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jeudi 29 janvier 2015

Le jeudi c'est Jeu Livresque #87

L'idée vient de chez Lothfleur, de Secret Forbidden World, et de copine Mélisande (enfin, moi, je ne les dissocie pas sur ce coup ! ). Pour fêter l'idée, elles avaient trouvé un jeu qui durerait sur 8 semaines, qu'elles ont finalement prolongé. Moi, je ne l'ai commencé qu'en retard, du coup, je rattrape les thèmes, et les semaines ! 

J'avais laissé un peu de côté ce RDV, par manque de temps, mais pas d'inspiration, car les idées sont toujours originales. Pour retrouver mes réponses précédentes, tournant toujours autour de la bibliothèque ou des aventures de lectures, c'est là 

Semaine 87 : Un livre que plus de monde devrait avoir lu

Cette semaine, j'ai su que le fils d'une de mes meilleures amies avait été agressé à l'école. Age des agresseurs : 8 ans environ. Le qualificatif vous parait fort ? Pas moi. Lorsqu'un gamin est immobilisé, frappé, ou insulté par un ou plusieurs autres enfants, c'est une agression. C'est comme ça qu'on en vient au harcèlement scolaire, si peu abordé en France. L'histoire de mon amie m'a particulièrement touchée et mis en colère, c'est pourquoi j'ai pensé dès lors à partager avec vous ce livre que plus de monde devrait avoir lu. 

Gaspard, un jeune collégien de 11 ans, fait sa rentrée dans un nouveau collège. Anthony, l’un des garçons de sa classe décide aussitôt d’en faire son souffre-douleur, juste pour rigoler, parce qu’il aurait « une tête à claque », autrement dit de gentil, de premier de la classe. La vérité, c’est que Gaspar est un enfant sensible, réservé, curieux. Le cauchemar commence par l’intrusion forcée du tortionnaire dans sa vie, par les plaisanteries d’un goût douteux, puis cela dégénère. La souffrance s’accroît chez la victime en même temps que la méchanceté devient cruauté chez le tortionnaire. Jusqu’à ce que Gaspard décide de passer à la contre-offensive. Il répondra à la violence par la violence, à la perversité par la perfidie… Le mal contre le mal, cela donne le mal démultiplié. [...]

Ce petit livre ne fait que 5,50€ et parle d'un fait de société souvent tabou. Comment la violence, à l'échelle des enfants ou des adultes, peut-elle être banalisée, et donc tabou quand enfin on l'aborde ? Peut être parce que souvent des parents, des professeurs, des figures d'autorité .... des ADULTES surtout pensent que les preuves de violences verbales ou physiques sont anodines et anecdotiques ! Que "c'est la vie", ce sont des "taquineries", et "ça leur passera" ! Une telle ignorance est intolérable ! 
Je m'emporte, je m'emporte ... tout ça pour vous dire que ce petit livre vous montrera, sans parler du pire, comment des "taquineries" d'enfants méritent le nom de "harcèlement scolaire" et comment on peut arriver à des conséquences graves. Dans ce récit, on assiste au plus près aux sentiments de Gaspard, victime, et d'Anthony, tortionnaire, grâce à Arthur Ténor qui manie la plume avec talent.
C'est un petit livre touchant et très pertinent, qui devrait être lu par tous, durant moins de deux heures nécessaires à sa lecture, pour en apprendre plus sur le harcèlement scolaires si présent dans nos écoles.

mardi 13 janvier 2015

Le garçon de l'intérieur de Benoit Séverac

Le garçon de l'intérieur
Après - Silence
Benoit Séverac
Syros - Rat noir
Ma note : 4/5 ♦ 128 pages ♦ 14,50€

Résumé éditeur : 
Un petit village viticole alsacien où tout le monde se connaît. Des vignes tronçonnées. Un accident de la route suspect. De vieux secrets de famille. Neuf mois après l'accident qui l'a rendu sourd, Jules passe ses vacances avec sa famille en Alsace Il sympathise avec Rémi, un jeune sourd de naissance dont il devient inséparable, et cherche à se faire remarquer de la piquante Camille, quitte à se mêler de ce qui ne le regarde pas ... 

Ma lecture : 
Avec Silence, j'avais découvert un très bon court roman-société sur le handicap et la drogue, qui décrivait assez bien l'influence des petits dealers parmi les adolescents. J'avais relevé l'aspect alertant du texte, utilisant des mots maîtrisés et efficaces pour sensibiliser aux inégalités, aux différences, à la consommation ou à la tolérance. 

J'ai été agréablement ravie par ce deuxième tome. J'ai trouvé que l'auteur et son héros évoluaient dans le bon sens, c'est à dire que la direction prise était aussi judicieuse qu'intéressante. En effet, dès le début du récit on sent que l'histoire de Jules sera d'avantage axée sur sa vie de jeune garçon adolescent que celle du jeune homme handicapé par sa nouvelle surdité. 
Peu à peu, Jules assimile son handicap, si bien que celui-ci passe au second plan dans l'intrigue. Au premier plan, on retrouve toujours, avec satisfaction et soulagement, les tracas de la vie d'adolescent de notre héros. : ses préoccupations, ses amours, ses aventures. Mais aussi sa soif de vérité, ranimée. Comme lorsque de la recherche de son passé immédiat dans le premier tome ... 

Second tome, seconde enquête : aux côtés de Jules, on découvre un pan méconnu de l'Histoire Française, Notre Histoire. On se pose des questions, on obtient pas toutes les réponses ... Sur ce mystère autour de la France occupée. En Alsace, les "collabos" semblent être un sujet sensible, peut être tabou ou ancré dans les familles, tellement que les Français hors Alsace sont appelés "Français de l'intérieur" !  Bien vite, on va se rendre compte que remuer les mystères du passé est douloureux, et parfois dangereux ... Car parfois, mieux vaut ne pas savoir ce qui s'est réellement passé, et ne pas trop remuer les affaires du passé ! 

Concernant la narration, le ton est toujours aussi juste, les pensées crédibles et propres à ce qui se passe dans la tête de cet ado. Ses envies sont déjà vues (avoir une vie normale, s'amuser avec ses amis, avoir une copine ...) mais mises à mal par son accident et ses conséquences.
Dans ce tome-ci, le rythme est beaucoup plus prenant : alors que le premier opus était dans l'exploration des souvenirs, celui-là est dans le présent et l'action. Il s'agit d'une enquête dans laquelle Jules n'est plus passif, ce n'est plus la victime qu'on écoute, mais c'est lui qui mène les recherches et délie les langues ... Alors même qu'il est sourd ! 

