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jeudi 17 octobre 2013

Le jeudi c'est jeu livresque #8

Le Jeudi c'est Jeu Livresque ! 
L'idée vient de chez Lothfleur, de Secret Forbidden World, et de copine Mélisande (enfin, moi, je ne les dissocie pas sur ce coup ! ). Pour fêter l'idée, elles avaient trouvé un jeu qui durerait sur 8 semaines, qu'elles ont finalement prolongé. Moi, je ne l'ai commencé que la semaine dernière. Peut-être que je ferai les précédentes parties, à l'envers, dans les semaines qui viennent ? 

Semaine "normalement" 20 : La chronique la plus dure à écrire

La chronique que j'ai eu le plus de mal à rédiger fut celle du deuxième tome du Livre de Saskia, écrit par Marie Pavlenko. Ce fut (encore une fois pour cette série) un coup de coeur, et un tome qui mettait en avant beaucoup de points et surtout, de changements. J'ai ressenti beaucoup d'émotions et j'avais énormément de choses à dire. Je voulais ne pas desservir le livre et arriver à retranscrire mes émotions au mieux, tout en montrant que c'était un coup de coeur .... J'avais très peur de ne pas y arriver.

A montrer toutes mes émotions. Mon coup de coeur. Montrer toutes ces petites choses si fortes que j'ai vues, sans spoiler le contenu, ou aller à contre sens de, peut être, ce que voulait dire l'auteure.
Finalement, je me suis servie des mails que j'avais envoyé à l'auteure, avec mon avis, en privé, en exclu, sur ce tome 2, en toute intimité, et surtout humanité (Marie, tu me comprendra !).
Ça m'a enfin débloquée et aidé à rédiger ma chronique ! Par étapes, en reprenant ce que j'avais tant tenue  à lui dire et ce que je voulais surtout partager avec les lecteurs de mon blogs, mais aussi de toutes les plateformes où j'ai diffusé mon avis : ce si grand coup de coeur pour Saskia.

Merci d'avoir lu cette aventure ♥ 

mercredi 9 octobre 2013

La BD ou le manga du mercredi : Enfer bleu de Chika Shiina

La BD ou le manga du mercredi #3
Enfer Bleu
Chika Shiina
Panini mangas
3 tomes parus au Japon : série terminée

Résumé éditeur : 
Suite au décès de ses parents, Mana est adoptée par des amis de sa famille qui ont déjà trois enfants : Kakeru, plus âgé que Mana, et les jumeaux, Riku et Yu. On peut penser que dans son malheur, la petite Mana a de la chance puisqu’elle retrouve un foyer aimant. Pourtant Mana souffre. Elle vit dans la peur d'être violentée, physiquement et psychologiquement par l’aîné de la fratrie. En effet, Kakeru le gentil garçon, Kakeru l’attentionné, le beau Kakeru… est un tortionnaire et un tyran sans pitié, à qui elle veut échapper. Mais comment faire ? Qui peut la croire ? Si elle parlait, elle deviendrait coupable en jetant le discrédit sur ceux qui l'ont accueilli généreusement. Elle semble à jamais prisonnière de cet amour malsain, jusqu’à ce qu’Akihiro, un garçon amoureux d’elle, découvre son terrible secret.

Ma lecture : 
J'ai vu des bons avis sur ce manga : mais quelle horreur ! On dit qu'il "pose une ambiance malsaine et désespérée, où le romantisme peine à se faire une place, le tout sur un fond profondément intrigant. un shôjo qui change, en espérant une suite à la hauteur des promesses. [...]Chika Shiina s’essaie ici à une aventure destinée à un public plus large. Elle signe une histoire dramatique, sombre et morbide, mais bien équilibrée, qui n’oppresse jamais le lecteur. " (manga-news) mais je ne suis pas du tout d'accord ! 

Morbide, glauque, oppressant et surtout déplacé, malsain et mauvais en bien des points, sont les caractéristiques que je lui attribue. Dès les premières pages, le ton est donnée : Mana a des rapports sexuels avec son frère. Non, pas son frère de sang, mais cela ne l’empêche pas de l'appeler "Grand-frère" durant des actes qui ont l'air d'avantage d'être des viols que des relations consenties. Mana n'ose pas se plaindre à ses proches car elle a honte d'être ainsi tombée sous le joug de son frère adoptif, qu'elle en a peur, et qu'il est très bien considéré par tous les habitants de la commune, qui l'apprécient : elle pense donc qu'elle ne sera ni crue, ni soutenue si elle parle. 

