que chez Rachel on reconnait l'appartement peut être plus grand et plus impersonnel... Les églises sont très mignonnes et romantiques, la maison de la mère d'Anna cosy à souhait et si pleine d'amour... contrairement à la maison d'Ella, disproportionnée, comme son ego, et ses erreurs...

Dans ce roman où tous les destins se croisent et se décroisent, chaque problème majeur de la vie est abordé : le rapport aux parents et à la famille, l'amour, l'engagement, les enfants, le pouvoir, le travail, la quête d'un but ou d'une identité ... Tous les aspects de la vie sont abordés dans ce petit roman, grâce à tous ses personnages haut en couleur et très différents !

Chaque personnage est justement décrit, avec toutes ses forces et ses faiblesses, nous permettant ainsi de choisir nos préférés.
Anna est sensible, elle passe par toutes les nuances des sentiments, c'est notre héroïne... Clare, sa colocataire est plus sérieuse et moins accro au grand amour, ni fleur bleue, c'est elle qui a la tête sur les épaules. Rachel est un coup la méchante, un coup la gentille, alors que rien n'est de sa faute... Et enfin Ella, la garce de première, qui en vient à nous surprendre avec tout ce qui lui arrive de dingue ! Les hommes sont clairement les personnages secondaires : ce sont eux qui commettent les erreurs et provoquent les catastrophes, en réitérant les erreurs de leurs propres pères. Toby, James, Marco et Max vont passer par plusieurs phases... avant de trouver leur destinée.

Heureusement, on évite des tas de clichés, et le récit est très moderne ! Grâce aux termes sérieux abordés (le fait d'avoir un enfant, de se marier, vivre ensemble, travailler ensemble après une rupture....) et au thème du couple "homme d'origine riche" contre "femme d'origine d'un milieu modeste" qui n'est JAMAIS reporté aux clichés à la Roméo et Juliette. On sait qu'il y a ces différences de milieu, mais on parle jamais, ou presque, et enfin, on peut respirer sans ce "problème" qui vient s’immiscer sans arrêt pour tout justifier dans l'histoire !

En résumé, j'ai assisté à un très bon film, mené avec des rebondissement haletants et surprenants, placés aux bons moments. Mon seul bémol est pour la fin, un peu trop précipitée, qui aurait méritée un temps de pause, ou un épilogue, pour nous laisse le temps de dire au revoir aux personnages avec qui on a tissé des liens au long de ces 500 pages. Je recommande à toutes les amatrices de romance cette histoire très bien menée, moderne, girly et entraînante.

mardi 6 août 2013

Critique Au sortir de l'ombre de Syven

Au sortir de l'ombre
Syven
Editions du Riez
Ma note : 3/5 ♦ 450 pages ♦ 22,90€

Résumé éditeur : 
Londres, 1889. La guilde d’Ae protège les aethrynes depuis des siècles pour qu’elles se consacrent à leur tâche : garder piégés dans leur ombre de sinistres monstres avides de massacre, les gothans. Lorsque la secte des némésis s’attaque à ces prêtresses, l’organisation est ébranlée par la traîtrise de plusieurs agents d’importance. Les traqueurs William, Christopher et Heinrich, qui sont chargés de la protection de lady Eileen pour une nuit, n’imaginent pas les enjeux de la chasse dont ils feront bientôt l’objet. Mais dans l’ombre d’Eileen, attentif, « Il » sait ce qui est sur le point de se jouer.

Ma lecture :
J'étais assez curieuse de découvrir le livre de Syven, depuis sa sortie. Je ne savais pas "qui" était l'auteure mais la couverture et le résumé m'attiraient. Les mois ont passé, et j'ai enfin pu avoir l'occasion de découvrir ce livre qui n'avait pas quitté ma Wish List. 

Je n'ai malheureusement pas été aussi emballée que je le pensais, parce que j'ai mis presque 3 semaines à le lire, par manque d'impatience (et d'envie), ce qui est.... énorme. Presque digne d'une panne de lecture ! Je savais que la noirceur du roman n'était pas exactement mon style de prédilection, mais j'ai adoré La maison de Londres, de Lydie Blaizot, et Le secret de l'immortelle, d'Alma Katsu, qui ressemblent, ils me semblent, puisqu'ils décrivent un univers sombre et complexe, faits de magie et de complots. 