Enfin, le fait, pour Jules, de créer une amitié avec un autre adolescent sourd et sa famille est véritablement porteur d'espoir et d'avancée pour cet ado : on retrouve la sensibilisation de l'auteur envers les jeunes pour leur montrer qu'ils ne sont pas seuls... On a la joie d'assister à l'évolution d'un jeune homme handicapé mais qui affronte son handicap et semble être en bonne voie pour, comme il le souhaite, vivre comme les garçons de son âge, en s'acceptant. Ce nouveau récit, qui incarne une acceptation autant qu'une transition, nous donne encore une fois l'envie de suivre la suite des aventures de notre Jules ! 

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lundi 3 février 2014

On s'est juste embrassés d'Isabelle Pandazopoulos

On s'est juste embrassés
Isabelle Pandazopoulos
Gallimard Editions, Scripto

Ma note : 2/5 ♦ 160 pages ♦ 8,90€

Résumé éditeur :
Aïcha a quinze ans. Elle vit seule avec une mère fragile qui refuse de lui parler de ses origines, et surtout, de son père. Le silence et la solitude de sa mère l'étouffent. Mais heureusement, elle peut se réfugier chez son amie Sabrina qui vit au coeur de la cité d'en face. Jusqu'au soir où Aïcha embrasse Walid, le frère de Sabrina, qui se vante d'avoir obtenu d'elle bien plus qu'un baiser. Ce que tout le monde croit volontiers, à commencer par Sabrina qui l'insulte dans la cour du collège dans un quartier où on ne plaisante pas avec la « réputation » des filles. Comment faire face à une rumeur ? N'ayant que sa sincérité pour elle, blessée, exclue, Aïcha se met à sécher les cours, tente une fugue, part en vrille... Un roman bouleversant. Un auteur à découvrir. Un concentré d'émotion à savourer d'une traite!

Ma lecture :
Ce roman m'a beaucoup déçue. Ayant beaucoup aimé La Décision, qui m'avait fait ressentir tout un tas d'émotion de façon très juste, avec un point de vue choisi avec efficacité et justesse, je pensais adorer cette histoire. La preuve, j'ai craqué en le voyant en magasin, et l'ai acheté direct ! 

Finalement, j'ai trouvé ce roman à la fois trop brouillon dans l'intrigue, et dans le schéma. Comme si il ne correspondait pas vraiment au résumé. On n'aborde à peine le harcèlement scolaire, et une partie seulement, finalement, parle de la vie "des quartiers"... L'histoire est partie ailleurs, totalement ! Elle est partie sur la famille d'Aïcha et tous les secrets autour de celle-ci. 
Contrairement à la Décision, où l'auteure a toujours suivi son thème (celui du déni de grossesse, et de l'avenir de Justine, son personnage principal), ici elle perd totalement le fil directeur, puisqu'on part de la vie d'Aïcha, pour partir sur des mystères, des histoires de famille... et s'éloigner du postulat de base : une rumeur qui ruine sa vie de lycéenne. Ainsi que le harcèlement scolaire qui en découlerait... ou pas. Puisqu'Aïcha s'enfuit bien vite et quitte l'école ! Mais, je n'en dirai pas plus sur son avenir, l'histoire... Sachez juste qu'elle va être perdue, dans sa vie, comme dans ses pompes et son identité. 

Je vais donc vous parler de mes sentiments en finissant ce roman : je l'ai trouvé cent fois plus noir que gris. Il est sans concession, comme si le monde était contre Aïcha. J'ai cherché une note d'espoir, sans la trouver. Comme si les jeunes du quartier n'avaient aucune chance... comme s'ils étaient perdus, foutus, entre les problèmes de famille (et leur autorité), le manque d'ambition (dans la scolarité), les bagarres et autres trafics... J'avais envie d'hurler, à chaque fois que je croisais un nouveau personnage et son intrigue "Mais hey, ho ! C'est pas parce que tu vis dans une cité que tu es voué à te perdre dans du trafic de drogue, être clandestin, te prendre des claques ou être renié par ta famille !". Quelle drôle d'idée, surtout déprimante, de tirer un tel portrait de ce quartier... Si noir. Loin de la réalité... Et même s'il était réel, en faisant lire ça à nos jeunes, trouveraient-ils l'espoir de "sen sortir" ? De vivre leurs rêves ? En étant face à tous ces jeunes qui ne s'en sortent pas... Où sont les solutions ? Dans ce livre, aucun prof, conseiller ou autre ne propose d'aide aux jeunes... 
De fait, je n'ai pas du tout aimé ce côté trop réel et moralisateur qui se veut, finalement, beaucoup trop général. Pour moi, c'est un discours à ne pas donner aux jeunes des quartiers "sensibles", perdus dans leurs vies et leurs aspirations. Au contraire, il faut leur donner des livres qui montrent l'espoir, la réussite, les échappatoires et les portes ouvertes. Un destin à tracer ! Plutôt qu'à subir, comme ici, à cause de leurs familles, leurs coutumes et leurs religions... 
Où est la place de l'amitié, la mixité, l'insertion sociale dans cette déprime ? Je ne l'ai pas trouvée. Je n'ai vu qu'une vision terrifiante de ces milieux... 

Finalement, le titre et le résumé ne sont que de prétextes à une histoire toute autre, une descente aux enfers. Celle d'Aïcha, une ado trop ballottée dont on ne retrouve aucun choix ni aucune liberté. Elle avait pourtant beaucoup et pouvait faire de sa vie ce qu'elle voulait. Innocente. Elle pouvait réussir. 

L'auteure s'est-elle tromper de type de personnage ou a-t-elle voulu montrer qu'une vie à faire, vierge, peut basculer en ayant de mauvaises fréquentations? A-t-elle voulu montrer les catastrophes que peut entraîner un flirt, ou l'amour, chez les adolescents ? A coups de rumeurs et d'amitiés gâchées ? Quand bien même, quel mauvais discours ! Décidément, je suis passée à côté, je pense... 
Et c'est bien dommage ! Peut être bien que, comme je l'avais dit pour La Décision, l'auteure, travaillant dans le social, ou avec des jeunes, a pu vouloir tout simplement montrer ce qu'elle aurait vu au quotidien. Mais pour ma part, je trouve que cette part d'histoire ne valait pas vraiment le coup d'être racontée, car je n'y ai vu aucun espoir. Qu'une ombre s'installant dans le coeur du lecteur...

