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jeudi 13 novembre 2014

Réseaux, tome 2, de Vincent Villeminot

Réseaux 
Tome 2 
Vincent Villeminot
Ma note : 5/5 ♦ 368 pages ♦ 16,90

Résumé éditeur : 
La guerre se poursuit, sur le web et dans le monde réel.
Sur les réseaux, tout le monde pensait connaître Nada#1. Tout le monde suivait, espionnait, redoutait Nada#1. Aujourd'hui, Son Altesse Anarchiste Sérénissime est en prison et l'armée des Clowns Noirs est sans tête.
Les polices européennes vont-elles enfin pouvoir respirer ? Rien n'est moins sûr : un mystérieux Nada#2 fait son apparition et annonce un chaos d'un genre nouveau...

Ma lecture :
A la fin du premier tome, que j'avais trouvé compliqué et dense, mais très prenant et innovant, je n'avais pas ressenti un fort besoin d'avoir une suite. Néanmoins, en commençant le volume 2, on découvre qu'il reste énormément de questions sans réponses, et surtout d'âmes perdues parmi les personnages. On peut penser que cette suite tentera de répondre à ces deux lacunes, avec une efficacité latente et percutante... comme toujours avec Nada#1.

Contrairement à notre ressenti face à l'aspect dense et nébuleux du premier tome, cette suite ne nous perds pas, grâce à l'intrigue principale que l'on connait déjà et surtout le rôle de guides qu'endossent les personnages principaux. Une nouvelle fois, Justine et Kowacks furent mes guides, pour ma part, pour comprendre l'aventure et avoir très envie de savoir la suite de l'histoire, pleine d'action sous jacente et de mystères. Cette fois-ci, connaissant tous les personnages, tous nous intéressent et nous donnent envie d'en apprendre d'avantage. Les points de vue alternants sont plus compréhensibles et deviennent efficacement des pièces ajoutées au puzzle que représente le mystère monté par Nada#2, successeur de Nada#1. Fini le sentiment de frustration face à l'opacité massive du premier opus, cette fois-ci on veut en savoir plus et surtout, le texte nous donne les réponses qu'on espère, au compte gouttes, distillées adroitement.

Nos personnages voient leurs vies évoluer : parfois elles prennent un autre tournant, parfois elles continuent simplement. Quoiqu'il en soit on apprécie surtout d'assister au point final de leur destin concernant cette histoire tourmentée. Tous vrais et crédibles, ils vivent une quête comme le lecteur et ne trouvent pas les réponses à leur questions facilement. Nos héros doivent fouiller pour les découvrir et on remarque le talent de l'auteur quand on est surpris de ne pas avoir deviné correctement la fin des aventures de tel ou tel personnage, le dénouement d'un mystère ou les réactions d'une partie. Les révélations s'enchaînent aussi vite que les surprises et l'effet est toujours fort et prenant.

Dans le premier tome, Vincent Villeminot nous avait montré qu'il savait construire un récit déconstruit, dans lequel toutes les parties s'imbriquent parfaitement après une réflexion nécessaire. Avec ce deuxième volume, cette capacité de maîtrise du récit et de ses plus infimes éléments, ou indices dans l'intrigue, se confirme! Les étapes sont une nouvelle fois logiques, la chronologie respectée et les indices discrètement suggérés.
Concernant le célébrissime César Diaz, sur lequel Réseau(x) repose pour beaucoup, on le voit évoluer lui aussi en nous surprenant et confirmant à la fois sur sa personnalité. Son petit frère, Téo, nouveau maître du PIFR saura nous surprendre et nous épater par ses mystères, garantissant, comme son frère, une solide continuité dans le récit et la fibre de Réseau(x), toujours en efficacité latente. Qui distille peu à peu les réponses...
Enfin, on peut penser que chaque personnage est enfin à sa place dans ce second tome, et Sixie qui avait été négligée, on peut penser, dans le premier, reprend ici un rôle adéquat par rapport aux enjeux. Elle est nécessaire et supplémentaire à la fois...  Ainsi, on apprécie même de la redécouvrir et de l'apprécier pour ce qu'elle est vraiment, loin du virtuel et de son image sur les réseaux... Un changement nécessaire pour lequel il aura été nécessaire à notre jeune héroïne de se déconnecter. Une passe logique, au final.