Depuis qu'elle est tombée sous le joug de son frère, Mana s'est écartée de ses camarades et renfermée. Elle n'a pas d'amis à qui se confier et l'arrivée du nouveau : Akihiro, va tout changer, puisque Mana devient malgré elle sa première amie, et qu'ils vont tout de suite tomber amoureux. Une début de romance très mignonne et crédible, mais troublé par la jalousie de Kakeru, le vilain grand frère. Très vite, celui-ci tente de les empêcher de s'aimer, et dès le premier tome, Akihiro découvre que Mana couche avec son frère. 

Tiraillée entre "mais dénonce-le !!!" et "Mais elle a presque l'air ravie d'être violée par son frère !" ces deux pensées, en sortant de ma lecture, m'ont dérangée et répugnée. Ce manga cherche à être érotique, mais je ne l'ai pas ressenti et ne l'aurai pas pu. ce n'est pas un "public averti" ou un hentai. Shojo pour tout public, n'importe quelle maman va acheter ce livre à sa gamine de 13,14,15 ans et lui laisser regarder les images d'un frère violant sa soeur, et lire la détresse d'une soeur maltraitée par son frère. Sans message de dénonciation, ou d'avertissement face à l'anormalité de la situation. Kakeru fait peur, tellement que Mana n'ose le dénoncer. Elle aimerait être amoureuse et sortir de cette relation glauque... point barre. Là, je suis très gênée de voir ça sur les tables de nouveautés, et cela me répugne de voir qu'il se vend. OK ça peut plaire, mais qui a acheté cela, et peut-on le laisser être lu par n'importe quelle main, n'importe quelle lectrice? 

Enfin, les dessins de Chika Shiina sont très mauvais à mon goût, propre aux mangaka amateurs et peu reconnus. Même si Mana est jolie (un peu le même dessin qu'on voit partout...), les proportions des personnages masculins (Kakeru, Akihiro...) sont vraiment ratées, avec, par exemple, un cou aussi large qu'un visage, ce qui se reproduit sur presque toutes les doubles pages en deuxième partie du manga, ce qui donne un trait de crayon... moche. 

Un manga malsain que je n'ai pas aimé du tout et que j'espère ne pas voir entre les mains d'une jeune pré ado. Tout en sachant que c'est arrivé, et que ça arrivera. 

dimanche 6 octobre 2013

La première fois

La première fois
Collectif d'auteurs
Gallimard jeunesse - Scripto 
Ma note : 2/5 ♦ 256 pages ♦ 9,65€
Résumé éditeur :
Faire l'amour la première fois. 
Huit histoires pour en parler sur tous les tons Graves ou légères, drôles, poignantes ou tendres, des situations très différentes évoquent tout ce que vous voulez savoir sur la perte de la virginité et dont vous n'avez pas envie de parler avec vos parents. Par les plus grands auteurs de la littérature pour adolescents d'aujourd'hui : un indispensable!

Ma lecture : 
L'idée du recueil paraissait intéressante et pertinente mais finalement j'en ai été bien déçue ! Des histoires décevantes, plates et surtout sans émotions, qu'on ne garde pas en tête 2 minutes après les avoir lues. Pour moi, elles ne donnaient pas de leçons et n'informait pas, on n'avait même pas de jolies phrases du genre "Sauter le pas quand on se sent prêt et non pour impressionner ses copains ou faire comme eux" ... J'ai même trouvé la plupart des nouvelles sans intérêt. Seule celle de Patrick Ness "Ça se passe autrement pour les garçons" m'a semblé digne d'intérêt car elle parlait d'homosexualité avec plus de vérité que de sensibilité. 

But, Keith Gray
Une nouvelle qui ouvre bien le recueil avec un point de vue de garçon et une fin ouverte : ce que j'ai le plus aimé, cela laisse le choix sur ce qu'on aimerait imaginer de la fin. Douce et assez vraisemblable,celle-ci se rapproche assez de ce que pourraient vivre des jeunes ados obsédés par le sport. 