Lorsqu'on découvre le récit, il est difficile de s'attacher aux personnages, nombreux, et peu avenants, surtout concernant Lady Eileen. Cependant la guilde d'Ae est intéressante, avec ses rouages, sa complexité et les différentes fonctions proposés à ses membres : on voit sa construction complexe avec la formation, les agents, les traqueurs, les prêtresses... J'ai aimé découvrir son fonctionnement, même sa compréhension était difficile à cause des multiples personnages, aux statuts différents, et des complots, dont ils faisaient parfois (souvent) partie... L'idée d'une Guilde où la force est donnée aux femmes est une idée qui marche toujours ! Difficile de ne pas y voir un effet d'échos à d'autres récits (Une célèbre chasseuse de vampires... et son conseil d'observateurs, hein !) mais Ae semble être plus complexe : on entrevoit dans la deuxième partie les jeunes prêtresses aspirantes et leurs professeurs, par exemple. 

J'ai aimé l'idée du Gothan : cette créature du chaos qui vit prisonnière dans l'ombre de la prêtresse aethryne. Le Gothan est terrifiant, il peut faire ressentir ses émotions et sa colère à la prêtresse, mais influe aussi sur son environnement en instillant la morosité parmi les personnes que croise la jeune femme. Enfermé dans son ombre et par sa volonté, cela la force à être forte afin de le retenir, et on semble entrevoir un supplice qui est une grande partie de l'enjeu du livre. Cette idée, autour du Gothan, je l'ai trouvée intéressante et innovante, mais trop dur à visualiser : on comprend plus ou moins que la créature est prisonnière et meurtrière, que le seuil est important (entre ombre et lumière, jour et nuit...) mais tous ces éléments sont difficilement expliqués, ce qui implique à faire des suppositions et, à vrai dire, je ne suis pas sure d'avoir très bien cernés les pouvoirs du Gothan, au final... Et ces suppositions m'ont gênée tout au long de ma lecture, car elles m'ont empêchée de comprendre pleinement ce que je lisais, et d'être plongée dans le récit, à cent pour cent.

Heureusement j'ai beaucoup aimé William, visiblement construit pour être apprécié : enfin un dresseur et ami des animaux dans un roman... Un nouveau type de héros qui n'est pas négligeable ! Il m'a semblé être le seul actif dans le trio de traqueurs, où William et Heinrich sont entre errance et papillonnage... J'ai trouvé que tous deux n'évoluaient pas et n'étaient pas surprenants. Et le récit, basé encore une fois sur un modèle de fuite perpétuelle de la part des héros, ne m'a pas laissé le temps de souffler et d'en apprendre plus, posément, et clairement, sur les héros et leur univers, ni sur les lieux qu'ils visitaient... Pourtant cette époque avait un tel potentiel ! Que j'ai visiblement raté.

Au final, ma petite déception est impliquée surtout par des goûts et des impressions personnels : je relève la qualité d'écriture de Syven et son imagination fantastique, mais je regrette sa mise en place trop sibylline. Le roman était sans doute trop noir et abstrait pour moi ... avec sans doute un manque de présence féminine. Indispensable durant mes lectures, il me faut une personnalité forte à qui m'attacher, et Lady Eileen, trop froide et stoïque, rarement faible ou révélant ses failles, n'as pas été mon amie pour cela ! Toutes les femmes, ici, sont dures, hautaines et calculatrices, je n'ai pas trouvé qu'elles aidaient l'intrigue qu'une quelconque façon. Je regrette sincèrement de ne pas avoir réussi à rentrer dans le récit et de m'être trop souvent ennuyée, j'ai l'impression d'être passé à côté de quelque chose de plutôt bon, que j'ai effleuré dans le style et l'écriture, mais pas dans l'univers. Et c'est là que j'ai envie de dire, pour la première fois dans une chronique... chacun ses goûts !

lundi 5 août 2013

Critique Once Upon a Time d'Odette Beane

Once Upon a Time
Odette Beane
Michel Lafon
Ma note : 2/5 ♦ 344 pages ♦ 16,95€ 

Résumé éditeur : 
Il existe une ville dans le Maine où tous les personnages des contes de notre enfance sont piégés entre deux mondes. Ils sont sous l’emprise d’une terrible malédiction lancée par la Méchante Reine. Un enfant connaît les secrets de ce sortilège : Henry. Pour lui, seule Emma, sa mère biologique qui l’a abandonné à sa naissance, peut les libérer.