( 12/35 ) 

jeudi 9 janvier 2014

Une si jolie Terre de Satoe Tone

Une si jolie Terre
Satoe Tone 
Balivernes Editions
Collection Petites Sornettes
Ma note : 5/5 ♦ 32 pages ♦ 9€ 

Résumé éditeur : 
Une grande famille de pingouins se rend compte que leur banquise disparaît peu à peu. Ils sont obligés de partir. Ils ont entendu parler de beaucoup d’endroits merveilleux sur Terre : la mer du Sud, les prairies de l’Est, les collines de fleurs de l’Ouest, les forêts du Nord… Mais tout est si sale, si pollué… Il n’est plus possible de vivre ici-bas ! Mais depuis la Lune, la vue est si belle, notre planète si bleue… Peut-être que tous ensemble, nous pourrions guérir la Terre, cette planète qui est la nôtre…

Présentation éditeur : 
Les 84 pingouins sont une référence aux 84 premiers pays signataires de l’accord de Kyoto qui est entré en vigueur le 16 février 2005. Depuis, de nombreux autres pays les ont rejoints et 184 pays l’ont ratifié à ce jour (début 2013). Ce traité met en place un cadre global de l’effort international pour faire face aux changements climatiques provoqués par les gaz à effet de serre. Ce petit album permet d'aborder ce sujet brulant avec des mots simples et des images très évocatrices avec les enfants. Mais il n'oublie pas de rappeler que rien n'est perdu, notre Planète est encore belle et ensemble nous pouvons la guérir.

Ma lecture : 
C'est bien la seule fois où je n'écrirai que quelques lignes. Mais la présentation et les explications de l'éditeur, sur son site, sont justes parfaites. On comprend les enjeux, les discours sous-jacents, et surtout à quoi on veut sensibiliser les enfants grâce à ce petit album. 
La Terre est polluée, on a beau chercher les lieux les plus beaux, on trouve toujours des endroits dévastés... 
Mais la morale est là pour nous dire que c'est notre faute. Celle des humains. Mais qu'on peut encore tout changer. Nous, vous, nos enfants. 
Les illustrations absolument superbes illustrent idéalement cette fable écologique et un brin moralisatrice. 
L'enfant comprendra qu'il est garant de la terre, sa survie, sa beauté. 
L'enfant sera émerveillé autant que nous. Craquez, il est petit mais il vaut largement son prix. 
Il est petit, mais aussi concis qu'efficace. Une formidable aventure pour un si doux message plein de réalité et de bon sens. Inoubliable ♥ 




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vendredi 29 novembre 2013

[Les 15 jours coups de coeur] Rédemption de Karim Moktari et Charlie Carle jusqu'au 3 Décembre

Les 15 jours coups de coeur de Marly 
Neuvième coup de coeur :
 Rédemption, itinéraire d'un enfant cassé de Karim Mokhtari et Charlie Carle
A gagner jusqu'au 5 Décembre 


J'ai connu la violence. J'ai connu la haine. Enfant torturé, je suis devenu bourreau. la spirale de la délinquance m'a emporté car je n'avais pas le choix. Et pourtant...On a toujours le choix. Une rencontre, des rencontres...Et dans le noir de la prison mortifère, une petite lueur a surgi au fond de moi. J'ai le choix. Je ne serai pas un petit caïd de plus. Je m'en sortirai. Une histoire vraie, bouleversante, qui montre que la réinsertion est possible malgré la violence de l'univers carcéral. 







Modalités :  
♦ Répondre au formulaire de participation avant le 5 Décembre minuit
♦ Une seule participation par foyer. 
♦ J'enverrai au gagnant par la poste et ne pourrai être tenue pour responsable de toute perte.
♦ Concours ouvert au monde entier 

Note : Ceux qui n'auront pas indiqué le "Mot de passe" présent dans ma chronique perdront une chance. Soit 2 chances pour ceux qui ont tout bon, et une pour ceux qui ne l'ont pas indiqué. Cela me demandera plus de travail, mais les liens vers les chroniques sont dans l'article concours, et en haut du blog pour les derniers avis... Bonne chance :)

samedi 12 octobre 2013

On my Wishlist #7


"On my WishList " est un petit rendez-vous sympa lancé à la base par Book Chick City  ,
et Chica Nessita du blog A l'Abordage de la Culture a repris le principe pour les bloggeurs français.Pour ma part, je l'ai découvert chez Preskilia  et sa librairie foisonnante de bons avis ! 
Le principe :
**  Il a lieu tous les samedis et permet dans sa version originale de faire un récap' de tous les livres que l'on voudrait désespérément ajouter à notre PAL, qu'il s'agisse de parutions récentes ou non.
** Le RDV français concerne UN livre qui se trouve sur notre Wishlist : votre découverte de la semaine que vous piétinez de vous acheter ou ce livre que vous voyez régulièrement sur les blogs des copinautes ou dans votre librairie, qui vous fait envie mais pour lequel vous n'avez pas encore craqué !!
* UN seul livre permettrait d'argumenter un peu les choses au lieu de donner "simplement" une liste ! Alors on se lance, et en espérant  que vous serez nombreux à aimer aussi l'idée et à jouer le jeu! ;-)

440 pages ♦ 19,95€ 

Résumé éditeur : 
Prix Femme Actuelle 2013 - Prix du jury. Pandémies, allergies environnementales foudroyantes, dégénérescence cellulaire, stérilité... La nature a trouvé le moyen d'éliminer le parasite qui gangrène la planète depuis trop longtemps : l'homme. Au travers de ses rêves prémonitoires et apocalyptiques, Alexandra Rousseau, lycéenne, est le témoin involontaire et impuissant du sombre futur qui attend l'humanité. Elle sait qu'avant la fin de ce siècle les hommes feront face à leur extinction. Tous ? Peut-être pas... La découverte du mystérieux marqueur génétique 26 pourrait bien donner à cet effondrement de l'hégémonie sapiens un aspect inattendu.

Je suis tombé sur ce livre en librairie et (heureusement) je ne l'ai pas acheté :P Mais je l'ai gardé en tête ! Il parle d'évolution et de nature, des thèmes qui me plaisent, mais aussi de nouveau monde et de science fiction : toujours dans mes goûts ! Il a de très très bons avis sur Babelio et un peu partout, et en plus chez les nouveaux auteurs.... Une valeur sure je pense ! Même si je n'en ai encore jamais lu aucun de cette maison d'édition bien particulière (où un comité de lecture élit les lectures qu'il souhaite voir édités), je pense qu'il doit être très bon ! Affaire à suivre... 

mercredi 9 octobre 2013

La BD ou le manga du mercredi : Enfer bleu de Chika Shiina

La BD ou le manga du mercredi #3
Enfer Bleu
Chika Shiina
Panini mangas
3 tomes parus au Japon : série terminée

Résumé éditeur : 
Suite au décès de ses parents, Mana est adoptée par des amis de sa famille qui ont déjà trois enfants : Kakeru, plus âgé que Mana, et les jumeaux, Riku et Yu. On peut penser que dans son malheur, la petite Mana a de la chance puisqu’elle retrouve un foyer aimant. Pourtant Mana souffre. Elle vit dans la peur d'être violentée, physiquement et psychologiquement par l’aîné de la fratrie. En effet, Kakeru le gentil garçon, Kakeru l’attentionné, le beau Kakeru… est un tortionnaire et un tyran sans pitié, à qui elle veut échapper. Mais comment faire ? Qui peut la croire ? Si elle parlait, elle deviendrait coupable en jetant le discrédit sur ceux qui l'ont accueilli généreusement. Elle semble à jamais prisonnière de cet amour malsain, jusqu’à ce qu’Akihiro, un garçon amoureux d’elle, découvre son terrible secret.