La fin quand à elle restera malheureusement, et heureusement, sujette à l'interprétation de tous. Etonnante et un brin folle, inattendue, elle sera l'instigatrice de nombre d'hypothèses et de conclusions personnelles inhérentes aux lecteurs. Un joyeux et léger "indignez-vous", qui invite à prendre à notre tour les armes, nous révolter, de manière pacifiste mais active, légère mais grave, folle mais sensée ... Pour dire, nous aussi, que nous pouvons nous révolter, penser, être, vivre, malgré nos entraves. Telle sera mon interprétation !

Vous l'aurez compris, j'ai vraiment aimé ce tome 2 de Réseau(x), je l'ai même préféré au premier et lu bien plus vite, plus entraînée et plus passionnée par l'histoire de nos personnages. Les informations sur l'intrigue n'ont été que très maigres pour vous laisser découvrir par vous mêmes la suite, et surtout la fin, des aventures des Nadas. A vous de vous régaler, de vibrer, mais surtout d'être dérangés par les questionnement que posent cette intrigue hyper contemporaine !

samedi 7 septembre 2013

Réseau(x) de Vincent Villeminot

Réseau(x)
Vincent Villeminot
Nathan Jeunesse
Réseaux_Vincent Villeminot
Ma note : 4/5 ♦ 448 pages ♦ 16,50
Sortie prévue le 12 Septembre 
La page Facebook de Réseaux(x) pour échanger avec l'auteur sur votre lecture

Résumé éditeur :
La guerre est déclenchée, sur le web et dans le monde réel. 

Sur les réseaux chacun pensait connaître chacun. Chacun surveillait, espionnait, aimait chacun. Mais désormais, trois guerres sont déclenchées, sur le web et dans le monde réel. Et Sixie est l’enjeu, le butin, le gibier de tous les combattants

Ma lecture :
Voici un ouvrage qui ne m'a pas laissée indifférente. Je me serai bien battue contre lui, avant de me battre à aux côtés de ses personnages. Je ne sais toujours pas sur quel pied danser avec César Diaz, qui me manque un peu, je dois le dire. Ce personnage central du récit aura pris tellement de place durant ma lecture qu'une fois le livre refermé, ça fait bizarre de se retrouver sans lui. Mais, alors que j'ai eu tant de mal à accrocher, et que j'ai quelques défauts à lui reprocher, comment en suis-je arriver à le regretter ?

Il est dit que Réseau(x) est un livre Jeunesse à lire dès 14 ans. Mais pour ma part, je l'ai trouvé trop difficile pour cet âge et pour la catégorie Jeunesse, à cause de sa construction hors norme. La structure m'a semblé trop opaque, et le récit trop mixte pour être classé dans un seul genre, l'intrigue se rapprochant trop du polar, ou thriller, pour être de la jeunesse. 

Ce récit hybride et complexe entraîne une certaine opacité et empêche, longtemps, de rentrer à l'intérieur et d'enfin apprécier sa lecture. Il m'a fallu me battre un bon moment pour adhérer ! Pour ma part, ce qui m'a permis d'enfin entrer dans le récit, mon lapin blanc dans le terrier d'Alice, se furent Justine et son père, Abel Fanelli, mais aussi l'inspecteur stagiaire Kovacs. Enfin ces côtés enquête & policier me permettaient d'aborder le récit d'après un autre point de vue : en menant mon enquête à mon tour. Je n'ai plus cherché qui est Sixie et son intérêt (finalement discutable), mais quel rapport il y avait entre Sxie, César Diaz, le PIFR, et les terroristes... Bref, le rapport, aussi, et évidemment, entre les différents narrateurs et leurs modes de narration très particulier (Tchat privé, mail, résumé de rêve, élément sur le sommaire des rêves ou des nuits, rapport de police, communiqué de presse, récit...) Autant de formes différentes qui font l'originalité de l'oeuvre, mais aussi sa difficulté : il faut arriver à percer ses barrières, s'accrocher à un personnage ou deux et enfin devenir accro à l'intrigue... 