Lorsque Henry la retrouve et lui annonce qu’elle est la fille de Blanche Neige et du Prince Charmant, Emma est sous le choc. Elle ne veut pas de lien avec ce fils qu’elle n’a pas désiré, pourtant Henry semble avoir sérieusement besoin d’aide... Inquiète, elle décide alors de le ramener chez lui à Storybrook, où elle rencontre des gens étranges. Surtout Regina, la mère adoptive d’Henry. Emma comprend vite qu’il règne là-bas une atmosphère trop bizarre pour être vraiment réelle.

Ma lecture :
Cette lecture me laisse perplexe : elle m'a profondément agacée, mais m'a tout de même donnée envie de voir la série. Pour en savoir plus, mais surtout, pour comprendre... 

Je n'ai encore jamais vu un seul épisode de la série dont est tiré ce roman (ou cette "novellisation") mais j'ai lu auparavant dans des avis des fans qu'ils avaient parfois trouvé que le livre n'était pas adapté, c'est à dire qu'il laissait des incompréhensions, et n'offrait pas de bonus complémentaires à ceux ci, qui pourraient compléter leur intérêt. Je suis plutôt d'accord avec cet avis, puisque j'ai trouvé que ce roman ne conviendrait pas à des personnes n'ayant pas vu la série (non plus). En effet, malgré un univers assez dépeint (de manière grossière) pour intéresser une personne comme moi, n'y connaissant rien à la série, les personnages et les rouages de l'intrigue m'ont maintes fois laissée trop interrogative, et sur ma faim. De ce fait, je n'ai pas compris qui était le lecteur ciblé. Est-ce un lecteur lambda, qui souhaite se laisser porter par un univers, sans adorer ses personnages ? Puisqu'apparemment, il plaira peu aux fans, parfois frustrés, et que moyennement aux non connaisseurs de la série, lâchés en pleine incompréhension. 

Je relève néanmoins que j'ai envie de voir la série télévisée, de la découvrir, afin de comprendre les passages qui m'ont paru illogiques et les réactions des personnages très inattendues. 

J'espère ne pas spoiler le texte en relevant quelques étrangetés à mon goût : le fait qu'Emma croit quelques fois à l'histoire d'Henry, et quelques fois non (elle brûle les pages d'un livre en disant clairement qu'elle a compris l'enjeu de celles ci, et à aucun moment on ne revient sur ce point de l'intrigue... ?), les sauts chronologiques parfois non indiqués d'une page à l'autre (un symbole peut être présent, mais peut aussi ne pas l'être, cela peut survenir sans espace ou saut de ligne, surtout à la fin de l'oeuvre.) m'ont laissée dubitative et dans le flou. 

Les réactions des personnages m'ont semblé plates et creuses, rébarbatives mais néanmoins changeantes : des surnoms et éléments apparaissent violemment et sans explications ("La" bague, Mère-grand, Jiminy...) et je n'ai pas aimé Emma, l'héroïne, qui avait un humour ennuyeux et des pensées souvent larmoyantes, sa passivité m'ont ennuyée, ainsi que son hésitation : elle semblait parfois avoir la foi (en Henry, et en la malédiction) et parfois non... 

Concernant le style de "l'auteure" je suis loin d'avoir rencontrée une plume appréciable et touchante : de nombreux passages descriptifs pour des actions inutiles à décrire étaient en trop (toucher l'épaule, le bras, embrasser sur la joie, pousser "un petit cri"...)( "pousser un petit cri" étant une occurrence apparaissant presque dix fois, pour décrire des tas d'émotions différentes, montrant peut être un manque de richesse de vocabulaire du côté auteure... ou traducteur !), j'ai fini par penser que cette profusion de descriptions passives et ennuyeuses enlevait toute part aux sentiments dans ce récit : on ne pouvait les ressentir et les imaginer comme avec une plume experte(ou talentueuse) du roman. Les seuls moments d'émotion étaient plutôt des introspections qui ne paraissaient pas du tout logiques, ou trop creuses : comme en retrait et causant de simples constats.

Les éléments, comme dit précédemment, qui sont apportés de manière assez brute au texte, renforcent néanmoins l'immersion et la superposition des deux mondes différents : celui du présent et celui de la magie, du monde des contes qui est maudit. Cependant, on se perd aussi trop vite dans cette superposition, à cause des soudains changements de narration (chronologies et mondes) qui sont peu précis et mal amenés. Ce mélange de narration et cette immersion subite dans le mélange des deux temps m'ont fortement dérangée et empêchée de m'y retrouver plusieurs fois.