La majorité sexuelle, Jenny Valentine
On voit une grand mère sénile perdre les pédales et raconter sa première fois à table en plein repas de famille... très loin des souvenirs communs à tous, les écorchant même parfois ! Veut-on se moquer des grands parents séniles, peut-on rire de tout ? J'ai trouvé cette façon de parler de sexe ridicule. Tout est tellement plus doux quand c'est raconté en intime, de la grand mère aux enfants pourquoi pas, mais en faire une farce un dimanche en famille... Bof, bof... 

Entrée en matière, Melvin Burgess
Un jeune garçon ment pour sortir avec la plus jolie fille du lycée. Il est très gentil et a l'air intelligent, à aimer la littérature et la poésie, et surtout cette jeune fille... Mais est-il intéressant de montrer comme il est heureux de l'avoir roulée dans la farine (ou dans la boue) et de, presque, faire l'apologie du mensonge ? On est loin de la romance... et qu'elle mauvaise façon d'aborder la première fois !!

Ça se passe autrement pour les garçons, Patrick Ness
Voilà la nouvelle la plus intéressante : avec une écriture particulière, où les "gros mots" sont matériellement barrés et illisibles, il faut les imaginer. On découvre un groupe de 4/5 copains au collège, qui se connaissent depuis des années, se sont perdus, puis retrouvés... Et la façon, pour certains, de se moquer des homosexuels parce qu'il y en a un parmi eux... et sans savoir que deux autres s'y cachent. Une manière juste d'aborder le refus de sa véritable sexualité, et de ses envies cachées... Un thème difficile autant pour l'adolescence que toute la vie : une nouvelle intemporelle et universelle ! Mais que j'aurai pu autant aimé, voir plus (ou moins?) sans les mots barrés... 

Charlotte, Mary Hooper
Une nouvelle qui se passent bien des années avant la notre, dans une époque et un quartier pauvres. Où une jeune fille va devoir protéger ses charmes pour finir par les offrir afin de faire survivre sa famille. Ok .. doit-on vraiment dire ça à des jeunes lecteurs ? Vous avez besoin d'argent, c'est une question de (presque) vie ou de mort, alors sautez le pas? 

C'est comme ça, Sophie McKenzie
La "deuxième plus intéressante" ou autre préférée, dans un tout autre genre ! Une jeune fille sort avec un garçon qui ne pense qu'à passer à l'acte. Mais à force, elle se rend compte qu'ils ne sont pas assez proches, qu'elle ne sait rien de lui et que ce n'est pas ce qu'elle imaginait comme moment intime. Elle va devoir prendre une décision importante et arriver à lui dire... Une nouvelle si vraie, tendre et réellement possible, qui a pu ou pourrait nous arriver, à nous ou nos proches... Dommage que le langage ne fasse pas du tout échos à ce que j'étais plus jeune, et que tout soit dénué de sentiments, ou presque. 

La serviette blanche, Bali Rai
Dans la culture asiatique et chez les musulmans (je crois) il faut que la jeune fille soit vierge au mariage, et pour prouver cela on recherche la trace de sang dans le lit lors de la nuit de noces. Sauf qu'une fille ne saigne pas toujours... Est-il utile de rappeler cette tradition ringarde,vieillotte, inutile et dangereuse ? Et surtout ses sanctions pour les filles qui ne saignent pas ? (d'où les adjectifs utilisés envers cette tradition). Mieux vaut que je n'explique pas la sanction décrite ici ... On peut l'imaginer ! Une histoire triste, trop triste, qui n'aborde pas "la première fois" comme il le faudrait pour les jeunes lecteurs ! Selon moi ... Ou alors sauf s'ils ont des parents avec qui parler de la peur retranscrite ou transmise par ce court récit. 