Ma lecture : 
J'ai vu des bons avis sur ce manga : mais quelle horreur ! On dit qu'il "pose une ambiance malsaine et désespérée, où le romantisme peine à se faire une place, le tout sur un fond profondément intrigant. un shôjo qui change, en espérant une suite à la hauteur des promesses. [...]Chika Shiina s’essaie ici à une aventure destinée à un public plus large. Elle signe une histoire dramatique, sombre et morbide, mais bien équilibrée, qui n’oppresse jamais le lecteur. " (manga-news) mais je ne suis pas du tout d'accord ! 

Morbide, glauque, oppressant et surtout déplacé, malsain et mauvais en bien des points, sont les caractéristiques que je lui attribue. Dès les premières pages, le ton est donnée : Mana a des rapports sexuels avec son frère. Non, pas son frère de sang, mais cela ne l’empêche pas de l'appeler "Grand-frère" durant des actes qui ont l'air d'avantage d'être des viols que des relations consenties. Mana n'ose pas se plaindre à ses proches car elle a honte d'être ainsi tombée sous le joug de son frère adoptif, qu'elle en a peur, et qu'il est très bien considéré par tous les habitants de la commune, qui l'apprécient : elle pense donc qu'elle ne sera ni crue, ni soutenue si elle parle. 

Depuis qu'elle est tombée sous le joug de son frère, Mana s'est écartée de ses camarades et renfermée. Elle n'a pas d'amis à qui se confier et l'arrivée du nouveau : Akihiro, va tout changer, puisque Mana devient malgré elle sa première amie, et qu'ils vont tout de suite tomber amoureux. Une début de romance très mignonne et crédible, mais troublé par la jalousie de Kakeru, le vilain grand frère. Très vite, celui-ci tente de les empêcher de s'aimer, et dès le premier tome, Akihiro découvre que Mana couche avec son frère. 

Tiraillée entre "mais dénonce-le !!!" et "Mais elle a presque l'air ravie d'être violée par son frère !" ces deux pensées, en sortant de ma lecture, m'ont dérangée et répugnée. Ce manga cherche à être érotique, mais je ne l'ai pas ressenti et ne l'aurai pas pu. ce n'est pas un "public averti" ou un hentai. Shojo pour tout public, n'importe quelle maman va acheter ce livre à sa gamine de 13,14,15 ans et lui laisser regarder les images d'un frère violant sa soeur, et lire la détresse d'une soeur maltraitée par son frère. Sans message de dénonciation, ou d'avertissement face à l'anormalité de la situation. Kakeru fait peur, tellement que Mana n'ose le dénoncer. Elle aimerait être amoureuse et sortir de cette relation glauque... point barre. Là, je suis très gênée de voir ça sur les tables de nouveautés, et cela me répugne de voir qu'il se vend. OK ça peut plaire, mais qui a acheté cela, et peut-on le laisser être lu par n'importe quelle main, n'importe quelle lectrice? 

Enfin, les dessins de Chika Shiina sont très mauvais à mon goût, propre aux mangaka amateurs et peu reconnus. Même si Mana est jolie (un peu le même dessin qu'on voit partout...), les proportions des personnages masculins (Kakeru, Akihiro...) sont vraiment ratées, avec, par exemple, un cou aussi large qu'un visage, ce qui se reproduit sur presque toutes les doubles pages en deuxième partie du manga, ce qui donne un trait de crayon... moche. 

Un manga malsain que je n'ai pas aimé du tout et que j'espère ne pas voir entre les mains d'une jeune pré ado. Tout en sachant que c'est arrivé, et que ça arrivera. 

dimanche 6 octobre 2013

La première fois

La première fois
Collectif d'auteurs
Gallimard jeunesse - Scripto 
Ma note : 2/5 ♦ 256 pages ♦ 9,65€
Résumé éditeur :
Faire l'amour la première fois. 
Huit histoires pour en parler sur tous les tons Graves ou légères, drôles, poignantes ou tendres, des situations très différentes évoquent tout ce que vous voulez savoir sur la perte de la virginité et dont vous n'avez pas envie de parler avec vos parents. Par les plus grands auteurs de la littérature pour adolescents d'aujourd'hui : un indispensable!

Ma lecture : 
L'idée du recueil paraissait intéressante et pertinente mais finalement j'en ai été bien déçue ! Des histoires décevantes, plates et surtout sans émotions, qu'on ne garde pas en tête 2 minutes après les avoir lues. Pour moi, elles ne donnaient pas de leçons et n'informait pas, on n'avait même pas de jolies phrases du genre "Sauter le pas quand on se sent prêt et non pour impressionner ses copains ou faire comme eux" ... J'ai même trouvé la plupart des nouvelles sans intérêt. Seule celle de Patrick Ness "Ça se passe autrement pour les garçons" m'a semblé digne d'intérêt car elle parlait d'homosexualité avec plus de vérité que de sensibilité. 

But, Keith Gray
Une nouvelle qui ouvre bien le recueil avec un point de vue de garçon et une fin ouverte : ce que j'ai le plus aimé, cela laisse le choix sur ce qu'on aimerait imaginer de la fin. Douce et assez vraisemblable,celle-ci se rapproche assez de ce que pourraient vivre des jeunes ados obsédés par le sport. 

La majorité sexuelle, Jenny Valentine
On voit une grand mère sénile perdre les pédales et raconter sa première fois à table en plein repas de famille... très loin des souvenirs communs à tous, les écorchant même parfois ! Veut-on se moquer des grands parents séniles, peut-on rire de tout ? J'ai trouvé cette façon de parler de sexe ridicule. Tout est tellement plus doux quand c'est raconté en intime, de la grand mère aux enfants pourquoi pas, mais en faire une farce un dimanche en famille... Bof, bof... 

Entrée en matière, Melvin Burgess
Un jeune garçon ment pour sortir avec la plus jolie fille du lycée. Il est très gentil et a l'air intelligent, à aimer la littérature et la poésie, et surtout cette jeune fille... Mais est-il intéressant de montrer comme il est heureux de l'avoir roulée dans la farine (ou dans la boue) et de, presque, faire l'apologie du mensonge ? On est loin de la romance... et qu'elle mauvaise façon d'aborder la première fois !!