Enfin, je souhaite conclure en rappelant que je n'ai jamais vu la série, et que donc plusieurs choses m'ont parues complètement incongrues. Je n'ai pas aimé Emma, volage et passive à la fois, mais Régina et Pinocchio m'ont intriguée, surtout que leur rôle vient à changer et se révéler si vite ! Heureusement, l'histoire en elle-même, la trame, m'a intéressée et m'a rendu curieuse d'en savoir plus et de comprendre cet univers. J'aimerai voir le début de cette série, le pilote, pour voir si j'accroche avec le personnage d'Emma, mais j'ai des doutes, et ce n'est pas devenu une envie prioritaire dictée par la découverte du livre.

dimanche 4 août 2013

Critique La fille seule dans le vestiaire des garçons d'Hubert Ben Kemoun

La fille seule dans le vestiaire des garçons
Hubert Ben Kemoun
Flammarion
Ma note : 5/5 ♦ 217 pages ♦ 13€

Résumé éditeur : 
Marion est une adolescente qui vit avec un petit frère étonnant (incapable de se taire mais apte à tenir plusieurs sujets de conversation simultanément) et sa mère. Son père les a abandonnés brutalement, laissant une famille désœuvrée, une ex-épouse branchée à son site de rencontres et des enfants en manque de repère. Au collège, Marion est étiquetée "Intello". Bonne élève de 3e, sérieuse, passionnée par la musique, joueuse de guitare, chanteuse et compositrice. Relativement isolée, sa vie amoureuse est aussi désertique que celle de sa mère est mouvementée.
Enzo, beau gosse populaire dans l'établissement, s'amuse à la draguer. Marion reste froide à ses provocations. Mais un jour, à la fin des cours, les choses dérapent. Enzo dépasse les bornes, Marion se défend et écorne à la fois l'image et l'entrejambe de l'adolescent. A partir de là, une escalade commence. De basses vengeance en règlement de compte, les choses dégénèrent.

Ma lecture :
Dans la veine de Cruelles ou La liste, La fille seule dans le vestiaire des garçons est un roman proche du témoignage tant il fait part d'une réalité. A l'écriture incisive et percutante, il révèle les dessous de la vie au collège ou au lycée. C'est une claque incroyable.

Percutante, c'est ce qui désigne au mieux le souvenir de ma lecture. C'est comme si mon souffle avait été volé, suspendu, durant cette découverte, comme si je m'étais sentie aussi seule et blessée que Marion. Evidemment, et heureusement, j'ai pu, à la fin, respirer... 

Voilà une lecture-avertissement à faire lire par les profs, les parents, les ados. Mais aussi par tous. C'est une lecture-coup de poing à vivre intensément, pour laquelle il faut se préparer, ou tout simplement être prévenu. Comme les ados à l'orée du collège, finalement... Il faut s'armer, prêt à souffrir, ressentir, et surtout vivre (survivre?). On vit comme eux. Comme Marion. C'est un poignant et douloureux coup de coeur. 

Marion, une ado douée, parolière et chanteuse hors pair, mais si seule ! Timide et pourtant farouche, blessée par l'absence d'un père fugueur, elle n'a pas pas su se faire (assez) d'amis pour couler des jours heureux dans sa scolarité. Alors lorsque des garçons s'en prennent à elle pour la taquiner, elle est vite meurtrie comme tous nous le serions.... Et c'est la descente aux enfers qui se profile. Sans rappel, sans fin. 

Mais nous, aurions nous l'idée de nous venger comme elle va le faire ? Comment aurions nous réagi face à une situation qui vient à dégénérer, si vite, et dangereusement ... ? Comment affronterions-nous un quotidien devenant si terrifiant? Je vous laisse penser à tous ces ados qui vivent, tous les jours, quelque part, une situation similaire durant leur scolarité : des brimades empirant... Allant jusqu'où ? 

Rencontrer Marion, c'est vivre à nouveau le collège à ses côtés, et être confronté à un monde qu'on avait complètement oublié. Grâce aux mots d'Hubert Ben Kemoun on le ressent à nouveau. On est touché, étonné, exténué... Les larmes ne sont pas loin, et on souffre de tous les coups reçu par l'héroïne. 

C'est évidemment un énorme coup de coeur, 100 fois plus vrai, réaliste et poignant que tout ce que j'ai pu lire sur les difficultés qui peuvent être vécues au quotidien au collège ou au lycée. Un livre à lire pour ne pas rester lâche et ignorant, pour savoir.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...