J'ai moyennement apprécié cette vision de nouveaux gouvernements (ou une direction suite à certains décrets dans l'avenir), les guerres entre les lycées et, très vite, l'arrivée des terroristes. Dans l'intrigue, étudiants en colère et terroristes sont mystérieusement mêlés, pour semer le doute, et j'ai trouvé cette assimilation bien trop dangereuse : que veut-on nous dire? Est-ce pour renforcer la provocation créée pour faire peur aux personnages par Diaz... et la faire ressentir aux lecteurs ? Un côté méta-truc réfléchi, pour faire ressentir l'ambiance et le malairs? Zut, je n'avais pas vu cet aspect en lisant... Je remonte ma note. J'adore ce genre de travail littéraire : travailler la forme pour que la forme n'en soit que plus réussie. Ici l'ambiance est oppressante et tout est dérangeant. Mais, c'est un point important dans l'intrigue... Effet réussi. 
Je digresse, revenons au principal. (Même si cette digression m'a fait découvrir un point sacrément positif ! Comme quoi, dans cette lecture, il faut tomber bien des barrières pour savourer... son souvenir !) 

Sixie fut loin d'être le personnage auquel je m'attendais. Vu qu'elle est sensée être "l'enjeu" de tous, je ne m'attendais pas à ce rôle. J'ai douloureusement retenu trop de poins étranges (au sujet des prémonitions ...) finalement peu exploités qui m'ont un peu trop laissée dans le flou (parfait pour un tome 2?) alors que d'autres personnages étaient bien plus intenses (quelle différence !) et intéressants. Comme Justine, que j'adore, ou Alice, ou Fanelli, ou bien surtout... César Diaz ! 

Incroyable grand méchant à la limite de la schizophrénie : drôle et terrifiant à la fois, fascinant (lui et l'attraction qu'il a sur ses fans... ou plutôt ses suiveurs !), tant que cela en devient terrifiant, de voir à quel point il commence à nous fasciner, nous, lecteurs ! J'ai tellement aimé ce personnage, ses manières et sa singularité que je me surprend à penser souvent, intérieurement, "Nada#1 likes that" ! ( Au secours, la schizophrénie n'est pas loin ! ). César est un excellent personnage, omniprésent et angoissant. Mais surtout surprenant ! 

Pour finir, j'ajouterai que le titre, Réseau(x) n'est peut être pas idéal au premier abord : on parle plus du DKB (la plateforme de partage des rêves) que des autres plateformes. J'ai même trouvé qu'à force, cette plateforme ne devenait plus très utile niveau communication, alors qu'elle était sensée avoir remplacé Facebook. Heureusement, très vite, d'autres plateformes ont pris leur importance : les mails, les tchats privés, les forums... Le réseau, ce n'est pas forcément la plateforme internet, c'est aussi le rapport entre les gens. La connivence. Cette connivence, souvent insoupçonnée, qui fait tout dans ce récit. 

En résumé, ce qui m'a le plus dérangée dans cette lecture, ce sont les différents modes de narration, avec trop de points de vue et de flous, qui même s'ils se présentent très vite comme les pièces complémentaires d'un même puzzle, ne sont pas compréhensibles lors d'une bonne première moitié du livre, si on ne fait pas le gros effort de s'accrocher. Mais finalement, j'aime être dérangée. Et j'ai eu des personnages préférés. En y repensant, même si ce n'est pas un excellent souvenir, c'était surtout une lecture forte. Et donc, une lecture-expérience inoubliable. 

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