Ça se passe autrement pour les garçons, Patrick Ness
Voilà la nouvelle la plus intéressante : avec une écriture particulière, où les "gros mots" sont matériellement barrés et illisibles, il faut les imaginer. On découvre un groupe de 4/5 copains au collège, qui se connaissent depuis des années, se sont perdus, puis retrouvés... Et la façon, pour certains, de se moquer des homosexuels parce qu'il y en a un parmi eux... et sans savoir que deux autres s'y cachent. Une manière juste d'aborder le refus de sa véritable sexualité, et de ses envies cachées... Un thème difficile autant pour l'adolescence que toute la vie : une nouvelle intemporelle et universelle ! Mais que j'aurai pu autant aimé, voir plus (ou moins?) sans les mots barrés... 

Charlotte, Mary Hooper
Une nouvelle qui se passent bien des années avant la notre, dans une époque et un quartier pauvres. Où une jeune fille va devoir protéger ses charmes pour finir par les offrir afin de faire survivre sa famille. Ok .. doit-on vraiment dire ça à des jeunes lecteurs ? Vous avez besoin d'argent, c'est une question de (presque) vie ou de mort, alors sautez le pas? 

C'est comme ça, Sophie McKenzie
La "deuxième plus intéressante" ou autre préférée, dans un tout autre genre ! Une jeune fille sort avec un garçon qui ne pense qu'à passer à l'acte. Mais à force, elle se rend compte qu'ils ne sont pas assez proches, qu'elle ne sait rien de lui et que ce n'est pas ce qu'elle imaginait comme moment intime. Elle va devoir prendre une décision importante et arriver à lui dire... Une nouvelle si vraie, tendre et réellement possible, qui a pu ou pourrait nous arriver, à nous ou nos proches... Dommage que le langage ne fasse pas du tout échos à ce que j'étais plus jeune, et que tout soit dénué de sentiments, ou presque. 

La serviette blanche, Bali Rai
Dans la culture asiatique et chez les musulmans (je crois) il faut que la jeune fille soit vierge au mariage, et pour prouver cela on recherche la trace de sang dans le lit lors de la nuit de noces. Sauf qu'une fille ne saigne pas toujours... Est-il utile de rappeler cette tradition ringarde,vieillotte, inutile et dangereuse ? Et surtout ses sanctions pour les filles qui ne saignent pas ? (d'où les adjectifs utilisés envers cette tradition). Mieux vaut que je n'explique pas la sanction décrite ici ... On peut l'imaginer ! Une histoire triste, trop triste, qui n'aborde pas "la première fois" comme il le faudrait pour les jeunes lecteurs ! Selon moi ... Ou alors sauf s'ils ont des parents avec qui parler de la peur retranscrite ou transmise par ce court récit. 

Faire l'amour ou le trouver, Anne Fine
Youpi, un court d'éducation sexuelle, pour voir les jeunes intenables dire n’importe quoi sur le sexe et lire les réflexions de la prof, tout ça pour placer la phrase de fin de la prof, en gros (pour ne pas vous spoiler) l'important est de trouver l'amour avant de se décider ! Ouais, bon, super, mais ça on y avait pensé avant de passer par tous ces récits tristes et parfois forts ... Il est donc assez dommage de tomber ainsi à plat à la fin. Une fin bien moyenne à la hauteur de mon avis général sur le recueil. 

dimanche 22 septembre 2013

Luz de Marin Ledun

Luz
Marin Ledun
Syros - Rat noir
Ma note : 4/5 ♦ 113 pages ♦ 14€

Résumé éditeur :
" La pluie tombe en continu, sa robe déchirée est trempée, l'air est lourd malgré tout mais Luz grelotte un peu. [...] Elle pense, elle rêve, elle ne sait pas vraiment. Elle revoit son maillot de bain, pendu à un cintre dans le magasin de la rue piétonne. Le sourire de la vendeuse, le refus de sa mère, son insistance, les essayages, son envie de l'avoir, ce maillot de bain, de l'enfiler, de le porter. Et ce sentiment de liberté quand sa mère a finalement cédé." 

Premier dimanche des vacances d'été. Luz claque la porte de chez elle, furieuse après ces adultes qui restent à table jusqu'au milieu de l'après-midi, qui rient et qui boivent trop. Légèrement grisée par le soleil brûlant, l'adolescente gagne les rives de la Volte où se prélassent des groupes de baigneurs. Elle rencontre bientôt Thomas, un élève de troisième qu'elle connaît peu mais qui lui plaît, accompagné d'une amie. Tous trois décident de se rendre jusqu'à un point d'eau difficile d'accès, mais beaucoup moins fréquenté...

Ma lecture : 
Luz est un petit roman fort et poignant, où ce n'est pas la lecture qui nous touche, mais l'instant où on le referme. Car ce n'est qu'une petite journée dans la vie de Luz qui est racontée, mais faite d'un condensé d'émotions fortes qui nous prennent vite au coeur.  

La journée de Luz renvoie aux souvenirs de bien des angoisses quotidiennes. Ces problèmes que l'on n'ose dire car ils font partie de la médiocrité, qu'ils n'ont pas l'air grave, alors qu'en vérité ils pèsent très lourdement sur le bien être. Des incidents qui paraissent anodins mais qui peuvent vite devenir graves. Ici on parle de sujets tabous : bêtises dues à l’alcool chez les jeunes, entre violences et séductions pourront dévier sur le sujet effleuré des abus sexuels... 
Les soucis de Luz, 14 ans, dans une journée intense en émotions, représentent trop bien ce qui peut arriver, et ce qui arrive aux jeunes filles sans qu'on le sache. Mauvaises rencontres, avances non voulues, grosses frayeurs et ennuis....autant de petites épreuves qui sont vite enfouies dans la mémoire et oubliées. Luz, ce court récit, réunit tous ces éléments et nous fait revivre les frayeurs qui les accompagnent. 

Extrait d'une adolescence intense et forte en émotions, pleine de peurs... Ce court récit plein de sensations et de peurs est à lire, presque à subir, pour encore un bout de l'enfance qui, cette fois-ci, renvoie d'avantage à des tabous de la société, que nous n'avons peut être jamais effleuré, plutôt qu'à une intrigue trop terne sur le quotidien. De quoi faire réfléchir les jeunes lecteurs sur bien des points aussi sensibles qu'importants. 

jeudi 12 septembre 2013

Soupçons de Hervé Mestron

Soupçons
Hervé Mestron
Syros Tempo 
Ma note : 3/5 ♦ 96 pages ♦ 6€

Résumé éditeur : 
James vient d'emménager avec sa mère à Valence, après s'être laissé - sans avoir vraiment le choix ! - convaincre par ses arguments : le nougat de Montélimar, les pistes de ski toutes proches, la mer à deux heures de voiture. Nouveau venu dans son collège, il est l'objet de tous les regards. Il faut dire que James a les cheveux très longs, qu'il coiffe d'une façon différente chaque matin. Pour ne rien arranger, il excelle dans toutes les matières, avoisinant le 20 sur 20. Au moment où les choses paraissent se tasser, où son statut de premier de la classe à queue de cheval semble enfin accepté, une succession d'événements bizarres et inexplicables vont semer le doute en lui.