Faire l'amour ou le trouver, Anne Fine
Youpi, un court d'éducation sexuelle, pour voir les jeunes intenables dire n’importe quoi sur le sexe et lire les réflexions de la prof, tout ça pour placer la phrase de fin de la prof, en gros (pour ne pas vous spoiler) l'important est de trouver l'amour avant de se décider ! Ouais, bon, super, mais ça on y avait pensé avant de passer par tous ces récits tristes et parfois forts ... Il est donc assez dommage de tomber ainsi à plat à la fin. Une fin bien moyenne à la hauteur de mon avis général sur le recueil. 

mercredi 2 octobre 2013

Insaisissable 2,5 "Ne me résiste pas" de Tahereh Mafi

Insaisissable 
Hors Série, tome 2,5 : Ne me résiste pas
Tahereh Mafi
Editions Michel Lafon 
Sur le site de l'éditeur ♦ Sur Babelio (à venir) 
Ma note : 4/5 ♦ 120 pages ♦ 7,95€ 
Sortie prévue le 10 Octobre 2013

Résumé éditeur : 
Juliette m’a échappé.
J’ai échoué.
 Elle me déteste.
Je me déteste d’autant plus.
 Elle me détruit de l’intérieur.
Je deviens fou.

« Je suis tombé fou amoureux d’elle. Ça fait tellement mal. De toute ma vie je n’ai jamais ressenti ça. J’ai éprouvé la honte et la lâcheté, la faiblesse et la force. J’ai connu la terreur et l’indifférence, la haine de soi et le dégoût de tout. Et pourtant je n’ai jamais connu un sentiment aussi atroce, aussi paralysant. Et ça ne fait qu’empirer. »

Juliette a trompé la vigilance de Warner, en le séduisant et en lui infligeant une terrible blessure. Elle s’est enfuie avec l’aide d’Adam et de Kenji. Le père de Warner, le Commandant suprême, compte bien faire payer à ces trois rebelles le prix de leur trahison. Et pour Juliette, ce sera sa vie.

Ma lecture : 
Encore une fois, ce nouvel opus de la série Insaisissable, dont j'avais chroniqué le tome 2, ne méritera pas moins de 4/5, la note que je donne habituellement à cette série qui est un presque-coup de coeur. Même si j'ai trouvé cette nouvelle un peu trop courte (normal, avec Warner, on en redemande toujours!) et peu informative, je n'oublie jamais de penser au toucher et à la fabrication de cette série : toujours cette sensation de velours, matte et douce lorsqu'on touche cette couverture, un argument de vente et d'affection indissociable de la douceur apportée par la plume de l'auteure. Une douceur aussi physique que mentale, donc, grâce à cette très très belle conception sur toute la série Insaisissable. Un bijou dans la bliblio. 

Cette courte nouvelle nous en apprend plus sur Warner, l'ennemi de Juliette et d'Adam, celui qui l'a enlevée après sa sortie de l'asile où elle se trouvait. Pour ne pas vous révéler l'intrigue du premier ou du deuxième tome, je rappellerai seulement que Warner est un personnage complexe et ambivalent, qui apporte son lot de surprises et de contrariétés. Très difficile à cerner, ce méchant anti-héros a ses fans, dont je fais partie. 

A noter que ce tome se place après la fin du premier tome. J'avais oublié cette information en le commençant, et m'attendant à lire la suite du deuxième, j'ai été donc très surprise. Il m'a fallu du temps pour m'y faire, mais très vite, en arrivant à la fin de ma lecture, en fait, donc trop vite, j'ai eu confirmation de ce fait. Une fin qui fait échos au premier tome du tome 2. 

Une nouvelle qui fait donc office de transition entre les deux premiers tomes, que j'aurai adoré lire après le premier, dans l'ordre chronologique. Le choix de la faire paraître après le deuxième me laisse donc un peu perplexe, mais je suppose que c'est parce que le deuxième tome nous donne quelques éléments indispensables pour appréhender Warner à sa juste valeur... ou en tout cas un peu plus précisément ! En tout cas, je conseille à tous ceux qui n'ont lu que le 1 de lire ce hors série avant le 2 : c'est appréciable et cela n'en dit pas trop ! C'est un peu comme les deux faces des deux premiers A comme Association qui nous en disent plus sur les personnages, à différents endroits mais au même moment. Surtout que cela ne spoil absolument pas le tome 2 ! 

Du côté de l'écriture, j'ai apprécié rentrer dans l'esprit torturé de Warner, comme cela avait été promis sur la quatrième de couverture. On sent ses fêlures, on devine leurs origines, à peine, et on ne l'adore pas pour autant. L'histoire d’Insaisissable et son attitude sont là pour nous rappeler son côté très dur et parfois violent, un brin psychopathes comme certaines le qualifient.