Ma lecture : 
En voyant le résumé de ce livre, j'ai tout de suite été intéressée : l'intrigue se passe à Valence, ma ville d'origine. Forcément j'ai eu envie de sauter dessus. J'ai vite découvert que le lieu avait peu d'importance, et que l'auteur en parlait simplement car il y vit. Une bonne nouvelle pour la culture littérature régionale, une moins bonne pour moi qui avait envie de croiser des lieux de ma ville... Mais ce n'était pas bien grave au final ! 

Ce petit roman très court parle de question de société, ce que j'apprécie. Faire réfléchir les ados sur ce qui les entoure et ici, la vie au collège, l’intégration d'un nouvel élève, est un petit exploit souvent intéressant à découvrir. Ce court récit à la narration étrange plaira aux jeunes ados ou pré ados. Narration étrange car James, notre héros, appelle sa mère par son prénom et décrit les événements dans un flou continuel comme s'il n'y croyait pas. Cela créé un effet de décalage qui a peut être pour but, réussi, de faire rentrer dans la peau du héros, grâce aussi à cette couverture que j'aime beaucoup. Même si elle représente peu l'aspect physique de James, elle rend compte de sa personnalité particulière et du côté mystérieux de notre histoire. 

Entre complots et magouilles d'adolescents voulant faire une face, mensonges cachés à contre cœur, mystères et interrogations, l'intrigue met en avant un garçon timide qui n'assume pas ses vraies envies et passions et souhaite rester discret dans son nouvel établissement. Sa trop grande volonté de se faire vite des amis entraîne une naïveté trop facile pour en être charmante, et on sent vite qu'il va lui arriver des problèmes. Premières rencontres, confiance et amitié, le collège est un moment charnière de l'adolescence où les goûts doivent s'assumer, ainsi que la personnalité, alors qu'ils sont trop souvent occultés par l'envie de s'intégrer. 

Finalement, Soupçons aura réussi un simple petit tour de main en parlant dans si peu de pages de différents sujets sensibles mais percutants et intéressants : les problèmes familiaux et la confiance à apporter aux adultes (parents et enseignants), les farces et intégrations difficiles au collège, le fait de rester soi, en gardant ses valeurs... et surtout en se découvrant au fil du temps et des amis rencontrés. Un petit livre intéressant mais qu'on oublie assez vite malheureusement, car, du fait de son petit nombre de pages, les éléments arrivent et passent très vite à la lecture. Un récit pour des ados qui ont du mal avec la lecture, ou pour aborder les problèmes dans la scolarité. 

samedi 7 septembre 2013

Réseau(x) de Vincent Villeminot

Réseau(x)
Vincent Villeminot
Nathan Jeunesse
Réseaux_Vincent Villeminot
Ma note : 4/5 ♦ 448 pages ♦ 16,50
Sortie prévue le 12 Septembre 
La page Facebook de Réseaux(x) pour échanger avec l'auteur sur votre lecture

Résumé éditeur :
La guerre est déclenchée, sur le web et dans le monde réel. 

Sur les réseaux chacun pensait connaître chacun. Chacun surveillait, espionnait, aimait chacun. Mais désormais, trois guerres sont déclenchées, sur le web et dans le monde réel. Et Sixie est l’enjeu, le butin, le gibier de tous les combattants

Ma lecture :
Voici un ouvrage qui ne m'a pas laissée indifférente. Je me serai bien battue contre lui, avant de me battre à aux côtés de ses personnages. Je ne sais toujours pas sur quel pied danser avec César Diaz, qui me manque un peu, je dois le dire. Ce personnage central du récit aura pris tellement de place durant ma lecture qu'une fois le livre refermé, ça fait bizarre de se retrouver sans lui. Mais, alors que j'ai eu tant de mal à accrocher, et que j'ai quelques défauts à lui reprocher, comment en suis-je arriver à le regretter ?

Il est dit que Réseau(x) est un livre Jeunesse à lire dès 14 ans. Mais pour ma part, je l'ai trouvé trop difficile pour cet âge et pour la catégorie Jeunesse, à cause de sa construction hors norme. La structure m'a semblé trop opaque, et le récit trop mixte pour être classé dans un seul genre, l'intrigue se rapprochant trop du polar, ou thriller, pour être de la jeunesse. 

Ce récit hybride et complexe entraîne une certaine opacité et empêche, longtemps, de rentrer à l'intérieur et d'enfin apprécier sa lecture. Il m'a fallu me battre un bon moment pour adhérer ! Pour ma part, ce qui m'a permis d'enfin entrer dans le récit, mon lapin blanc dans le terrier d'Alice, se furent Justine et son père, Abel Fanelli, mais aussi l'inspecteur stagiaire Kovacs. Enfin ces côtés enquête & policier me permettaient d'aborder le récit d'après un autre point de vue : en menant mon enquête à mon tour. Je n'ai plus cherché qui est Sixie et son intérêt (finalement discutable), mais quel rapport il y avait entre Sxie, César Diaz, le PIFR, et les terroristes... Bref, le rapport, aussi, et évidemment, entre les différents narrateurs et leurs modes de narration très particulier (Tchat privé, mail, résumé de rêve, élément sur le sommaire des rêves ou des nuits, rapport de police, communiqué de presse, récit...) Autant de formes différentes qui font l'originalité de l'oeuvre, mais aussi sa difficulté : il faut arriver à percer ses barrières, s'accrocher à un personnage ou deux et enfin devenir accro à l'intrigue... 

J'ai moyennement apprécié cette vision de nouveaux gouvernements (ou une direction suite à certains décrets dans l'avenir), les guerres entre les lycées et, très vite, l'arrivée des terroristes. Dans l'intrigue, étudiants en colère et terroristes sont mystérieusement mêlés, pour semer le doute, et j'ai trouvé cette assimilation bien trop dangereuse : que veut-on nous dire? Est-ce pour renforcer la provocation créée pour faire peur aux personnages par Diaz... et la faire ressentir aux lecteurs ? Un côté méta-truc réfléchi, pour faire ressentir l'ambiance et le malairs? Zut, je n'avais pas vu cet aspect en lisant... Je remonte ma note. J'adore ce genre de travail littéraire : travailler la forme pour que la forme n'en soit que plus réussie. Ici l'ambiance est oppressante et tout est dérangeant. Mais, c'est un point important dans l'intrigue... Effet réussi. 
Je digresse, revenons au principal. (Même si cette digression m'a fait découvrir un point sacrément positif ! Comme quoi, dans cette lecture, il faut tomber bien des barrières pour savourer... son souvenir !) 

Sixie fut loin d'être le personnage auquel je m'attendais. Vu qu'elle est sensée être "l'enjeu" de tous, je ne m'attendais pas à ce rôle. J'ai douloureusement retenu trop de poins étranges (au sujet des prémonitions ...) finalement peu exploités qui m'ont un peu trop laissée dans le flou (parfait pour un tome 2?) alors que d'autres personnages étaient bien plus intenses (quelle différence !) et intéressants. Comme Justine, que j'adore, ou Alice, ou Fanelli, ou bien surtout... César Diaz ! 

Incroyable grand méchant à la limite de la schizophrénie : drôle et terrifiant à la fois, fascinant (lui et l'attraction qu'il a sur ses fans... ou plutôt ses suiveurs !), tant que cela en devient terrifiant, de voir à quel point il commence à nous fasciner, nous, lecteurs ! J'ai tellement aimé ce personnage, ses manières et sa singularité que je me surprend à penser souvent, intérieurement, "Nada#1 likes that" ! ( Au secours, la schizophrénie n'est pas loin ! ). César est un excellent personnage, omniprésent et angoissant. Mais surtout surprenant ! 

Pour finir, j'ajouterai que le titre, Réseau(x) n'est peut être pas idéal au premier abord : on parle plus du DKB (la plateforme de partage des rêves) que des autres plateformes. J'ai même trouvé qu'à force, cette plateforme ne devenait plus très utile niveau communication, alors qu'elle était sensée avoir remplacé Facebook. Heureusement, très vite, d'autres plateformes ont pris leur importance : les mails, les tchats privés, les forums... Le réseau, ce n'est pas forcément la plateforme internet, c'est aussi le rapport entre les gens. La connivence. Cette connivence, souvent insoupçonnée, qui fait tout dans ce récit. 

En résumé, ce qui m'a le plus dérangée dans cette lecture, ce sont les différents modes de narration, avec trop de points de vue et de flous, qui même s'ils se présentent très vite comme les pièces complémentaires d'un même puzzle, ne sont pas compréhensibles lors d'une bonne première moitié du livre, si on ne fait pas le gros effort de s'accrocher. Mais finalement, j'aime être dérangée. Et j'ai eu des personnages préférés. En y repensant, même si ce n'est pas un excellent souvenir, c'était surtout une lecture forte. Et donc, une lecture-expérience inoubliable. 

lundi 2 septembre 2013

Ta gueule ! On tourne de Jade-Rose Parker

Critique partenariat coup de ♥
Ta gueule ! On tourne 
Jade-Rose Parker
Editions Kéro 
Ma note : 4,5/5 ♦ 264 pages ♦ 16,50€

Résumé éditeur : 
Un premier roman alerte et drôle qui brosse un portrait hilarant, tendre et gentiment moqueur du monde du cinéma. 
 Michel, Karen et François sont trois amis en constat d’échec. Michel rêve de devenir réalisateur mais son scénario est refusé pour la énième fois. Karen, séduisante jeune femme, enchaîne castings et projets minables tandis qu’elle aspire à une carrière d’actrice hollywoodienne. Quant à François, ses montages financiers frauduleux l’ont mené à la faillite, sa femme l’a quitté, et il s’apprête à se pendre dans son appartement bourgeois dont les meubles ont été saisis. Ces trois-là n’ont plus rien à perdre et c’est forts de ce capital qu’ils s’associent dans une entreprise insensée : kidnapper les six plus grandes stars du cinéma pour les obliger à jouer dans le film de Michel, dont Karen sera la vedette et François, le producteur. Un plan en béton. 
 Mais tout ne se passera pas comme ils l’avaient prévu : entre revendication syndicale, caprice de star, manipulation, séduction et rivalité, le tournage tourne au cauchemar !

Ma lecture : 
Quand j'ai vu le résumé du livre que j'avais accepté de recevoir, je ne pensais pas aimer autant ! Surtout en lisant la première partie, que j'ai aimé sans plus, mais qui a suffit à m'accrocher. 
Le roman est habilement découpé en 3 parties indispensables et nécessaires les unes aux autres. Tout s'imbrique avec tout le temps qu'il a fallu pour que les différents niveaux s’emboîtent presque... magnifiquement à la fin. C'est un petit coup de coeur. Petit car ce n'est pas vraiment mon genre de livre ou de narration, mais coup de coeur car ce livre, en lui-même, tient la route de bout en bout. Tout est logique et vraiment agréable à voir s'enclencher. Je pourrais en redemander, mais comme je le dis pour chaque coup de coeur : une fin aurait été en trop. C'était parfait ainsi. 

En commençant cette lecture, avec la première partie, j'ai trouvé qu'il était difficile d'y entrer et de s'accrocher, me demandant même si ce n'était pas voulu. J'ai accroché néanmoins grâce aux portraits des ratés ( Michel, Karen et François), loufoques et désespérés, cherchant le moindre espoir pour s'en sortir ; et grâce aux "stars du cinéma" qui se tirent dans les pattes. Magouilles et petites rivalités vont bon train... Montrant l'importance, prédominante, de l'image et du paraître dans cette sphère bien particulière. On s'attache vite aux personnages grâce aux éléments sur leurs vies privées, on a envie de participer aux petites vengeances personnelles, de voir qui aura les rôles pour lesquels tous se battent, et surtout, en fait... comment vont s'en sortir les personnages les plus banals : nos trois losers ! 

La deuxième partie nous entraîne en pleine immersion sur le tournage du film joué par les acteurs kidnappés ! D'un coup, on voit que ce n'est pas du tout crédible (des kidnappés qui acceptent de jouer comme si de rien n'était ? Une île avec tout le nécessaire pour vivre ?) mais on s'y fait très vite pour rire de leur aventure et voir l'évolution des personnages et de leurs gué-guerres... Tous sont aussi frivoles qu'à Hollywood en arrivant, mais deviennent très rapidement bien plus sincères... Face à face et loin des paparazzis, il n'y a plus d'images à sauvegarder et c'est un pur plaisir de les voir changer petit à petit et se lier... devenant enfin eux-mêmes ? 