Même si le style n'est pas poétique ou sensible, surtout sensuel, comme les tomes "normaux", racontés par Juliette, notre géniale romantique fragile et brisée... on sent la colère, la rage parfois, mais aussi la peur et le désespoir dans les mots de Warner, qui laissent place, lors d'instants fugaces, au désir. Fugaces pour nous, lectrices, mais pas pour lui : ce désir va le conduire à bien des aventures dans la suite du récit... Des rebondissements qu'on a presque envie de relire en sachant maintenant ce qu'a vécu Warner ! Je pourrais vous parler encore longtemps de son esprit, des mots utilisés, entre murmures, retenue et coups au coeur, mais je préfère vous laisser vivre et ressentir l'écriture de Tahereh Mafi, encore une fois, comme d'habitude, pour vous faire votre propre idée et ne pas trop en dévoiler sur mon personnage chouchou (avec Kenji !). Je le redis : vivement la suite. Vivement les nouveaux tomes dans cet univers, car c'est toujours un pu plaisir de retrouver la plume de cette auteure talentueuse ! 

Alors, il n'y a qu'une chose à dire : pour celles qui ont à lire le tome 2 : profitez en bien, savourez-le en ayant lu cette nouvelle ... Car après ce tome 2, une autre nouvelle arrive, racontée du point de vue d'Adam cette fois-ci ! Elle sera à lire entre le tome 2 et le tome 3 et devrait arriver en Décembre. Affaire à suivre ... (Info chez Francesca ♦ Attention Spoiler !) car ce n'est pas annoncé à la fin de la nouvelle, dans le livre. On croise les doigts !

MOT DE PASSE : CARNET 

dimanche 22 septembre 2013

Luz de Marin Ledun

Luz
Marin Ledun
Syros - Rat noir
Ma note : 4/5 ♦ 113 pages ♦ 14€

Résumé éditeur :
" La pluie tombe en continu, sa robe déchirée est trempée, l'air est lourd malgré tout mais Luz grelotte un peu. [...] Elle pense, elle rêve, elle ne sait pas vraiment. Elle revoit son maillot de bain, pendu à un cintre dans le magasin de la rue piétonne. Le sourire de la vendeuse, le refus de sa mère, son insistance, les essayages, son envie de l'avoir, ce maillot de bain, de l'enfiler, de le porter. Et ce sentiment de liberté quand sa mère a finalement cédé." 

Premier dimanche des vacances d'été. Luz claque la porte de chez elle, furieuse après ces adultes qui restent à table jusqu'au milieu de l'après-midi, qui rient et qui boivent trop. Légèrement grisée par le soleil brûlant, l'adolescente gagne les rives de la Volte où se prélassent des groupes de baigneurs. Elle rencontre bientôt Thomas, un élève de troisième qu'elle connaît peu mais qui lui plaît, accompagné d'une amie. Tous trois décident de se rendre jusqu'à un point d'eau difficile d'accès, mais beaucoup moins fréquenté...

Ma lecture : 
Luz est un petit roman fort et poignant, où ce n'est pas la lecture qui nous touche, mais l'instant où on le referme. Car ce n'est qu'une petite journée dans la vie de Luz qui est racontée, mais faite d'un condensé d'émotions fortes qui nous prennent vite au coeur.  

La journée de Luz renvoie aux souvenirs de bien des angoisses quotidiennes. Ces problèmes que l'on n'ose dire car ils font partie de la médiocrité, qu'ils n'ont pas l'air grave, alors qu'en vérité ils pèsent très lourdement sur le bien être. Des incidents qui paraissent anodins mais qui peuvent vite devenir graves. Ici on parle de sujets tabous : bêtises dues à l’alcool chez les jeunes, entre violences et séductions pourront dévier sur le sujet effleuré des abus sexuels... 
Les soucis de Luz, 14 ans, dans une journée intense en émotions, représentent trop bien ce qui peut arriver, et ce qui arrive aux jeunes filles sans qu'on le sache. Mauvaises rencontres, avances non voulues, grosses frayeurs et ennuis....autant de petites épreuves qui sont vite enfouies dans la mémoire et oubliées. Luz, ce court récit, réunit tous ces éléments et nous fait revivre les frayeurs qui les accompagnent. 

Extrait d'une adolescence intense et forte en émotions, pleine de peurs... Ce court récit plein de sensations et de peurs est à lire, presque à subir, pour encore un bout de l'enfance qui, cette fois-ci, renvoie d'avantage à des tabous de la société, que nous n'avons peut être jamais effleuré, plutôt qu'à une intrigue trop terne sur le quotidien. De quoi faire réfléchir les jeunes lecteurs sur bien des points aussi sensibles qu'importants. 

dimanche 4 août 2013

Critique La fille seule dans le vestiaire des garçons d'Hubert Ben Kemoun

La fille seule dans le vestiaire des garçons
Hubert Ben Kemoun
Flammarion
Ma note : 5/5 ♦ 217 pages ♦ 13€

Résumé éditeur : 
Marion est une adolescente qui vit avec un petit frère étonnant (incapable de se taire mais apte à tenir plusieurs sujets de conversation simultanément) et sa mère. Son père les a abandonnés brutalement, laissant une famille désœuvrée, une ex-épouse branchée à son site de rencontres et des enfants en manque de repère. Au collège, Marion est étiquetée "Intello". Bonne élève de 3e, sérieuse, passionnée par la musique, joueuse de guitare, chanteuse et compositrice. Relativement isolée, sa vie amoureuse est aussi désertique que celle de sa mère est mouvementée.
Enzo, beau gosse populaire dans l'établissement, s'amuse à la draguer. Marion reste froide à ses provocations. Mais un jour, à la fin des cours, les choses dérapent. Enzo dépasse les bornes, Marion se défend et écorne à la fois l'image et l'entrejambe de l'adolescent. A partir de là, une escalade commence. De basses vengeance en règlement de compte, les choses dégénèrent.

Ma lecture :
Dans la veine de Cruelles ou La liste, La fille seule dans le vestiaire des garçons est un roman proche du témoignage tant il fait part d'une réalité. A l'écriture incisive et percutante, il révèle les dessous de la vie au collège ou au lycée. C'est une claque incroyable.

Percutante, c'est ce qui désigne au mieux le souvenir de ma lecture. C'est comme si mon souffle avait été volé, suspendu, durant cette découverte, comme si je m'étais sentie aussi seule et blessée que Marion. Evidemment, et heureusement, j'ai pu, à la fin, respirer... 

Voilà une lecture-avertissement à faire lire par les profs, les parents, les ados. Mais aussi par tous. C'est une lecture-coup de poing à vivre intensément, pour laquelle il faut se préparer, ou tout simplement être prévenu. Comme les ados à l'orée du collège, finalement... Il faut s'armer, prêt à souffrir, ressentir, et surtout vivre (survivre?). On vit comme eux. Comme Marion. C'est un poignant et douloureux coup de coeur. 

Marion, une ado douée, parolière et chanteuse hors pair, mais si seule ! Timide et pourtant farouche, blessée par l'absence d'un père fugueur, elle n'a pas pas su se faire (assez) d'amis pour couler des jours heureux dans sa scolarité. Alors lorsque des garçons s'en prennent à elle pour la taquiner, elle est vite meurtrie comme tous nous le serions.... Et c'est la descente aux enfers qui se profile. Sans rappel, sans fin. 

Mais nous, aurions nous l'idée de nous venger comme elle va le faire ? Comment aurions nous réagi face à une situation qui vient à dégénérer, si vite, et dangereusement ... ? Comment affronterions-nous un quotidien devenant si terrifiant? Je vous laisse penser à tous ces ados qui vivent, tous les jours, quelque part, une situation similaire durant leur scolarité : des brimades empirant... Allant jusqu'où ? 

Rencontrer Marion, c'est vivre à nouveau le collège à ses côtés, et être confronté à un monde qu'on avait complètement oublié. Grâce aux mots d'Hubert Ben Kemoun on le ressent à nouveau. On est touché, étonné, exténué... Les larmes ne sont pas loin, et on souffre de tous les coups reçu par l'héroïne. 