Enfin, la troisième partie fut un très bon dénouement : le retour à la normale, et surtout l'explication de tout ce bazar : autant du côté des intentions et du destin de nos 3 ratés, leur histoire, que l'intrigue en elle-même, et surement, la volonté de l'auteure. Un dénouement qui donne tout son sens aux deux parties précédentes (surtout la première) et les rend indispensables entre elles, logiques. C'est magique. Un doux instant et une lecture qu'on ralentit, une page qu'on retient ... avant d'arriver au bout, et de refermer le livre presque à contre coeur. 

MOT DE PASSE : ÎLE

vendredi 9 août 2013

Silence de Benoit Sévérac

Silence
Benoit Sévérac
Syros - Rat Noir

Ma note : 4/5 ♦ 160 pages ♦ 13€ 

Résumé éditeur : 
Un faux pas. Une vie qui dérape. Et, tout à coup, le silence. Un roman de Benoît Séverac touchant et terriblement juste, qui fait prendre conscience au lecteur des méfaits de la drogue à travers une histoire très singulière.
Jules revient tout doucement à lui dans la chambre d'hôpital où il est soigné. Il n'entend plus. Les vertiges et les maux de tête qu'il ressent l'empêchent de réaliser tout ce que cela implique. Dans le silence avec lequel il va devoir apprendre à vivre, il reconstitue peu à peu la succession des événements qui l'ont conduit là. Pour être en paix avec lui-même, doit-il parler ou se taire ?

Ma lecture :
Avec Silence, j'ai découvert un très bon court roman-société sur le handicap et la drogue, qui décrivait assez bien, pour les adolescents, le fonctionnement d'un réseau de dealers qui pourrait être parmi nous, parmi les jeunes.
Mais c'est aussi un roman sur amitié et la remise en question, traitant de la frivolité d'un amour de jeunesse, la solidarité des proches inattendus(profs, parents, sœur, cousine...) ou les rapports d'amitié discrets entre copains. La grande part donnée à l'amitié, vue, par une fois, du côté des garçons, met en valeur les sentiments de proximité qui sont à peine effleurés, dans les non-dits, provoquant des doutes, des incertitudes et des suppositions. On retrouve, enfin, la vision intéressante et inédite d'un handicap peu abordé : la surdité. 

En y réfléchissant... dans quel livre en avons-nous entendu parler ? Pense-t-on souvent que la surdité peut influer l'oreille interne et donc l'équilibre ? Savons-nous des éléments sur la rééducation ? Non, surement, mais grâce à ce petit livre, Silence, nous allons en apprendre plus sur tous ces éléments. 
C'est un joli plaisir, une instruction intéressante et surement nécessaire pour mieux comprendre notre entourage, et des personnes pouvant vivre une situation similaire. 

Des Textes et récits touchants, qui sont peut être prétextes à une critique de la société, mais celle-ci passe si bien auprès de notre cœur durant cette lecture, qui apprend, simplement, les risques des travers de notre société : classes sociales, jeunes et leur univers, dealers, non dits, mensonges et duplicité... et surtout, un ouvrage matière à un avertissement aux mots parfaitement maîtrisés. Silence est à découvrir pour et à faire lire aux ados comme un message autant de prescription, que de tolérance.

dimanche 4 août 2013

Critique La fille seule dans le vestiaire des garçons d'Hubert Ben Kemoun

La fille seule dans le vestiaire des garçons
Hubert Ben Kemoun
Flammarion
Ma note : 5/5 ♦ 217 pages ♦ 13€

Résumé éditeur : 
Marion est une adolescente qui vit avec un petit frère étonnant (incapable de se taire mais apte à tenir plusieurs sujets de conversation simultanément) et sa mère. Son père les a abandonnés brutalement, laissant une famille désœuvrée, une ex-épouse branchée à son site de rencontres et des enfants en manque de repère. Au collège, Marion est étiquetée "Intello". Bonne élève de 3e, sérieuse, passionnée par la musique, joueuse de guitare, chanteuse et compositrice. Relativement isolée, sa vie amoureuse est aussi désertique que celle de sa mère est mouvementée.
Enzo, beau gosse populaire dans l'établissement, s'amuse à la draguer. Marion reste froide à ses provocations. Mais un jour, à la fin des cours, les choses dérapent. Enzo dépasse les bornes, Marion se défend et écorne à la fois l'image et l'entrejambe de l'adolescent. A partir de là, une escalade commence. De basses vengeance en règlement de compte, les choses dégénèrent.

Ma lecture :
Dans la veine de Cruelles ou La liste, La fille seule dans le vestiaire des garçons est un roman proche du témoignage tant il fait part d'une réalité. A l'écriture incisive et percutante, il révèle les dessous de la vie au collège ou au lycée. C'est une claque incroyable.

Percutante, c'est ce qui désigne au mieux le souvenir de ma lecture. C'est comme si mon souffle avait été volé, suspendu, durant cette découverte, comme si je m'étais sentie aussi seule et blessée que Marion. Evidemment, et heureusement, j'ai pu, à la fin, respirer... 

Voilà une lecture-avertissement à faire lire par les profs, les parents, les ados. Mais aussi par tous. C'est une lecture-coup de poing à vivre intensément, pour laquelle il faut se préparer, ou tout simplement être prévenu. Comme les ados à l'orée du collège, finalement... Il faut s'armer, prêt à souffrir, ressentir, et surtout vivre (survivre?). On vit comme eux. Comme Marion. C'est un poignant et douloureux coup de coeur. 

Marion, une ado douée, parolière et chanteuse hors pair, mais si seule ! Timide et pourtant farouche, blessée par l'absence d'un père fugueur, elle n'a pas pas su se faire (assez) d'amis pour couler des jours heureux dans sa scolarité. Alors lorsque des garçons s'en prennent à elle pour la taquiner, elle est vite meurtrie comme tous nous le serions.... Et c'est la descente aux enfers qui se profile. Sans rappel, sans fin. 

Mais nous, aurions nous l'idée de nous venger comme elle va le faire ? Comment aurions nous réagi face à une situation qui vient à dégénérer, si vite, et dangereusement ... ? Comment affronterions-nous un quotidien devenant si terrifiant? Je vous laisse penser à tous ces ados qui vivent, tous les jours, quelque part, une situation similaire durant leur scolarité : des brimades empirant... Allant jusqu'où ? 

Rencontrer Marion, c'est vivre à nouveau le collège à ses côtés, et être confronté à un monde qu'on avait complètement oublié. Grâce aux mots d'Hubert Ben Kemoun on le ressent à nouveau. On est touché, étonné, exténué... Les larmes ne sont pas loin, et on souffre de tous les coups reçu par l'héroïne. 

C'est évidemment un énorme coup de coeur, 100 fois plus vrai, réaliste et poignant que tout ce que j'ai pu lire sur les difficultés qui peuvent être vécues au quotidien au collège ou au lycée. Un livre à lire pour ne pas rester lâche et ignorant, pour savoir.

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