C'est évidemment un énorme coup de coeur, 100 fois plus vrai, réaliste et poignant que tout ce que j'ai pu lire sur les difficultés qui peuvent être vécues au quotidien au collège ou au lycée. Un livre à lire pour ne pas rester lâche et ignorant, pour savoir.

vendredi 1 février 2013

Wonder, RJ Palacio

Critique émotion
Wonder
R.J. Palacio 

Quatrième de couverture : 
"Je m'appelle August. Je ne me décrirai pas. Quoique vous imaginiez, c'est sans doute pire."
August Pullman voudrait être un garçon de dix ans ordinaire. Il fait des trucs ordinaires. Il mange des glaces. Il joue sur sa DS. Il fait du vélo. Mais Auggie est loin d'être ordinaire. Lorsqu'un enfant ordinaire entre dans un square, les autres enfants ordinaires ne s'enfuient pas en hurlant. Quand un enfant est normal, les gens ne le fixent pas partout où il va.
Né avec une malformation faciale, Auggie n'est jamais allé à l'école. A présent, pour la première fois, il va être envoyé dans un vrai collège... Pourra-t-il convaincre les élèves qu'il est comme eux, malgré tout ?

Mon avis : 

Quelle lecture ! Même s'il manquait un petit quelque chose pour en faire un coup de coeur, Wonder a vraiment été une très bonne découverte. L'écriture est un peu neutre, passive, ou en retrait, c'est ce qui a empêché de réellement révéler les sentiments d'August, et donc de les vivre, ou de les ressentir.
De façon très juste et intelligente, l'écriture en retrait a voulu, sans doute, ne pas stigmatiser l'aspect "maladie" de la vie d'August, et surtout ne pas porter toute l'attention sur son visage.

Le grand atout de ce livre, c'est le changement de voix narrative, qui ne dure que quelques pages, mais qui permet d'imaginer ce que vivent les proches d'August. Grâce à leurs intrusions, on en sait plus sur le physique du garçon, sa véritable famille (celle qui n'est pas vue à travers les yeux de l'enfant choyé et surprotégé) et les difficultés à accepter d'être l'ami d'August : entre le regard des autres à accepter et affronter ou l'habitude à adopter en face du visage de leur ami....
Mais malgré les différents points de vue si bien choisis de ces quelques personnages secondaires, on apprécie tellement de retrouver la voix d'August ! August, ou Auggie, notre personnage principal, cet enfant, auquel on s'attache tant ! Il est drôle, très intelligent, mais surtout posé et observateur des réactions des gens envers lui. Il ne les comprend pas, mais il n'en a pas besoin pour s'y habituer et les attendre. Il est rare qu'il se rebelle contre les mauvaises réactions et les remarques douloureuses, mais il a une façon bien à lui de le faire !

Wonder est un livre à aborder dès 12 ans, sur la tolérance, l'amitié, la solidaritél'amour, et surtout la vie. En plus de l'aspect du coeur, l'âme de ce roman est l'entrée au collège de ces enfants, c'est un élément essentiel du roman, dans lequel chaque petit lecteur peut se retrouver. Entre les nouveaux amis,la façon de travailler qui change, les goûts qui s'affirment, les premiers amours...
C'est surtout un âge de passages et de changements où les enfants doivent trouver leur identité au sein du groupe et de leur famille, ce qui va être encore plus difficile pour August !
On n'est néanmoins pas définitivement perdus dans un univers d'enfants puisque les adultes sont présents également : compatissants ou égoïstement opposés à la présence du garçon différent dans leur espace vital et celui de leur famille. Avec leurs réactions on peut voir une face encore plus noire que celles des enfants, qui, quand ils se moquent, ne savent pas à quel point ils sont méchants.

La fin m'a touchée, car elle avait sa logique, son côté vrai, renvoyant à des faits qu'on a peut être tous vécu. des aventures qui réunissent et changent tout !
Comme il fut facile, et trop rapide, d'arriver à cette fin ! Il aurait été bon de ne jamais finir ce livre de 300 pages, et de rester encore bien longtemps avec August ! Grâce à tous les très courts chapitres sous forme d'anecdotes, de quelques pages seulement, qui s'enchaînent sans arrêt, il était dur de s'arrêter dans la lecture, trop tenté d'en lire encore. Toujours à se dire "encore un de plus avant de faire une pause ! "

Au final, Wonder m'aura laissé une très bonne impression, et le souvenir d'un enfant extraordinaire qui rêvait d'être comme tous les autres. Il n'aura manqué que plus d'écriture des sentiments, donc très peu, pour me faire fondre d'émotion, et en faire un coup de coeur. Même si, à un instant qui restera secret, pour ne pas vous gâcher la surprise, les larmes se sont pointées...


Ma note : 4/5
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